Avant l’arrivée d’Aymen Abdennour en prêt, l’Olympique de Marseille avait déjà bien lancé sa campagne de recrutement avec les recrutements de Germain, Mandanda, Luis Gustavo, Rami et Amavi. Autant de renforts dont l’impact a très rapidement été mis en cause au soir de la lourde défaite concédée sur le terrain de l’AS Monaco (6-1). Remis en question, le mercato marseillais a été davantage pointé du doigt en raison des difficultés de l’OM à conclure l’arrivée du grand attaquant tant espéré. Et ce n’est pas le rebondissement du dossier Jovetic -le Monténégrin a snobé Marseille au dernier moment pour filer à Monaco- qui a arrangé les choses. Arrivés en fanfare en octobre dernier, Ligue des Champions à la main, Frank McCourt, Jacques-Henri Eyraud et leur OM Champions Project n’ont donc pas manqué d’être taclés. Surtout après avoir fait l’annonce d’une enveloppe de 200 M€ dédiée au mercato sur quatre ans. Autant de reproches qui n’ont pas plu à Eyraud.

« Les exigences du projet OM Champions n’ont jamais varié. Je voudrais vous rappeler ce que j’ai dit depuis le début. Quand j’ai présenté ce projet, j’ai dit qu’on dépensera 200 M€ pour renforcer l’équipe, sur quatre ans. Entre temps, il y a eu des jeunes joueurs qui ont 18 ans qu’on achète pour 180 M€ (Mbappé, ndlr), donc c’est difficile de lutter contre la réalité du football européen. 200 M€ c’est beaucoup d’argent. On a sérieusement commencé à les investir depuis quelques mois. Sur les 20 derniers mercatos, l’OM a investi 330 M€, depuis notre arrivée, nous avons investi 103 M€. Ce n’est pas de la com’, c’est la réalité. Je crois qu’il y a peu de clubs en France qui ont fait un tel investissement en dix mois. Je rajoute que, quand on est arrivé dans ce club, plus de 110 M€ ont été dégagés en cession, donc le levier vente de joueur est difficile à activer pour nous », a-t-il indiqué en conférence de presse.

L’OM ne veut pas recruter d’attaquant en urgence

Ardent défenseur de l’OM Champions Project, Eyraud a donc brandi la carte de l’inflation exceptionnelle du mercato, et forcément le cas Mbappé, pour justifier les difficultés marseillaises pour s’aligner sur les sommes réclamées. Un refrain qu’il a confirmé pour mettre un terme aux critiques sur la fameuse enveloppe de 200 M€ annoncée pour le recrutement. « 200 M€, c’est quelque chose qui nous est reproché, mais c’était un moyen de fixer les attentes. Entre temps, le marché du football a explosé. Est-ce que c’est saint ? On le verra. Il y a de belles histoires en Europe de clubs qui n’ont pas dépensé un demi-milliard d’euros pour être champion ou aller plus loin en Ligue des Champions. Ça reste du football. La beauté du foot, c’est qu’il y a parfois des surprises, des beaux parcours. Avec cet investissement-là, on est dans le top 3 du foot français. J’aimerais qu’on s’en rende compte et qu’on se rappelle l’état dans lequel était l’OM il y a quelques mois. C’est l’effort d’un homme (McCourt, ndlr) qui met son argent à titre personnel. Dix mois plus tard, le club n’a toujours pas 1 euro de dette à son bilan. Ça mérite plus de reconnaissance, de respect. Ça ne change pas le cap qu’on s’est fixé »

Enfin, cette conférence de presse a également été occasion pour Eyraud de rappeler que même si Marseille peine à conclure ses dossiers, le club phocéen ne fera pas d’achats en urgence, et ce, alors qu’il reste moins de 48 heures avant la clôture du mercato. « Pour ce qui concerne la performance sportive, tout le monde se focalise sur un attaquant. On aimerait en recruter, mais quel que soit la pression extérieure, on ne recrutera pas un attaquant qui ne correspond pas aux besoins, on ne fera pas sous pression. On estime qu’on a un mercato extrêmement particulier avec une évolution des valeurs très spectaculaire. On va apprendre de cette nouvelle donne, je pense que la qualité d’un mercato se juge en fin de saison, certainement pas à la 4e journée et encore moins au lendemain d’une difficile défaite. On va continuer à exécuter notre plan. J’ajoute qu’avant cette défaite, il y avait une grande attente autour de l’attaquant. J’ai l’impression que les mouvements que nous avons faits étaient salués par leur cohérence. À Marseille, comme ailleurs, une défaite peut tout remettre en cause. Si c’est le cas, ça ne nous changera pas de notre route ». Le message est passé.