Les déboires se sont accumulés pour le Borussia Dortmund. Et au pire des moments. À quelques jours d’affronter le PSG en Ligue des Champions (rencontre à suivre en live sur notre site), Lucien Favre vit des moments délicats. Contesté à son poste, il va jouer sa survie lors des prochains matches. En plus de cette crise de résultats, le technicien suisse a déploré les blessures à la cuisse et à la cheville de Marco Reus et de Julian Brandt. Les deux internationaux allemands sont d’ores et déjà forfait pour le 8e de finale aller contre les Parisiens. Le BvB va se présenter diminué.

Il y a tout de même de la ressource au sein de cet effectif entre Thorgan Hazard, Mario Götze ou encore un profil moins offensif comme Mahmoud Dahoud. Favre pourrait aussi sortir de son chapeau la dernière révélation du club allemand. Depuis le retour de la trêve, l’ancien coach niçois fait doucement confiance à Giovanni Reyna. Ce milieu de terrain offensif axial de 17 ans a fait ses premières apparitions en Bundesliga (4 bouts de match disputés) et en coupe d’Allemagne, marquant au passage un but franchement exceptionnel la semaine passée contre le Werder Brême en sortie de banc.

Un premier but professionnel magnifique

Un contrôle du gauche pour se débarrasser de son premier adversaire, un crochet intérieur du droit, puis un autre de l’extérieur toujours du même pied, avant d’envoyer une frappe enroulée dans la lucarne opposée depuis l’entrée de la surface. « J’essaie juste de marquer des buts et de créer des occasions pour mon équipe, et de rester calme sous la pression. Je dois jouer mon jeu et avoir confiance en moi parce que je sais que je suis capable de faire de bonnes choses ici. Je dois faire mon truc, être créatif et jouer comme je sais faire », déclarait-il la semaine dernière dans le magazine du club.

S’il n’a pu empêcher la défaite de son équipe ce soir-là (revers 3-2), le numéro 32 est devenu le plus jeune buteur de l’histoire de la Coupe d’Allemagne. Contre Augsbourg le 18 janvier dernier, il devenait déjà le 5e plus jeune joueur à participer à une rencontre de Bundesliga et bien entendu l’Américain le plus précoce, effaçant des tablettes un certain Christian Pulisic. Encore un à qui on ne parle pas d’âge ! « J’ai toujours été surclassé, ce qui m’a aidé à me développer ici quand je suis arrivé en équipe première et à me sentir plus à l’aise. Je suis encore très jeune, donc je sais que ça va prendre du temps », constatait l’Américain déjà lucide sur ce qui l’attend.

Le football, une affaire de famille chez les Reyna

Reyna sait déjà qu’une carrière est ponctuée de hauts et de bas. C’est qu’il est loin d’être le premier dans la famille à être passé par là. Il y a d’abord le plus illustre, le père, Claudio. Milieu de terrain à tout faire, il était même une star du soccer outre Atlantique. Valeur sûre du team USA entre 1994 et 2006 avec qui il compte 114 sélections (8 buts inscrits, 4 convocations en Coupe du Monde - il doit déclarer forfait lors du mondial américain pour cause de blessure), il a même fini sa carrière internationale avec le brassard de capitaine autour du bras à l’occasion du mondial allemand.

Né d’un père argentin, footballeur également à la carrière modeste, et d’une mère portugaise, Claudio a grandi dans le New-Jersey. Il opte pour la nationalité de son pays de naissance avant de réaliser une solide carrière en Europe (Bayer Leverkusen, Glasgow Rangers, Manchester City notamment) puis de terminer en MLS aux New York Red Bulls. C’est durant la période Sunderland (2001-2003) que le second bébé de la famille, le petit Giovanni (en hommage à Van Bronckhorst, l’ancien coéquipier et ami de Claudio aux Rangers) vient au monde. Le couple aura 4 enfants, dont l’aîné, Jack décédera à 13 ans d’un cancer au cerveau. Danielle Egan, la mère est évidement joueuse au milieu de terrain et connaît elle aussi la sélection américaine (6 capes).

Titulaire face au PSG ?

« Il est beaucoup plus athlétique que moi et beaucoup plus attiré par le but adverse. Il possède une solide technique et il voit bien les espaces. Danielle couvrait beaucoup de terrain. C’est une qualité dont il a hérité », témoigne le paternel. C’est peu dire que le football coule dans le sang du fiston. Intégré à la Youth Academy de New York City FC dès ses 11 ans, alors que Claudio est en parallèle directeur sportif de la franchise, Giovanni est constamment surclassé. Le numéro 10 brille dans toutes les catégories de jeunes, se signale lors de chaque tournoi international. Le Borussia Dortmund craque et profite du passeport portugais du mineur pour le faire venir l’été dernier.

Il débute en U19 mais Favre fait appel à lui lors de la pré-saison. « Gio est déjà très bon et il a fait une grande impression. Il n’a aucune difficulté avec le type de football que nous voulons jouer. À l’entraînement, vous pouvez voir qu’il a quelque chose de spécial. Si vous ne voyez pas cela, vous êtes aveugle. » Pas impressionné malgré son très jeune âge (il a alors 16 ans) et son changement d’environnement, il performe, devenant même le meilleur joueur des jeunes Borussen (4 buts et 7 passes décisives en 11 rencontres de championnat, 4 réalisations et 1 assist en 4 rencontres de Youth League). Il est à nouveau temps pour le capitaine de la sélection U17 américaine de visiter l’étage du dessus.

Le jeune homme est en plus de cela très en avance physiquement et fait preuve d’un peu de vice comme en témoigne son altercation avec Niklas Moisander (34 ans) face au Werder Brême. « J’ai beaucoup d’objectifs à venir cette saison et tout au long de ma carrière. Cette saison, je veux aider l’équipe, avoir des minutes et j’espère marquer mes premiers buts, faire mes premières passes décisives, et essayer de gagner la Bundesliga. » Ambitieux en plus. Et si Favre nous réservait la surprise de l’aligner dans un trio offensif avec Håland et Sancho face au PSG ? « Gio dans le onze de départ ? Pourquoi pas. Il a tellement de polyvalence et peut jouer dans de nombreuses positions différentes. » Le Borussia s’en remettrait à sa jeunesse, puisse-t-elle être triomphante.