Le passage de Zlatan Ibrahimovic au PSG entre 2012 et 2016 a marqué les esprits. Déjà parce que le Suédois a été à la hauteur de sa réputation en inscrivant un total de 156 buts pour le club de la capitale. Ensuite parce qu’il a expliqué, dans un livre à paraître (intitulé « Je suis le football »), qu’il avait clairement rejoint le PSG à reculons. Il faut dire qu’à l’époque, il était pleinement épanoui à l’AC Milan, où il s’était relancé après son passage médiocre au FC Barcelone, marqué par sa relation conflictuelle avec Pep Guardiola.

Interrogé par L’Equipe Magazine, il est revenu sur l’épisode de son transfert, en essayant de mieux expliquer son état d’esprit d’alors. Zlatan Ibrahimovic ne voulait pas quitter l’AC Milan, où il avait retrouvé une certaine sérénité. D’où sa réticence à accorder de l’importance à l’approche parisienne. Il n’était pas disposé à changer d’air mais il s’est rendu compte que c’est l’AC Milan qui avait initié son départ en se mettant d’accord avec le club francilien. Dès lors, il a cherché à décourager Leonardo, alors directeur sportif du PSG.

« Difficile de me motiver à chaque fois »

« J’ai espéré que le PSG refuse mes conditions, c’est la vérité. Bien sûr, vous ne fermez jamais la porte, vous discutez toujours avec les gens, alors j’ai écouté Leonardo, mais j’avais posé des conditions particulières, pas difficiles, non, mais la liste était longue. Le problème, c’est qu’au bout de vingt minutes le PSG a dit oui à tout ! Et comme je suis un homme de parole, j’ai dit : « Si vous dites oui, alors je viens. » Et je suis très heureux d’être allé à Paris », raconte-t-il aujourd’hui. Tout ne fut pas si simple pour lui malgré son efficacité redoutable devant le but.

La question soulevée alors était son adaptation à la Ligue 1, championnat moins performant et moins huppé que ceux qu’il avait alors connus. Et pour Ibrahimovic, l’un des problèmes s’avérait être le manque de motivation qui découlait de l’environnement. A savoir le public. « Je n’ai pas dit que c’était ennuyeux, j’ai dit que c’était difficile. J’ai joué à San Siro devant 80 000 spectateurs, et quand je me suis retrouvé dans des stades avec 10 000 personnes, comme je l’avais dit à Leonardo dès le premier jour, ç’a été difficile de me motiver à chaque fois. Mais je l’ai fait. Les supporters, c’est 50 % du foot, donc passer de 80 000 à 4 000 spectateurs, c’est très différent pour faire monter l’adrénaline. Même si vous êtes professionnel, même si vous êtes heureux pour ces 4 000 personnes. » Au final, il a réussi à surmonter cet écueil sans trop de difficultés, même si son passage à Paris restera marqué par quelques déclarations parfois houleuses à l’encontre du football français. Mieux, il s’est déjà dit prêt à revenir à Paris pour, pourquoi pas, occuper un rôle clé au sein de l’organigramme.