Le PSG passait un véritable test à l’Allianz Arena face au Bayern Munich ce soir. Un peu plus de deux mois après la gifle infligée aux Allemands au Parc des Princes (3-0), ce qui avait entraîné le limogeage de Carlo Ancelotti, les Parisiens retrouvaient leur principal adversaire. Après la première défaite de la saison à Strasbourg ce week-end, il fallait rectifier les choses et surtout envoyer un message à l’Europe. Surtout que les Munichois pouvaient encore prétendre à la première place du groupe en cas de victoire avec au moins quatre buts d’écart. Si ces derniers n’imaginaient pas l’exploit possible, ils avaient avant tout pour ambition de laver l’affront de l’aller.

Pour surprendre, Jupp Heynckes envoyait un 4-2-3-1 avec Süle en défense, Rudy et Tolisso au milieu et Ribéry titulaire, en plus d’être capitaine. En face, Unai Emery optait pour du grand classique. Comme à l’aller, les visiteurs se montraient dangereux en contre avec un Mbappé qui éliminait Alaba avant de trouver les bras d’Ulreich (3e). Après cette première alerte, les Munichois prenaient le contrôle du jeu et inquiétaient facilement les Parisiens. Coman se jouait une première fois de Kuzawa (6e) mais c’est Lewandowski qui ouvrait la marque, profitant de la couverture de Dani Alves (1-1, 8e). Un avantage au score mérité tant la machine bavaroise prenait le dessus.

Tolisso fait très mal à Paris

Car la suite de la première période sera de la même veine. Paris éprouvait de grandes difficultés dans le jeu et perdait de nombreux duels. Il y avait bien cette magnifique ouverture de Mbappé pour Neymar mais le Brésilien voyait Ulreich repousser son tir en corner (34e). Paris venait de laisser passer une opportunité et dans la foulée, Tolisso, laissé tout seul dans la surface, catapultait sa tête au fond des filets (2-0, 37e). Neymar avait beau remettre le portier allemand à contribution (43e), le PSG repartait au vestiaire avec deux buts de retard. L’exploit était possible pour le Bayern. Sans doute secoué à la pause, le PSG revenait avec d’autres intentions sur la pelouse et une agressivité décuplée.

La rencontre ne tardait d’ailleurs pas à prendre un autre virage avec la réduction de l’écart rapide de Mbappé, servie de superbe manière par Cavani (2-1, 50e). Paris était en feu en ce début de seconde période et les occasions s’accumulaient. Il fallait un solide Ulreich pour empêcher le bateau bavarois de couler. Par deux fois, le remplaçant de Neuer repoussait des frappes de Draxler (61e) et de Mbappé (62e). C’est un autre tournant dans cette rencontre puisque peu de temps après, et alors que Thiago Silva jouait sur une jambe, Tolisso s’offrait un doublé après un superbe travail de Coman (3-1, 69e). La fin de rencontre était débridée avec un PSG pas loin de prendre l’eau mais aussi des grosses situations pour Neymar (90e) et surtout Mbappé qui échouait une dernière fois face à Ulreich (90e+3). Paris est battu logiquement mais conserve sa première place.

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L’homme du match : Tolisso (8) : l’ancien Lyonnais a fait preuve de calme et d’intelligence au cœur du terrain. Rarement pris de vitesse, il a bien lu les trajectoires de ballons et a dirigé le jeu comme il le faut. Il a doublé la mise sur une tête solide (37e), dix minutes après avoir vu une autre tête passée à côté (27e). Averti après une scène tendue (40e). Il est resté sur les mêmes bases en seconde période, et s’est offert un doublé (69e), se trouvant au bon endroit au bon moment sur une superbe action de Coman. Et il a encore apporté du danger, pas loin d’obtenir un penalty (73e), reconnaissant d’ailleurs avoir plongé. Fair-play, doublé, gros match... le meilleur ce soir. Tolisso est impliqué dans 3 des 4 derniers buts du Bayern en LDC (2 buts, 1 passe décisive).

Bayern Munich :

- Ulreich (8) : une main ferme pour stopper la première frappe dangereuse de Mbappé (3e), puis un arrêt de classe mondiale devant Neymar (34e), le gardien remplaçant de Neuer a tenu la baraque dans une première période solide. Il n’y peut rien sur le but de Mbappé, symbolique de la première place pour le PSG (50e). Il sort encore le gros jeu sur deux frappes magistrales de l’ancien Monégasque (62e, 90e+2) et sur Draxler (61e). Une grande prestation.

- Kimmich (4) : sa faute légère sur Neymar (22e) a offert un coup franc dangereux au Brésilien, mal exploité. Une faute qui lui a valu un jaune, l’obligeant par la suite à prendre moins de risque. Il est d’ailleurs pris de vitesse sur une accélération de Neymar qui a failli marquer (34e). Discret en seconde période.

- Süle (6) : rarement débordé, souvent bien placé, il a formé un duo très solide avec Hummels en première période. Il est refroidi au début du second acte, au mauvais endroit au mauvais moment sur le but de Mbappé (50e).

- Hummels (6) : excellent dans les airs, intelligent dans son placement, l’international allemand a livré une grande prestation en première période. Comme Süle, il perd le contrôle de sa zone sur le but de Mbappé (50e). Vigilant ensuite jusqu’à la fin du match.

- Alaba (5) : en grosse difficulté face à Mbappé au match aller, l’international autrichien a encore pris l’eau dès la première accélération du jeune Français qui a failli marquer (4e). Beaucoup plus serein après l’ouverture du score, avec plusieurs interventions importantes (13e, 24e), et des montées intéressantes. Il est retombé dans ses travers au retour des vestiaires, statique sur le centre clinique de Cavani qui a trouvé la tête de Mbappé (2-1, 50e). Le troisième but du Bayern lui a enlevé du poids sur le dos. Remplacé par Rafinha (85e), qui a joué sans pression.

- Rudy (6) : une prestation solide du milieu défensif allemand, qui a dominé le cœur du terrain et n’a pas hésité à descendre bas pour contre des offensives parisiennes, dont une de Neymar où il a très bien défendu (21e). Un peu plus en difficulté au retour des vestiaires, averti pour une faute grossière sur Cavani (53e).

- Tolisso (8) : voir ci-dessus.

- Coman (8) : en forme récemment, l’international français a vite trouvé ses repères et s’est offert une belle action individuelle au début (6e), conclue par une frappe trop molle. Il est passeur décisif pour Lewandowski après une action confuse (8e). Il a encore fait mal à Kurzawa avant d’adresser un centre dangereux (20e). Invisible pendant une bonne demi-heure, il a relancé son match avec une accélération foudroyante qui a permis à Tolisso de s’offrir un doublé (69e). Didier Deschamps a dû retenir ce match dans un coin de sa tête.

- Rodriguez (7) : son premier centre dangereux a amené l’ouverture du score du Bayern (8e). L’international colombien était très en jambes ce soir, et a offert beaucoup de disponibilités et de possibilités. Averti pour protestation (23e). Son très bon centre a trouvé la tête de Tolisso qui a doublé la mise (37e). Moins vif en seconde période, mais toujours très disponible. Remplacé par Vidal (83e), qui s’est contenté de défendre.

- Ribéry (7) : sa première accélération sur le côté gauche a fait mouche puisque Lewandowski a ouvert le score (8e). En feu en première période, l’ex-Marseillais a fait mal sur son côté et a bien combiné avec Alaba et James Rodriguez notamment. Outre avoir apporté beaucoup de danger devant, le capitaine ne s’est pas privé d’efforts défensifs, revenant régulièrement dans la surface bavaroise pour anéantir des offensives parisiennes. Moins tranchant en seconde période, visiblement fatigué. Remplacé par Muller (67e), qui a apporté de l’énergie importante.

- Lewandowski (6) : bien cadenassé au début par le bloc défensif parisien, l’international polonais ne s’est pas fait prier pour ouvrir le score sur sa première occasion (8e). Dans une action confuse, il a trompé Areola de près. Beaucoup plus discret en seconde période, avec un Bayern au ralenti. Il a gâché une dernière belle occasion (90e+3).

PSG :

- Areola (5) : un premier arrêt compliqué sur une frappe contrée de Coman (6e) puis le but de Lewandowski sur lequel il est livré à lui-même (8e). Encore une fois laissé à l’abandon par sa défense sur le but de Tolisso (37e), il est battu à bout pourtant une dernière fois par son coéquipier en équipe de France (69e). Il s’est montré assez solide sur quelques interventions dans les airs mais n’a pas été décisif.

- Dani Alves (2,5) : il a eu du mal à contenir les assauts munichois sur son côté. Souvent en infériorité numérique en retard, il couvre Lewandowski d’un hors-jeu pour l’ouverture rapide du score (8e) alors qu’il avait déjà pris l’eau. Trop en retard dans ses interventions, comme face à Coman sur le troisième but (69e), il a laissé trop de libertés à ses vis-à-vis. Techniquement non plus, il n’a pas été au rendez-vous, connaissant trop de déchet dans la moitié de terrain adverse. La principale déception de la soirée.

- Marquinhos (5) : le Brésilien a souffert de l’impact et du combat engagé par Lewandowski. Souvent pressé, ses relances ont elles aussi manqué d’efficacité. Averti pour une altercation avec Tolisso (40e), il a cette fois-ci oublié son sang-froid alors que son positionnement pose question sur le but du Français (37e). Tendu, le défenseur a eu du mal à s’exprimer même s’il est auteur de quelques interventions tranchantes dans la surface. Il a fini par récupérer le brassard après la sortie de Thiago Silva.

- Thiago Silva (4,5) : le capitaine parisien était très attendu, lui qui est souvent critiqué pour ses mauvaises prestations lors des grands rendez-vous. Encore une fois, il a déçu ce soir à l’Allianz Arena. Il est trompé par le déplacement de Marquinhos et laisse Tolisso marqué seul dans son dos (37e). Du mieux en seconde période avec des duels importants remportés dans la surface face à Lewandowski (55e) et Ribéry (64e). Blessé au genou, il a dû céder sa place à Kimpembe (72e) qui a su rentrer dans un match débridé.

- Kurzawa (3) : la soirée fut encore très dure pour lui. Trop léger dans son couloir, il n’a jamais réussi à faire de grandes différences et n’a pas brillé dans le domaine défensif. Il commet des fautes de concentration avec des mauvaises passes (17e) et a souffert de la vitesse de Coman (6e, 20e). Un peu mieux en seconde période même s’il a de nouveau laissé des espaces à Kimmich et consorts et a raté des contrôles (73e).

- Verratti (4,5) : en position de meneur reculé, il commence bien son match avec des bons ballons distribués sur les côtés (3e, 11e). Malgré de gros efforts défensifs, il est souvent intervenu en retard et par terre. Il parvient à hausser le ton en seconde période avec plus d’engagement et une ouverture à destination de Cavani sur la réduction de l’écart (50e). Il a su gratter pas mal de ballons mais a eu du mal à terminer.

- Rabiot (5) : des débuts compliqués et un gros manque d’engagement et surtout de rythme. Il ne revient pas assez rapidement pour aider Alves débordé par Ribéry et James lors de l’ouverture du score (8e). Il a joué trop timidement, ne cherchant pas la difficulté et des passes directes. Il a haussé le ton en seconde période, prenant davantage d’initiatives avec le ballon. Ses échanges avec Draxler et Neymar (49e, 54e) ont fait mal.

- Draxler (4) : comme ses compères au milieu, il a mis le temps pour s’illustrer. Trop discret en première période, il a perdu beaucoup de duels et a couru dans le vide. Pas dans le match, il a redressé un peu la barre par la suite. Il a élevé sa qualité technique avec du jeu dans le périmètre qui a permis de bonnes relances. Pas assez décisif face à Ulreich (61e), il a fourni de gros efforts défensifs pour venir épauler un Kurzawa dans le dur. Averti (82e) et remplacé par Lo Celso (90e).

- Mbappé (6) : une superbe entame de match avec des premiers duels remportés face à Alaba et une grosse frappe (3e) puis il a disparu malgré quelques fulgurances comme cette passe lumineuse dans le dos de la défense (34e). Il revient bien en début de seconde période avec son but qui donne l’espoir aux Parisiens (50e). Il se met de nouveau en évidence sur cette lourde frappe repoussée (62e) puis à bout portant (90e+3) et aurait pu faire mieux sur quelques situations (56e, 78e).

- Cavani (4,5) : on n’a presque pas vu l’Uruguayen dans cette rencontre. Jamais servi dans de bonnes conditions, il n’a pas eu une occasion à se mettre sous la dent. Il a tout de même un geste de génie pour le but de Mbappé (50e) et c’est tout. Forcément, il s’est dépensé sans compter tout le long de la rencontre, évoluant même parfois latéral droit mais il n’a jamais su se démarquer de la défense munichoise.

- Neymar (4) : par bribes, il a accéléré et a affolé la défense (21e, 24e) mais a globalement été bien pris en tenaille par la défense allemande. Comme souvent, il ne s’est pas simplifié la tâche sur certaines situations, rentrant souvent dans l’axe. Pas assez décisif non plus puisqu’Ulreich est sorti vainqueurs de leurs duels (34e, 43e). Il n’a pas déçu mais aurait pu se montrer davantage dans ce genre de grands rendez-vous.