Les louanges pleuvent sur Saint-Etienne. Troisièmes de Ligue 1, les Verts réalisent une première partie de saison très convaincante et viennent valider les changements opérés par la direction du club depuis plusieurs mois, notamment avec les salaires avec une plus grande part de variable. Pour autant, tout n’a pas été rose ces dernières années à Saint-Etienne et certains ont subi de plein fouet la transformation du club. On parle ici des lofteurs, ces joueurs mis de côté, poussés au départ et régulièrement fracassés dans la presse par les dirigeants. Le défenseur Sylvain Monsoreau en faisait partie, comme Bayal Sall. Mais alors que ce dernier a retrouvé les faveurs de son club et enchaîne à nouveau les titularisations, Monsoreau a lui dû partir. Aujourd’hui à Troyes, il a dévoilé les dessous de la fin de son aventure stéphanoise.

« Ils m’ont fait la misère, mais je ne suis pas quelqu’un de rancunier. Pour des raisons salariales ou parce qu’un entraîneur voulait changer son effectif, ils m’ont fait perdre une année. Voilà... ce qui est sûr, c’est que si j’étais entraîneur, il y a des choses que je ne me serais pas permises. Il faut aussi respecter les hommes », a-t-il lâché à lequipe.fr. Mis de côté durant un an, Monsoreau avait perdu le goût de son métier. « Quand tu es habitué depuis 10 ans à t’entraîner la semaine pour jouer le week-end, ce n’est pas évident. En temps normal, quand tu ne joues pas une semaine, tu peux essayer de te rattraper la suivante. Les six premiers mois, j’ai gardé l’espoir de partir au mercato. Fin janvier, quand j’ai vu qu’il n’y avait pas de solution, c’est devenu plus difficile. Il y a des matins où tu n’as pas très envie d’y aller ».

Mais ce qui l’a le plus déçu est la dégradation des rapports humains avec son entraîneur Christophe Galtier. « Ils se sont détériorés au fil du temps. C’est la face cachée du football moderne. Les relations humaines ont été bafouées pour des intérêts, c’est dommage. Pendant trois ans, j’ai eu un entraîneur qui rigolait avec moi dans le vestiaire, qui me chambrait tous les matins, et du jour au lendemain, le gars humain que j’avais connu est devenu méprisant. On n’était plus son problème. Parfois, le président passait nous voir pour nous dire en off de garder le moral, mais officiellement, il nous fracassait quand même... », déplore-t-il. Une voix discordante au cœur du concert de louanges actuel.