Jamais un projet de réforme n’aura suscité une telle fronde dans le microcosme du football. La volonté de l’Association des clubs européens de réformer la Ligue des champions à l’horizon 2024 a provoqué un gigantesque tollé en Europe mais surtout en France. Ainsi, plusieurs dirigeants du football français se sont publiquement insurgés face à cette future « Ligue fermée » regroupant les plus grosses puissances financières du ballon rond. Ce mercredi après-midi, la Ligue de Football Professionnel annonçait que son Assemblée Générale avait rejeté à la quasi-unanimité le projet de réforme présenté par l’UEFA.

Quasi-unanimité car le PSG, l’OM et l’Olympique Lyonnais se sont en effet abstenus sur ce dossier bouillant... Concrètement, cette future réforme prévoit quatre groupes de huit équipes, les cinq premières étant qualifiées directement pour la prochaine édition. Les sixièmes et septièmes des groupes disputeraient un barrage pour obtenir quatre billets pour la prochaine Ligue des champions. Enfin, les quatre demi-finalistes de la Ligue Europa auraient également le droit au chapitre.

Noël Le Graët prend les choses en main

En clair, 28 clubs sur 32 disputeraient avec certitude la coupe aux grandes oreilles, même si ils ne décrochaient pas le précieux sésame via le championnat national. Un système qui ne recueille pas tous les suffrages au sein du football français loin s’en faut... Pour éviter de se faire léser sur l’échiquier européen, les dirigeants contre- attaquent. Selon les informations de l’Equipe, Noël Le Graët a déjà élaboré un plan pour contrarier les désirs de grandeur de l’UEFA. Celui-ci s’appuierait en fait sur six groupes de six équipes.

On retrouverait alors les huit quart-finalistes de l’édition précédente, les quatre demi-finalistes de la Ligue Europa, dix-huit équipes directement qualifiées via leur championnat et six dernières places accordées par l’intermédiaire de barrages. Une telle refonte permettrait à la France d’obtenir trois tickets permanents pour la plus grande des compétitions européennes, contre 2+1 aujourd’hui. Tout va désormais se jouer au siège de la Fédération Française de Football le 23 mai prochain, où tous les clubs français voteront définitivement cette proposition défendue par le président Le Graët. Le PSG, l’OM et l’OL ne pourront alors plus se défiler et devront donc choisir leur camp. Noël Le Graët parviendra-t-il à fédérer tout son monde pour contrecarrer les plans de l’ECA ? Affaire à suivre...