"La Rennes-montada". Dimanche, nos confrères du Canal Football Club ont utilisé ce jeu de mots pour illustrer la bonne période vécue par le Stade Rennais. Il faut dire que les pensionnaires du Roazhon Park sont sur une belle dynamique ces dernières semaines alors que le club était en crise. Après trois semaines de tensions entre fin octobre et début novembre, le président en poste René Ruello puis Christian Gourcuff ont été priés de s’en aller. Des choix étonnants puisque sportivement Rennes restait sur 4 victoires de suite toutes compétitions confondues avec Gourcuff. Olivier Létang a été nommé président pendant que Sabri Lamouchi prenait place quelques jours plus tard sur le banc breton (le 8 novembre). Et pratiquement un mois plus tard, les débuts de l’ancien international tricolore sont plutôt convaincants. En 4 rencontres, il totalise une défaite (lors de sa première) et surtout 3 succès, soit 9 points pris sur 12 possibles. 20 Minutes précise qu’il s’agit du meilleur démarrage d’un entraîneur depuis la remontée en élite de Rennes en 1994.

Depuis son arrivée, le Stade Rennais a donc poursuivi sur sa belle lancée en passant de la 10ème à la 6ème place aujourd’hui (18 points pris sur 21 possibles lors des 7 dernières journées). Il s’agit du meilleur classement du club cette saison. Mais l’ancien joueur de l’OM a tenu à rendre hommage à son prédécesseur. « C’est uniquement l’héritage de mon prédécesseur. Je fonctionne avec les joueurs présents, et tout montre que le travail d’avant était bien fait. » Si Sabri Lamouchi n’a pas tout révolutionné et s’est appuyé sur des bases posées par Gourcuff, il a tout de même effectué quelques choix forts en redistribuant les cartes. Mexer, de retour de blessure, et Jérémy Gelin, préféré à Joris Gnagnon titulaire en force avec Gourcuff, ont été associés dans l’axe. Ce qu’avait justifié Lamouchi : « Il n’y a absolument pas de cas Joris. Ce sont tout simplement des choix qui font qu’aujourd’hui, tout le monde doit être concerné par ce qu’il se passe. Et c’est le cas, l’attitude de Joris me convient et me plaît, comme l’attitude de ceux qui sont rentrés, ceux qui sont restés sur le banc ou à Rennes ».

Khazri en 9, un choix gagnant

Placardisé (0 match avec Gourcuff cette saison), Medhi Zeffane a aussi bénéficié de l’arrivée du nouveau coach pour retrouver le groupe pro avec lequel il n’avait plus joué depuis le 14 décembre 2016 ! « Quand on voit arriver un nouvel entraîneur, les cartes sont redistribuées. On a envie de montrer qu’on est là, de lui faire passer un message sur le terrain, montrer qu’il pouvait compter sur moi, même si j’avais été mis au placard », a-t-il confié vendredi dernier en conférence de presse. Visiblement, il a convaincu Lamouchi puisque le latéral droit a été repositionné à gauche (en l’absence de Ludovic Baal blessé) et il en est à 4 matches dont 3 en tant que titulaire. « Le poste d’arrière gauche ? Ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas joué au foot que peu importe où je jouais ». Yoann Gourcuff a aussi joué ses premières minutes de la saison avec le nouveau coach (retour de blessure). Adrien Hunou (2 buts depuis l’arrivée de Lamouchi) ou encore Benjamin André (2 buts et 2 passes décisives depuis le changement de coach) semblent plus à l’aise et décisifs.

On peut aussi noter que Lamouchi a placé Wahbi Khazri en tant que numéro 9. Un choix audacieux qui paye puisque le Tunisien a claqué 3 buts en 3 matches sous les ordres de Lamouchi, soit autant que sur tout le début de saison avec Rennes. « Ma réussite ? Je touche du bois pour que ça continue. Je prends du plaisir à ce poste, et c’est plus facile quand tu as la confiance de tes partenaires ». Mais l’Aigle de Carthage, qui cartonne actuellement, pourrait ne pas rester plus d’une saison en Bretagne. C’est ce qu’il a confié à L’Équipe. « Je ne suis que prêté, ce n’est pas fini. Je n’ai que 26 ans, mon objectif est d’atteindre le top 5-6 anglais et c’est réalisable. Il faut être dans une bonne équipe car c’est plus dur d’être remarqué quand tu joues dans une équipe qui descend, même si tu mets 15 buts dans la saison. Pourquoi pas cette année avec Rennes ? » En tout cas, il est bien parti pour. Ce qui est certain, c’est que les premiers choix de Sabri Lamouchi payent pour le moment. Il reste à savoir si cela perdurera dans le temps puisque Rennes va vivre un gros mois de décembre avec des matches contre Metz, Paris et Monaco en L1 et Marseille en Coupe de la Ligue. De quoi voir vraiment ce qu’a dans le ventre le Stade Rennais version Lamouchi.