« Convaincre Neymar ». C’est assez rare pour être signalé, Nemzeti Sport, quotidien sportif hongrois, a accordé sa une à un entraîneur adjoint, Zsolt Löw, qui travaille aux côtés de Thomas Tuchel au Paris SG depuis cet été, et pour qui le club de la capitale a dû signer un chèque au RB Leipzig. « J’ai choisi de me mettre en danger, c’est sûr. Si j’étais resté à Leipzig, j’aurais eu un traitement de faveur, ma famille serait restée dans sa zone de confort », a-t-il confié, expliquant être en mission. « À Paris, je ne travaille pas que pour le club et pour moi, je travaille aussi pour le football hongrois. Je suis honoré de pouvoir apporter mes connaissances au pays, je pense que ça peut aider notre football », a-t-il lancé au cours d’un entretien exclusif qui permet d’en savoir encore un peu plus sur la fameuse méthode du coach allemand, qui semble avoir déjà convaincu tout le monde au sein du vestiaire parisien, et d’en découvrir un peu plus sur la vie du staff.

« Quand je suis arrivé, j’ai été confronté aux différences qu’il y a avec l’endroit d’où je venais. De l’extérieur, les gens peuvent penser que tout n’est que lumière ici. Je suis bien évidemment l’un des hommes les plus chanceux du Monde de pouvoir travailler ici, mais... Je dois aussi gérer les problèmes du quotidien ici. Sous la houlette de Thomas Tuchel, nous voulons apporter autant que faire se peut pour le développement du club et c’est pourquoi nous essayons de procéder à des changements significatifs. Un exemple ? Non, mais je peux vous dire que quand nous avons commencé à travailler, nous avons rencontré un phénomène qui ne correspondait pas à notre philosophie. Je veux dire, ici, dans les infrastructures, dans la structure du club, dans la composition du stock de matériel pour les joueurs ou même dans les règles de vie du vestiaire », a-t-il raconté avant de poursuivre.

« Mais nous n’avons pas tout bousculé, nous ne pouvions pas faire des changements radicaux du jour au lendemain. Nous avons attendu quelques semaines, quelques mois, avant d’avoir l’adhésion. Même si nous sommes encore loin de la fin, nous sommes sur le bon chemin. Rome ne s’est pas fait en un jour, Paris non plus », a-t-il ajouté avant d’expliquer comment le staff et lui s’adaptaient aux stars qui composent le vestiaire rouge-et-bleu. « S’ils sentent que vous leur voulez du bien, que vous arrivez à les en convaincre, ils feront ce que vous voulez. À Leipzig, c’était beaucoup plus simple et direct de s’adresser à un jeune talent de vingt ans, il suffisait de lui dire de faire comme cela et il le faisait. Ici, je dois convaincre Neymar, Mbappé ou autre qu’ils doivent faire cela. Les résultats commencent à se voir alors, ça se met en place. C’est un défi intéressant, les joueurs doivent s’adapter à nous et nous devons nous adapter à eux », a-t-il indiqué.

« Rome ne s’est pas fait en un jour, Paris non plus »

Le début de saison réussi - 9 victoires de rang en L1 - permet de valider ce nouveau fonctionnement et cette nouvelle philosophie. Mais rien n’est jamais facile ou garanti. « Les bons résultats jusqu’ici prouvent que les bases ont été posées. Derrière le succès, le plus important est de former une équipe avec autant d’individualités. C’est très dur. Chaque joueur a un objectif personnel, et nous devons faire en sorte que chacun se plie aux intérêts de l’équipe. Ça peut prendre du temps à accepter. Ce n’est pas étonnant puisque nous avons à faire à des joueurs qui ont déjà beaucoup gagné. Ils doivent comprendre nos exigences professionnelles et, ensemble, mettre en application nos idées. Pendant les matches de préparation, contre le Bayern et Arsenal, en l’absence des internationaux, nous avons perdu, mais tout s’est mis en place lors du Trophée des Champions contre Monaco, une bonne expérience pour nous tous », a-t-il glissé.

Le Magyar - qui a été surpris de l’accueil des joueurs et de la participation de Thiago Silva, Neymar et Marquinhos lors de son bizutage sur du Justin Timberlake - a d’ailleurs déjà appris beaucoup en quelques semaines. « Je suis coach au PSG. Je suis entouré de stars, qui sont mes joueurs. Quand je vais à l’entraînement, autour de moi, il y a Neymar, il y a Cavani, il y a Mbappé, mais je ne suis pas là pour demander des autographes. Un peu plus loin, il y a Di Maria. Ce que je vois ici, c’est qu’il faut être humain. Je peux apprendre beaucoup ici aux côtés de Thomas Tuchel au PSG. Les meilleurs entraîneurs sont comme des puzzles, il y a des pièces à assembler. Le mien est encore incomplet, mais je vais trouver les bonnes pièces ici », a-t-il conclu. Avec Thomas Tuchel et Zsolt Löw, le PSG lui aussi espère avoir mis la main sur les bonnes pièces pour faire passer un cap à son projet.