C’est dans les grands matchs que les grands joueurs doivent répondre. Et s’il y a un joueur à qui cet adage correspond plutôt bien, c’est Cristiano Ronaldo. Inutile de s’étendre sur le nombre de buts marqués par la star lusitanienne au cours de sa riche carrière dans des rencontres couperets, ou même dans des duels marqués par une rivalité plus ou moins forte. Mais s’il y a un rival qu’affectionne particulièrement celui qui évolue maintenant sous les couleurs turinoises, c’est son ancien voisin, l’Atlético de Madrid. Combien de fois les Colchoneros en auront vu de toutes les couleurs à cause de l’ancien numéro 7 du Real Madrid...

Les hommes mentent, mais pas les chiffres. Au total, le Portugais a fait trembler les filets à 25 reprises lors des 34 rencontres disputées face aux Rojiblancos. C’est simple, l’Atlético de Madrid est la deuxième proie préférée du natif de Madère, après Séville, face à qui il a marqué 27 fois. Des rencontres mythiques marquées par l’empreinte du Juventino, comme cette victoire 3-0 lors du match retour des huitièmes de finale de la Ligue des Champions, avec un triplé qui a permis à la Vieille Dame de remonter un 2-0 en faveur des troupes de Diego Simeone. On pense aussi à cette demi-finale aller lors de l’exercice 2016/2017, où il avait également signé un hat-trick face aux Colchoneros sous la tunique merengue, en plus de ce but en finale de l’édition 2014. En Ligue des Champions, il compte 7 réalisations en 9 rencontres face aux pensionnaires du Wanda Metropolitano, ainsi que 12 buts en 16 matchs de Liga.

Comment expliquer la réussite de CR7 face à l’Atlético

Au-delà de la rivalité inhérente au contexte madrilène, une véritable histoire de haine est née entre le Lusitanien et le Vicente Calderon puis le Wanda Metropolitano, et elle s’est maintenue, voire même multipliée, depuis le départ du principal concerné en Italie. On pense à ce geste en février dernier en zone mixte, lorsqu’il a fait le geste de la "manita" devant les journalistes pour faire comprendre aux supporters colchoneros qui l’avaient insulté qu’il a 5 Ligues des Champions, alors que l’Atlético n’en a aucune. En septembre, lors du premier match de poules, on l’a vu se diriger plusieurs fois aux fans de l’Atlético, avec des phrases comme « vous n’apprendrez jamais ».

C’est peut-être pour cette raison que Cristiano Ronaldo brille et affiche de telles statistiques contre son ancien voisin. On sait que les grands joueurs attendent les grosses rencontres impatiemment, et sont encore plus motivés lorsqu’ils ont quelque chose à prouver ou ont des gens à faire taire. Mais au-delà du côté mental, il y a des explications un peu plus simples. Si l’Atlético est la deuxième victime préférée de Cristiano Ronaldo, c’est aussi parce que les gros clubs s’affrontent souvent dans les différentes coupes et que les Colchoneros sont l’équipe qu’il a le plus affrontée dans sa carrière. Entre les rencontres de Liga, de Ligue des Champions, de Coupe du Roi et de Supercoupe, il a donc bien plus eu la possibilité de faire grimper son compteur contre l’Atlético que face à des équipes qu’il affronte moins.

Des caractéristiques idéales pour faire mal

Il y a aussi une composante tactique à prendre en compte et qui explique pourquoi l’Atlético - comme bien d’autres équipes - a du mal face à un joueur comme Cristiano Ronaldo. Au final, le Lusitanien est un prédateur des surfaces qui joue sur une aile. Il a des caractéristiques et des qualités qu’on ne retrouve pas chez la plupart des joueurs alignés sur un côté. Ces derniers sont généralement moins imposants physiquement, moins athlétiques et surtout, moins à l’aise dans les surfaces rivales. Il est donc particulièrement difficile de défendre pour les latéraux qui pratiquent un marquage strict sur lui. Sans compter sur le fait qu’à force de devoir suivre le Portugais dans la surface, ils risquent de laisser trop de libertés au latéral de l’équipe de CR7.

Dans le même temps, un des défenseurs centraux doit donner un coup de main supplémentaire pour museler et/ou surveiller Cristiano Ronaldo, ce qui peut créer un sacré déséquilibre dans la défense. Juanfran a ainsi vécu des soirées bien compliquées lorsqu’il l’a eu face à lui, alors que même des défenseurs dont le niveau n’est plus à prouver tels que Joao Miranda à l’époque, Diego Godín ou José Maria Giménez ont aussi eu des difficultés lorsque le Portugais décidait de s’aventurer dans leur surface. Au fil des années, il est devenu encore plus difficile à cerner, puisqu’il n’est plus du tout inhabituel de le voir disparaître pendant une partie de la rencontre et surgir dès qu’un ballon traîne dans la surface pour l’expédier au fond des cages.

Cet Atlético peut-il contrer Cristiano Ronaldo ?

Problème : cet Atlético est un peu plus fragile défensivement que les saisons précédentes, notamment suite aux changements opérés pendant l’intersaison. Ce week-end face à Grenade, l’arrière-garde alignée par Diego Simeone était intégralement composée de nouveaux : Trippier, Mario Hermoso, Felipe Monteiro et Renan Lodi. Si Giménez pourrait faire son retour dans le onze après ses pépins physiques, il n’y a logiquement pas encore tous les automatismes nécessaires entre les différents défenseurs alignés. Résultat, l’Atlético a par exemple déjà encaissé cinq buts sur coup de pied arrêté cette saison, et est assez fragile dans le jeu aérien, domaine qui a pourtant souvent été un point fort. Pas rassurant avant les retrouvailles, et même si CR7 avait été muet lors du premier match (2-2), la Juve avait clairement mis en évidence des lacunes défensives chez les Madrilènes.

Une solution pourrait par exemple être de passer en 3-5-2, afin d’avoir un peu plus de présence dans la surface derrière, mais ce serait une surprise puisque le Cholo ne troquerait son 4-4-2 pour rien au monde. C’est Kieran Trippier qui aura la lourde responsabilité de faire face à la bête noire de son nouveau club, et si l’Anglais a réussi avec brio face à Eden Hazard en début de saison par exemple, la donne risque d’être différente face à un Cristiano Ronaldo qui a en plus pu profiter d’un repos supplémentaire puisqu’il n’a pas joué ce week-end. Nul doute que le Portugais sera en jambes pour ce duel décisif (à suivre en live commenté sur notre site) pour la première place de ce groupe D...