Présent sur le podium de Ligue 1 depuis sa remontée parmi l’élite en 2012, l’AS Monaco est passée d’une stratégie mercato basée sur l’arrivée de grands noms (Falcao, Moutinho, James) à des campagnes de recrutement axées sur l’achat de jeunes talents capables d’être revendus au prix fort. Un positionnement qui ne fait pas toujours le bonheur de l’entraîneur Leonardo Jardim, mais qui a porté ses fruits durant la saison 2016/2017 marquée par le huitième sacre national des Monégasques.

Mais cet été, le mercato rouge-et-blanc fait pas mal jaser. João Moutinho, Souahilo Meité, Rachid Ghezzal, Terence Kongolo, Thomas Lemar, Fabinho, Adama Diakhaby et Keita Baldé sont tous partis et n’ont pas vraiment été remplacés par des renforts significatifs. Comme à son habitude, l’ASM a continué à miser sur des jeunes (Jean-Eudes Aholou, Samuel Grandsir, Antonio Barreca, Aleksander Golovin, Benjamin Henrichs, Ronaël Pierre-Gabriel, Willem Geubbels, Sofiane Diop) et seuls le Belge Nacer Chaldi, voire Pelé font figure de recrues expérimentées. L’AS Monaco a-t-elle pris un énorme risque ?

Vasilyev défend les choix de l’AS Monaco

Treizième du classement de Ligue 1 avec seulement quatre petits points (1 victoire, 1 nul, 2 défaites), le club du Rocher réalise un début de saison qui conforte les critiques. Certains imaginent même déjà le pire en Ligue des Champions, dans un groupe où figurent l’Atlético de Madrid, le Borussia Dortmund et le Club Bruges. Face à tous ces reproches, le vice-président du club Vadim Vasilyev a répondu dans un entretien accordé à L’Equipe. « Mon rôle est d’anticiper les changements sur le marché des transferts, pas de les suivre. Les résultats, on les verra vite et on les voit déjà : Pietro Pellegri (arrivé du Genoa l’hiver dernier pour 21 M€, ndlr) a été appelé en équipe d’Italie à dix-sept ans. Oui, on a pris plein de jeunes, mais on a aussi pris des joueurs pour l’équipe d’aujourd’hui. Il faut savoir distinguer l’un de l’autre. J’ai lu les critiques sur Grandsir, Aholou ou Barreca... J’ai entendu les mêmes sur Bernardo Silva, Lemar et Bakayoko, à l’époque. Laissez-leur du temps, à eux aussi. On ne passe pas d’une petite équipe de Ligue 1 à l’AS Monaco en trois matches. »

Ardent défenseur des recrues monégasques, Vasyliev est ensuite revenu sur la décision du club du Rocher d’avoir laissé filer trois cadres, à savoir Fabinho (Liverpool), Thomas Lemar (Atlético de Madrid) et João Moutinho (Wolverhampton). Et visiblement, le dirigeant russe ne comprend pas les critiques qu’il qualifie de "retournement de veste opportuniste". « Ceux qui nous reprochent ça sont les mêmes qui nous ont reproché d’avoir conservé Lemar et Fabinho l’an dernier, de peur qu’ils fassent la saison de trop. Lemar s’est fait massacrer dans les journaux, la saison passée, avec les notes les plus basses. Et, aujourd’hui, on nous dit qu’il ne fallait pas vendre ces joueurs ». Une mise au point qui mérite de laisser du temps à l’ASM version 2018/2019 de se construire. Mais Vasyliev le sait, si son club ne retrouve pas les sommets du championnat d’ici la fin de la saison, la vague de critiques viendra encore une fois déferler sur le Rocher.