Ils l’ont fait ! Le Barça a signé un exploit historique en s’imposant 6-1 ! Sans surprise, Luis Enrique optait pour le 3-4-3 qu’il avait l’habitude d’utiliser ces dernières semaines. Seule nouveauté majeure, la présence de Javier Mascherano en lieu et place de Jordi Alba dans le trio de derrière. La MSN était bien évidemment de la partie. De son côté, Unai Emery optait pour son 4-3-3 classique, avec comme seule nouveauté la titularisation de Lucas Moura à la place d’un Angel Di Maria qui n’a finalement pas pu se remettre de sa blessure. Et la rencontre démarrait particulièrement bien pour les Catalans. Après deux minutes de jeu seulement, sur un ballon mal négocié par la défense parisienne et Kevin Trapp, Luis Suarez mettait la tête et le ballon franchissait la ligne (1-0, 2e) !

Une entame idéale donc, dans un Camp Nou en folie totale. Mais le PSG réagissait plutôt bien, resserrant les lignes et inquiétant un peu les Catalans en contre et sur coup de pied arrêté. Neymar enchaînait lui sur un enroulé qui s’est envenimé et qui a manqué le cadre de très peu (17e). Le bloc parisien était très bas, et les Barcelonais arrivaient à se frayer un chemin vers les abords de la surface assez facilement. Les troupes de Luis Enrique opéraient beaucoup via le côté gauche, avec un Neymar qui mettait souvent Meunier en difficulté. Lucas répondait via une frappe de l’extérieur, bien captée par ter Stegen (30e).

Une fin de match de folie !

Et alors que les Parisiens étaient plus ou moins revenus dans la rencontre, ils ont encaissé un nouveau but totalement évitable. Marquinhos, dans la surface, perdait le ballon face à Iniesta qui talonnait vers ses coéquipiers. Malheureusement, Kurzawa était sur la trajectoire et il déviait le ballon au fond de ses filets (2-0, 40e) ! Sans être forcément brillant et avec un Messi plus discret qu’attendu, le Barça repartait aux vestiaires avec un résultat idéal. Si les troupes d’Unai Emery revenaient sur la pelouse en étant bien plus agressifs qu’en première période, Meunier fauchait Neymar dans la surface (49e) ! Messi, en véritable tueur, transformait le penalty à merveille (3-0, 50e) ! Les Parisiens étaient vraiment malheureux, puisque dans la foulée, Cavani touchait le poteau (51e) !

Mais l’Uruguayen allait bien faire la différence. Après une remise de la tête de Kurzawa, Cavani fusillait ter Stegen depuis l’intérieur de la surface (3-1, 62e) ! Un but qui anéantissait pratiquement les chances catalanes, qui devaient donc porter le score à 6-1 pour gagner. Plus tard, il se présentait une nouvelle fois contre l’Allemand, mais cette fois, le Barcelonais remportait son duel (64e). Quoi qu’il en soit, la Messe était pratiquement dite, et les deux formations ont eu de nouvelles situations pour faire trembler les filets. Di Maria manquait un mano a mano avec ter Stegen par exemple, gêné par le retour de Mascherano (85e). Dans la foulée, Neymar brillait avec un coup-franc en pleine lucarne (4-1, 88e), redonnant de l’espoir à tout le Camp Nou ! Et ça allait se corser pour Paris, puisque sur un penalty provoqué par Suarez, le Brésilien signait son doublé (5-1, 90e). Sergi Roberto délivrait ensuite le Camp Nou, à la réception d’un coup-franc à la 95e minute, s’offrant le but de l’exploit qui restera dans les annales de l’histoire du football.

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L’homme du match : Neymar (9) : n’ayons pas peur des mots, si le Barça a réalisé cet exploit, c’est en très grande partie grâce à lui. Un véritable poison, surtout pour Thomas Meunier, qui en a vu de toutes les couleurs. La preuve, il a provoqué un penalty après avoir été fauché par le Belge. Le Brésilien a fait ce qu’on lui demande, c’est à dire déborder, provoquer et éliminer ses vis-à-vis. Il a remis les siens dans le bain en fin de match, avec un golazo sur coup-franc et un penalty transformé à merveille. Du très bon Neymar donc, qui confirme être le joueur de la MSN le plus en forme, peut-être pas en termes de statistiques, mais dans le jeu.

FC Barcelone

- Ter Stegen (6) : prestation très sérieuse du portier germanique. Il n’a pas eu beaucoup d’occasions de s’illustrer, puisque les occasions parisiennes ont été rares, mais il a toujours bien répondu présent, dégageant beaucoup de sérénité. Il ne peut rien sur le but de Cavani puisqu’il est fusillé, et il sort ensuite une belle parade face à l’Uruguayen (64e). Décisive, puisqu’un doublé de l’attaquant aurait définitivement tué le match.

- Umtiti (7) : excentré sur le côté gauche de la défense barcelonaise, le Français a été particulièrement bon, contrairement au match aller. Il a montré qu’il avait les qualités nécessaires pour évoluer dans cette équipe, que ce soit de par sa technique, ou de par ses qualités défensives. Comme Piqué, il a beaucoup apporté dans l’élaboration du jeu.

- Piqué (7,5) : le patron de la défense catalane, il l’a une nouvelle fois prouvé ce soir. Il a joué très haut, occupant parfois un rôle de milieu offensif, faisant parler sa qualité technique et sa vision du jeu relativement bonne pour tenter de briser les lignes. Défensivement, il a été intraitable, et ce alors qu’il devait parfois défendre seul face à plusieurs Parisiens. Le défenseur frôle peut-être le rouge à deux reprises quand même. Il est un peu en retard sur Cavani sur le but mais on ne peut globalement rien lui reprocher ce soir, comme à la plupart de ses coéquipiers par ailleurs.

- Mascherano (6,5) : l’Argentin a fait parler l’expérience. Dans les duels, il était plutôt costaud, face à un Julian Draxler qui arrivait en forme notamment. Il était toujours bien positionné, pour venir gratter ces ballons coupant des offensives parisiennes. En revanche, contrairement à ses deux coéquipiers de la charnière centrale, on l’a moins vu se porter vers l’attaque, plutôt intriguant sachant que lui est milieu de métier et qu’il est assez à l’aise balle au pied.

- Busquets (7) : le n°5 catalan confirme son retour en forme depuis quelques rencontres avec une prestation 5 étoiles ce soir. On a revu ses belles feintes de corps lui permettant de se défaire de plusieurs rivaux, ses passes pour briser des lignes ou encore ces tacles glissés pour ôter le ballon des pieds des adversaires. Du très très très très grand Sergio Busquets, pour le plus grand plaisir des gens qui ont assisté à la rencontre, supporters parisiens de côté bien sûr.

- Rakitic (6) : paradoxalement, le jour où le Barça jouait tout pour l’attaque, le Croate a été un peu limité par les choix tactiques de Luis Enrique et a donc beaucoup du être présent en couverture, pour éviter et couper toute éventuelle contre-attaque parisienne. Mais lorsqu’il a eu le ballon sur les séquences offensives catalanes, le n°4 a fait le boulot, décalant toujours bien pour ses coéquipiers. Il est sorti au profit d’Andre Gomes à la 83e, mais le Portugais n’a logiquement pas eu de possibilité de se montrer en si peu de temps.

- Iniesta (7,5) : c’est cet Iniesta là qui nous avait beaucoup manqué ces derniers temps. Très à son aise dans l’entrejeu, il a été au cœur du jeu et n’a commis pratiquement aucune erreur, trouvant toujours ses coéquipiers dans le bon tempo, le tout avec de sympathiques gestes techniques. Il est décisif sur le deuxième but puisqu’il pousse Marquinhos puis Kurzawa à l’erreur. C’est aussi lui qui sert Neymar sur le penalty provoqué par le Brésilien. Le Manchego avait de sacrés clients en face, comme Verratti ou Rabiot. Arda Turan a pris sa place (65e) mais n’a pas eu la possibilité de briller.

- Rafinha (6,5) : il était toujours présent sur le flanc droit pour proposer des solutions à ses coéquipiers, et faisait toujours les bons appels. En revanche, il était un peu trop maladroit dans le dernier geste, loupant par exemple des centres qui auraient pu déboucher sur des occasions de but pour ses coéquipiers. De quoi avoir des regrets donc. Il s’est aussi bien donné dans les labeurs défensives. Sergi Roberto l’a remplacé à la 76e minute, et s’il a peu apporté dans le jeu, il a signé le but de l’exploit.

- Neymar (9) : voir ci-dessus.

- Messi (6) : dans le fond, sa performance n’était pas mauvaise. Mais dans un tel match, avec un tel challenge pour son équipe, c’était lui, le meilleur joueur du monde pour beaucoup, qui était le plus attendu au tournant. Et force est de constater qu’il a déçu, puisqu’il a été globalement peu influent dans le jeu. La Pulga n’a pas su distiller de bons ballons vers ses deux coéquipiers du front de l’attaque, n’a pris que trop peu d’initiatives et était très bien muselé par la défense parisienne. Au final, il n’a créé que trop peu de danger.

- Luis Suarez (6) : c’est lui qui donne l’avantage très tôt dans la partie, avec un but de renard, profitant d’un ballon errant. Toujours dans les bons coups, l’Uruguayen a aussi provoqué le deuxième penalty en toute fin de match. Il n’a peut-être pas marqué de but somptueux, il n’a peut-être pas participé à de superbes actions collectives, mais a été ô combien précieux tant il a usé les défenseurs parisiens. C’est aussi pour ça, qu’il est l’un des tous meilleurs attaquants du monde.

Paris Saint-Germain

- Trapp (2) : match très difficile pour l’Allemand ce soir. Il est d’abord fautif sur l’ouverture du score en sortant à contre-temps sur Suarez (3e). Il est ensuite battu par l’incroyable frappe de Neymar (18e) qui sort en frôlant son poteau gauche. Les erreurs de Marquinhos et de Kurzawa (40e), les penaltys de Messi et Neymar et le coup franc superbe de ce dernier (88e) ne lui ont en revanche pas laissés d’autres choix que d’aller chercher le ballon au fond des filets. La capitale pleure quand Sergi Roberto le devance pour un dernier coup de poignard (90e+6).

- Meunier (3) : en début de match il a su rester lucide malgré les provocations de Neymar et de Suarez. S’il fait peut-être faute sur Neymar dans la surface en première période (34e), sa glissade maladroite a bien obligé l’arbitre à pointer le point de pénalty (50e). Il a bien failli se rattraper dans la foulée en offrant une balle de but à Cavani qui échouera finalement sur le poteau du Camp Nou (52e). Bizarrement remplacé par Krychowiak (90e).

- Marquinhos (2) : « mais qu’est-ce qu’il fait ? qu’est-ce qu’il fait ?! » c’est surement ce que tous les supporters parisiens ont pensé quand ils ont vu le Brésilien se faire bouger par Iniesta avant que ce dernier ne talonne et ne provoque le csc de Kurzawa (40e). Le numéro 5 parisien avait pourtant largement le temps de dégager et d’éviter cette catastrophe. C’est aussi lui qui donne l’espoir au FC Barcelone en provoquant un pénalty sur Neymar (90e).

- Thiago Silva (3) : le bloc parisien a joué tellement bas ce soir qu’il n’a pas vraiment eu l’occasion de montrer ses talents, se contentant de quelques interventions de qualité. Difficile donc de noter le capitaine du Paris Saint-Germain ce soir, tant son influence aura été limité par les conditions de jeu.

- Kurzawa (3) : il a été le moins bon (et non pas le plus mauvais) Parisien à l’aller et il n’aura pas fait mieux ce soir. Par l’intermédiaire de Rafinha ou Rakitic les Catalans sont très souvent passés par son côté en première mi-temps. L’ancien Monégasque est malheureux en marquant contre son camp après un cafouillage provoqué par Marquinhos (40e). Il se rattrape en déviant un ballon de la tête qui permet à Cavani d’ouvrir le compteur parisien (62e).

- Rabiot (3) : l’énorme pressing barcelonais l’a empêché d’être aussi flamboyant qu’au match aller. Il a souvent tenté de faire parler sa protection de balle mais l’agressivité de ses adversaires lui a causé beaucoup de soucis. Des erreurs dans ses transmissions et quelques ballons perdus qui auraient pu couter très cher à la fin de ce huitième de finale. Mais les Barcelonais n’ont finalement pas eu besoin de ça.

- Verratti (3) : le hibou a lui aussi beaucoup peiné à exister ce soir, surtout lorsque les Barcelonais étaient encore en course pour leur qualification. Ses adversaires étaient deux, parfois trois à chaque fois qu’il touchait la balle : à coup sûr identifié comme le danger numéro un au milieu par Luis Enrique. Il a été incapable de se mettre à son niveau habituel, qui aurait fait pourtant tellement de bien au PSG…

- Matuidi (3) : alors qu’il avait presque tout bien fait au match aller, il a complètement coulé ce soir sous les vagues barcelonaises. Comme d’habitude il a beaucoup couru mais parfois, on a vraiment eu l’impression qu’il était complètement perdu. Ses erreurs techniques à répétition ont fait beaucoup de mal à la qualité de jeu collective du PSG.

- Lucas (2) : en titularisant l’international brésilien ce soir, contre ce Barça là on pensait vraiment qu’Emery avait fait le bon choix. Mais le Brésilien aura été en dessous de tout. Auteur d’un début de match catastrophique où il aura perdu un nombre incroyable de ballon, plongeant ses coéquipiers dans l’étouffement catalan. La rentrée de Di Maria (55e) à sa place a d’ailleurs failli tout changer pour le PSG. C’est l’Argentin qui remet les Parisiens dans le coup, suffisamment pour penser, un temps, que la qualification était assurée. C’est peut-être son occasion ratée en toute fin de match (88e) qui coute la qualification aux siens, même si a un doute sur la légalité du tacle de Mascherano sur cette action.

Draxler (5) : avec Cavani, sans doute le Parisien le plus constant de ce match. Il a toujours laissé planer une menace sur ses adversaires. Il fait une "bonne" faute sur Messi alors qu’il y avait gros danger, même si celle-ci donne une bonne cartouche au lutin argentin et lui coûte un carton jaune (14e). C’est aussi lui qui sonne la révolte dès la sortie des vestiaires en se procurant une belle situation (46e). Il aurait surement pu mieux aider Kurzawa à défendre sur son côté. Remplacé par Aurier (75e) qui n’a rien fait pour empêcher le naufrage dans les dernières minutes.

- Cavani (5) : El Matador a livré un match de gladiateur ce soir dans l’arène Blaugrana. Son duel avec Piqué a rythmé sa première période et aurait aussi dû coordonner la suite des événements pour les autres acteurs de cette partie. En effet il est légitime de penser que le défenseur central barcelonais méritait un carton rouge pour son attentat sur l’Urugayen (23e). Après une remise de Kurzawa, il envoie le PSG au paradis d’une magnifique reprise en demi-volée qui ne laisse aucune chance aux Barcelonais (62e). Il rate le son duel avec Ter Stegen (63e) qui aurait donné encore plus d’air à ses partenaires.