Match d’importance à la Meinau ce soir où Strasbourg recevait l’OM dans une ambiance de feu. Les deux formations avaient besoin de points pour remplir deux objectifs bien différents. 19e au coup d’envoi, le Racing n’a plus gagné depuis la 2e journée face à Lille et devaient se donner de l’air. Thierry Laurey alignait un 4-4-2 sans Mangane, Martinez ou encore Sacko. Le jeune Terrier débutait en pointe associé à Da Costa. En face, l’OM, privé de Luiz Gustavo suspendu, se présentait en 4-2-3-1. Mitroglou débutait titulaire en pointe pour la première fois de la saison avec en soutien, Thauvin, Payet et Njie. Au milieu, Anguissa jouait avec Sanson et c’est la paire Rolando-Rami qui démarrait. Les hommes de Rudi Garcia pouvaient monter sur le podium en cas de succès.

Et les choses commençaient idéalement pour le coach marseillais puisque ses troupes ouvraient rapidement le score. Après une première accélération de Thauvin, Amavi trouvait Payet à l’entrée de la surface dont le plat du pied battait Kamara (0-1, 5e). Cueillis à froid, les Strasbourgeois restaient concentrés et remportaient la plupart des duels face à un OM qui attendait dans son camp. Gonçalves profitait d’un peu de champ pour chauffer les gants de Mandanda (12e). Le dynamique Terrier s’essayait lui à la reprise depuis les 16 mètres sans trouver le cadre (16e). Très volontaire, le Racing faisait valoir ses qualités dans le combat et maintenait une certaine pression même si leur jeu n’était pas génial.

Strasbourg égalise deux fois avant de prendre l’avantage

Cela se sentait venir et Aholou récompensait le travail de son équipe en égalisait sur une frappe un peu chanceuse (1-1, 31e). La fin de première période devenait un peu folle avec pas mal d’espaces sur la pelouse et tout le monde en profitait entre une frappe de Payet (34e), un raté de Njie après une passe lumineuse de Thauvin (35e) ou encore un duel perdu par Mitroglou face à Kamara (37e) alors que Rami se jetait devant la frappe cadrée de Da Costa (36e). Marseille repartait rapidement de l’avant au retour des vestiaires et marquait sur un centre tir de Sanson, dévié de la tête contre son camp par Koné (1-2, 48e). Cela n’empêchait pas Strasbourg de repartir de l’avant avec l’aide d’un public chauffé comme jamais. Mandanda était d’obligé d’intervenir face à cette opportunité de Terrier (56e).

Dans la foulée, l’international espoir faisait trembler le petit filet (59e). Le Racing ne lâchait rien et finissait pas égaliser grâce à son capitaine. Fautif sur le but marseillais, il prenait le meilleur sur Rami et égalisait à son tour (2-2, 60e). La fin de match devenait dingue avec le promu qui faisait vivre un enfer à l’OM. Les tentatives de Salmier (63e) et Da Costa (65e) ne faisaient pas la différence alors que Lala sauvait son camp face à Mitroglou (73e). Sur l’action suivante, Liénard envoyait une mine qui, déviée par Rami terminait au fond (3-2, 74e). Euphoriques, les locaux manquaient de tuer la rencontre sur ce jeu à trois Liénard-Gonçalves-Bahoken mais l’ancien Niçois trouvait le poteau et Terrier ne pouvait bien reprendre (79e).

Le poteau sauve l’OM qui revient à la toute fin

Strasbourg avait laissé passer sa chance car Marseille revenait dans cette fin de rencontre. Kamara s’envolait sur la tête de Mitroglou (84e) et Rolando ne parvenait pas à cadrer seul aux six mètres (85e). L’OM parvenait tout de même à ses fins. Après une énorme frappe d’Amavi, Kamara repoussait le cuir dans les pieds de Mitroglou qui n’avait plus qu’à conclure (3-3, 88e). L’international grec sauvait son équipe et sa performance après tous ses loupés. Il aurait même pu offrir la victoire à son camp mais il ne cadrait son coup de casque dans les derniers instants (90e+4). Strasbourg et l’OM se quittent sur un nul 3-3 qui n’arrange personne mais qui aura régalé les amateurs de football.

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L’homme du match : Liénard (8) : une partition de haut standing. Sa lecture de jeu était bonne ce soir, ses courses aussi. On retient notamment des passes directes vers les attaquants strasbourgeois, il n’a pas traîné avec le ballon au pied. En revanche, il n’a pas toujours fait le repli défensif, laissant des espaces pour des contres marseillais. Averti à la demi-heure de jeu pour une tacle mal maîtrisé sur Sanson. Une seconde période de grande classe, il a distillé le corner de l’égalisation (60e) puis a marqué sur une frappe lointaine déviée par la tête de Rami (75e). Il a eu des occasions ensuite pour tuer le match... et a terminé le match avec des crampes. Il mérite une bonne douche froide.

Strasbourg :

- Kamara (3,5) : un match de montagnes russes pour lui. Il aurait peut-être pu faire un peu mieux sur l’ouverture du score de Payet (6e), ballon qu’il a d’ailleurs effleuré en vain, mais difficile de le rendre coupable. Il a sorti le grand jeu ensuite sur un face-à-face avec Mitroglou (37e). Il n’y peut rien ensuite sur le but contre son camp de Koné (48e). Il a ensuite repoussé les assauts marseillais... jusqu’à cette frappe mal déviée (87e) et retombée dans les pieds de Mitroglou qui l’a crucifié. Averti d’ailleurs après ce but.

- Lala (7) : l’ancien joueur du RC Lens a joué dans le bon tempo au tout début du match, distillant de bons ballons... mais est refroidi sur l’ouverture du score marseillaise (6e) où il est absent de sa zone. Dangereux offensivement, il est à l’origine de l’action de l’égalisation strasbourgeoise. De plus en plus costaud défensivement, il est auteur d’un sauvetage magnifique sur Mitroglou (74e).

- Salmier (4,5) : avec Koné, la charnière centrale était limite ce soir, surtout sur les placements. Piégé souvent par le jeu en triangle marseillais, il s’est rattrapé avec des bons dégagements de la tête. Il aurait pu se transformer en héros s’il avait mieux maîtrisé cette reprise (63e). Un match moyen.

- Koné (5,5) : tendu au début du match, le Burkinabé a souffert face au rugueux Mitroglou. Il a d’ailleurs craqué dans les airs contre l’attaquant grec sur le deuxième but de l’OM (48e). Sur cette action, sa queue de cheval lui a joué un mauvais tour, puisqu’elle a dévié un centre de Sanson dans les buts (48e). Mais quelle réaction ensuite, puisqu’il a égalisé sur une belle tête après un corner de Liénard (60e). Un but qui l’a libéré, il s’est montré beaucoup plus solide défensivement jusqu’au coup de sifflet final.

- Seka (5) : il s’est moins aventuré sur son couloir que Lala, mais a mieux défendu, se faisant rarement débordé. En seconde période, il aurait sûrement dû plus monter après le deuxième but marseillais, mais a manqué de conviction semble-t-il. Épuisé en fin de match, il a été pris de vitesse sur plusieurs offensives marseillaises.

- Aholou (6,5) : s’il a apporté beaucoup d’énergie et de détermination, il a joué en reculant au début du match, laissant les Marseillais siéger la surface strasbourgeoise. Il a logiquement joué plus haut après l’ouverture du score de l’OM, et son bon positionnement lui a permis de marquer juste après l’arrêt initial de Mandanda sur une frappe de Terrier (31e). Une seconde période de lutteur, il a tout donné dans ce match nul spectaculaire. Averti pour une altercation avec Thauvin (67e).

- Gonçalves (8) : percutant et vif, il a bien déroulé son football ce soir. Décomplexé, il a pris des risques tentant sa chance de loin sur une frappe bien détournée par Mandanda (13e). Exemplaire aussi défensivement (comme sur ce magnifique tacle sur Payet, 40e), il a fait un très bon match et avait même donné la balle du KO à Bahoken (79e) qui échouait sur poteau. Remplacé par Grimm (79e), qui s’est contenté de défendre jusqu’au bout.

- Liénard (8) : voir ci-dessus.

- Martin (5) : la nouvelle recrue phare strasbourgeoise a mis du cœur dans cette rencontre, mais s’est montré globalement trop brouillon, surtout dans les zones dangereuses. Rien à dire en revanche sur son travail défensif, impeccable. Un peu plus discret en seconde période.

- Terrier (7) : brillant avec les espoirs récemment, le prometteur attaquant français s’est battu sur chaque ballon. Ses courses, intelligentes, ont parfois déstabilisé le bloc défensif marseillais. On note une reprise spectaculaire mais non-cadrée (16e), avant cette frappe croisée stoppée par Mandanda mais qui a amené l’égalisation strasbourgeoise (31e). Il a mené la révolte strasbourgeoise en seconde période avec trois nouvelles frappes (56e, 58e et surtout 79e, où il a manqué le but du KO alors que le but était ouvert). Cinq frappes ce soir, zéro but, mais beaucoup de danger apporté.

- Nuno Da Costa (6) : l’international cap-verdien s’est mis en évidence sur un bon débordement (16e) avant de centrer en retrait pour Terrier. Sinon, il a été bien cadenassé par les défenseurs qui le suivaient (28e, 36e, 65e). Plus discret en seconde période, il est remplacé par Bahoken (69e) après un match honorable. Le remplaçant aurait dû finir le match mais a vu sa frappe échouer sur le poteau alors que le but était vide (79e).

OM :

- Mandanda (5,5) : pour sa 453e apparition sous le maillot du club (un record !), le gardien a rapidement été mis à contribution avec cette belle frappe de Gonçalves (12e). Pris à contre-pied après la frappe contrée d’Aholou (31e), il avait pourtant repoussé la première tentative de Terrier. Il réalise un nouvel arrêt important face à l’international espoir (56e) mais doit s’incliner contre Koné (60e). Il est de nouveau battu sur cette lourde frappe de Liénard contrée par Rami (74e).

- Sakai (4,5) : le Japonais a soufflé le chaud et le froid ce soir. Concentré défensivement sur certaines occasions (24e), il a aussi subi les accélérations strasbourgeoises dans son couloir. Il a perdu pas mal de duels et n’a pas toujours joué juste avec une qualité technique décevante mais il a remporté pas mal de ballons. Il contre le ballon sur le but d’Aholou et trompe involontairement Mandanda (31e). On ne l’a pas beaucoup vu offensivement. Remplacé par Lopez (85e).

- Rami (3,5) : solide dans les airs, il a remporté quasiment tous ses duels aériens avec Terrier et Da Costa. Présent au pressing et rapide avec un gros travail d’anticipation, il a assuré derrière. Si le ballon d’Aholou passe entre ses jambes (31e), il se trouve fort heureusement sur la trajectoire de la frappe de Da Costa qui partait très bien (36e). Il a malheureusement sombré en seconde période et a commis des erreurs fatales. Battu par Koné (60e), il contre de la tête la frappe de Liénard ce qui trompe Mandanda (74e). Des erreurs de relance aussi.

- Rolando (4) : moins mis en valeur que son compère de l’axe, le Portugais a tout de même assuré, même s’il s’est fait un peu plus bougé et a eu du mal face aux courses adverses. Il a bien couvert et coulissé avec Rami (27e, 63e). Un tacle parfait dans les pieds de Terrier dans la surface (40e) mais il a moins cherché le duel. En difficulté face à la vitesse et aux déplacements de Terrier (59e, 64e). Il a une dernière énorme opportunité au bout de son crâne, mais il ne cadre pas (84e). Soirée compliquée.

- Amavi (6) : passeur décisif pour Payet dès sa première montée (5e), il a fait le boulot même s’il a été mis en difficulté à quelques reprises par la vitesse de Gonçalves durant la rencontre, ce qui lui a même valu un avertissement (62e). L’ancien Niçois a réussi à faire pas mal de différences sur son côté et a apporté le surnombre. Défensivement, il a remporté pas mal de duels et sa qualité technique a fait du bien dans la construction du jeu. Sa dernière frappe de loin mal repoussée par Kamara permet à Mitroglou de marquer (88e). On sent la différence comparée à Evra.

- Anguissa (6,5) : il a eu du mal à répondre au défi physique proposé par Aholou en début de rencontre mais il est monté en puissance au fur et à mesure. Il a récupéré pas mal de ballons et enrayé des situations de contres (50e). Sa présence dans l’entre-jeu s’est révélé primordial pour l‘ensemble du collectif car il a libéré des espaces pour Sanson ou Payet. Petit à petit, il faut son trou dans ce collectif.

- Sanson (6,5) : aligné dans ce milieu à deux devant la défense, il a certes plus de travail défensif à réaliser mais il ne marche pas sur les pieds de ses coéquipiers. Auteur d’un gros boulot de couverture pour ses latéraux puis de jaillissements dont l’un coute un jaune à Liénard (30e), il a pu s’illustrer dans le jeu par plusieurs ouvertures pour ses partenaires (37e, 52e, 70e, 83e) puis il marque sans vraiment le faire exprès (48e). Il a un peu disparu après l’heure de jeu tout en continuant à faire mal dans les duels.

- Thauvin (5,5) : sa qualité technique était au rendez-vous comme lors de ce contrôle qui fait toute la différence pour mener à l’ouverture du score (5e) ou encore cette passe lumineuse pour Njie (35e). Il s’est montré trop intermittent pour réellement peser sur la rencontre même s’il cadre deux fois et qu’il a souvent cherché ses partenaires de devant (68e, 70e). Averti pour jeu dangereux (66e), il est un peu sorti de son match par la suite. Remplacé par Germain (78e) qui n’a pas fait grand-chose.

- Payet (6) : il a mis son équipe dans les meilleures dispositions dès le début de rencontre en signant l’ouverture du score (5e). L’international français a posé beaucoup de problèmes à la défense du Racing par ses déplacements. Une passe parfaite pour Mitroglou qui ne convertit pas (37e) mais il a un peu disparu par la suite, à part sur cette passe pour Thauvin (53e) se contentant de couvrir quelques espaces au milieu. Lui aussi aurait pu être déterminant s’il n’avait pas baissé le pied.

- Njie (3,5) : réprimandé par son coach après son retard de la sélection, sa titularisation n’était pas vraiment attendue. Il n’a pas su en profiter car il n’a pas toujours les bons choix (23e) malgré une belle dépense d’énergie. Il loupe une grosse occasion (35e) avant d’être remplacé par Sarr (5) à la pause (45e). L’ancien Messin jouait enfin à son poste mais il n’a pas fait beaucoup mieux que son coéquipier malgré sa pointe de vitesse. Lala lui a fait mal en le devançant constamment. Il a fini en latéral droit après la sortie de Sakai.

- Mitroglou (4) : sa performance allait être scrutée à la loupe, lui qui vivait sa première titularisation après une trêve internationale prolifique (3 buts en 2 matches) mais son manque de réalisme a fait très mal à l’OM. S’il a bougé la défense avec son physique, il a vécu une soirée cauchemar en perdant son duel face à Kamara (37e) puis en tardant à frapper seul face au but, permettant à Lala de devancer son but tout fait (73e). Enfin, sa tête cadrée est sortie par le gardien (84e) mais il sauve son match et son équipe en égalisant dans les dernières minutes (88e). On l’a senti en manque de repères au sein du collectif. Première très paradoxale.