L’Olympique de Marseille a cassé sa tirelire dans les dernières heures du mercato estival pour s’offrir Kostas Mitroglou (28 ans). Mais que vaut vraiment l’attaquant grec ? Foot Mercato est revenu sur la carrière du buteur hellène, interrogeant divers acteurs de la planète football ayant eu l’occasion de croiser son chemin, journalistes, partenaires ou adversaires. Du côté de l’Olympiacos, club dans lequel il s’est révélé, il a laissé un excellent souvenir. Jean II Makoun, ancienne connaissance de la Ligue 1 (Lille, Olympique Lyonnais, Rennes), se souvient de lui. « Kostas est un très bon joueur, puissant, doté d’un bon pied. Et dans la surface de réparation, il n’a pas besoin de plusieurs occasions pour la mettre au fond ! C’est une belle arrivée pour l’OM ! Kostas est un bon mec. Il est très calme et ne parle pas beaucoup. Il aura un peu de temps pour démarrer. Avec les joueurs qu’il aura autour de lui, je pense qu’il a tout pour réussir en L1. Je lui souhaite en tout cas », nous a confié le milieu camerounais.

Rafael Bracali (36 ans), portier brésilien qui a affronté le n° 9 lorsqu’il évoluait au Panaitolikos (entre 2013 et 2015), se souvient aussi de ses duels face au natif de Kavala. « Mitroglou est un grand joueur. Quand je jouais en Grèce, je l’avais déjà affronté lorsqu’il était à l’Olympiacos. Dans la surface, il se positionne parfaitement. Et quand le ballon lui arrive, il sait ce qu’il faut faire pour marquer. Il se sert de son corps pour rendre la vie dure aux défenseurs », nous a-t-il expliqué, convaincu des qualités de l’homme à la barbe drue. Ces qualités, ce dernier n’a pas vraiment eu l’occasion de les exposer lors de son aventure à Fulham, alors en Premier League. « Kostas Mitroglou était attendu comme le sauveur de Fulham en 2013/14, le club avait misé plus de 14 M€ dans l’espoir que le Grec sauverait le club de la relégation. Il ne l’a pas fait et en mai, Fulham est descendu en Championship, Mitroglou ne jouant que trois matches », nous a indiqué Ryan O’Donovan, journaliste pour le média local Go West London, avant de poursuivre.

« Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Les blessures d’abord. Il en a essuyé plusieurs pendant qu’il était là et a eu du mal à se mettre à niveau physiquement. Ajoutez à cela les méthodes d’entraînement physique étranges et brutales de Felix Magath et vous comprendrez pourquoi Mitroglou a eu du mal à répondre aux attentes. Son prix, ses prestations et sa relation avec Magath font qu’il restera comme la pire recrue de l’histoire de Fulham et de la Premier League », a-t-il analysé. Déception en Angleterre, l’international grec (54 sélections, 13 buts) a su rebondir au Portugal, du côté de Benfica. Son ancien coéquipier Mehdi Carcela (28 ans), aujourd’hui à l’Olympiacos, garde le souvenir d’un excellent finisseur et d’un joueur complet. « Il n’a pas beaucoup de défauts. C’est l’un des meilleurs attaquants avec qui j’ai joué. Il sent le but, il est dur, il est technique. Il a le jeu de tête, la puissance, la technique, généreux dans ses efforts. C’est quelqu’un qui va faire un grand bien à Marseille. C’est un grand buteur. À Benfica, il marquait presque à chaque match », nous a-t-il glissé.

Imperméable à la pression, une garantie face aux buts adverses

« Je ne veux pas lui porter l’œil, mais pour moi, c’est sûr qu’il va réussir à Marseille. Partout où il est passé, il a laissé sa trace de buteur. Je vais regarder Marseille tous les week-ends maintenant ! », assure Carcela. Bracali, qui l’a affronté en 2016/17 alors qu’il évoluait dans les cages d’Arouca, souligne également son travail collectif. « Pendant ses années à Benfica, il a continué à progresser et à s’améliorer. Je pense qu’il va réussir à Marseille. Il possède un excellent jeu de tête. Il a amélioré sa frappe depuis qu’il est au Portugal. De plus, il ouvre des espaces pour les autres », nous a-t-il raconté. La presse portugaise souligne elle aussi les qualités de Mitro, 36 buts en 60 matches de Liga NOS sous le maillot lisboète. « Selon moi, Mitroglou a été l’un des meilleurs attaquants passés par Benfica depuis le début du 21e siècle. Il était très important dans les manœuvres offensives de Benfica, en particulier lorsqu’il jouait aux côtés de Jonas. Benfica jouait toujours en 4-4-2 et il était utilisé comme attaquant fixe, Jonas tournant autour de lui. Mitroglou est un joueur très puissant. Il n’est pas très fort techniquement, mais il sait se positionner et il est intelligent. Il a une bonne frappe de balle du droit et un bon jeu de tête. C’est à Benfica qu’il s’est affirmé comme une référence en Europe. Les chiffres parlent pour lui », nous a expliqué Pedro Ponte, journaliste pour le quotidien sportif lusitanien Record.

Un sentiment partagé par Rui Frias, journaliste pour le journal local Diario de Noticias. « Mitroglou a été la principale référence offensive de Benfica ces deux dernières années, ce buteur constamment présent dans la zone de vérité, menace permanente non seulement pour sa capacité à scorer, mais aussi pour sa propension à ouvrir des espaces à ses partenaires d’attaque. Il formait un joli duo avec Jonas, un attaquant plus technique et mobile que lui, lors de sa première saison surtout lors de laquelle il s’était révélé prépondérant, sur le deuxième semestre notamment, avec quelques buts très importants, comme celui de la victoire à Alvalade contre le Sporting CP, qui avait définitivement lancé Benfica vers le titre. Cette saison-là, il avait marqué lors de sept journées consécutives entre janvier et février. Son deuxième exercice a été un peu plus irrégulier, mais il a tout de même marqué 16 réalisations. Il n’est pas très beau à voir jouer, il n’est pas très technique et paraît parfois même maladroit. Mais Mitroglou est un attaquant puissant, qui possède une grosse frappe de balle et un flair rare », a-t-il commenté, laissant un conseil aux Phocéens.

« S’il est bien servi par son équipe, Mitroglou est une garantie de buts. Mais il a besoin d’une équipe tournée vers l’offensive, qui sache le servir dans les bonnes conditions », a-t-il poursuivi. Un avis que partage également Dimitris Samolis, journaliste grec pour le média Sport 24. « La plus grande qualité de Kostas Mitroglou est qu’il marque facilement lorsqu’il est dans la zone de vérité. Un tel flair est rare. Il est très bon de la tête. Quand il en a l’opportunité, il aime frapper en une touche, sans contrôler. Il peut être absent pendant un match, mais il est capable de marquer sur sa seule occasion. Mitroglou est très important pour l’équipe nationale grecque. À l’heure actuelle, il est le meilleur attaquant du pays. Il est puissant et s’il a autour de lui des joueurs capables de lui donner de bons ballons, il peut marquer beaucoup. Il n’est peut-être pas très rapide, mais il a d’autres qualités qui font que cela n’affecte pas son jeu et son rendement. Il est imperméable à la pression. Il n’a jamais eu de problème de ce genre-là. Il est toujours à fond sur ce qui se passe sur le terrain et ne s’occupe pas du reste », nous a-t-il précisé. L’OM, qui aurait bien besoin d’un Kosta Mitroglou en forme, sait donc à quoi s’attendre.