Aux quatre coins de la planète football, on parle de miracle. Au lendemain de l’exploit de Liverpool contre le FC Barcelone à Anfield (4-0), Tottenham s’est lui aussi offert une soirée de folie mercredi sur la pelouse de l’Ajax Amsterdam (2-3). Rapidement menés de deux buts après une première période globalement décevante, les hommes de Mauricio Pochettino ont su inverser la tendance dès le retour des vestiaires avant de valider leur billet pour la finale dans les arrêts de jeu.

Evidemment, Lucas Moura, auteur d’un retentissant triplé, restera comme le héros de cette sensationnelle remontée, lui qui, en marquant à la 85e sur la pelouse du FC Barcelone (1-1, 6e journée), avait déjà permis aux siens de se sortir in-extremis des poules. Mais Mauricio Pochettino compte lui aussi pour beaucoup dans cette campagne folle des Spurs. En premier lieu car il est toujours là, après avoir résisté aux avances du Real Madrid l’été dernier, suite au départ de Zinedine Zidane, depuis revenu.

Son coaching a tout changé

Ensuite, parce qu’il a su faire avec les moyens du bord. Sans aucune recrue lors du dernier mercato estival, l’Argentin a su gérer de main de maître son effectif au cours de la saison. Le triplé de Lucas, qui a d’abord connu le banc de touche après son arrivée en provenance du Paris SG en janvier 2018, en est la parfaite illustration. Idem pour Moussa Sissoko, doublure devenue incontournable, et encore très performant aux Pays-Bas. Ses choix en cours de match sur la pelouse de l’ArenA ont également payé.

Dès le retour des vestiaires, il a choisi de sortir Victor Wanyama pour faire entrer Fernando Llorente. Et si l’Espagnol n’a pas marqué, il a énormément pesé sur l’axe de l’Ajax. L’attaquant a aussi permis à son équipe de jouer long et de sortir du pressing des Néerlandais. Tactiquement, l’ancien défenseur du PSG a donc réussi son coup. Mais c’est aussi dans les têtes qu’il a marqué les esprits, car son onze est revenu transfiguré après la mi-temps. Sa causerie y a été pour beaucoup, à en croire Hugo Lloris, au micro de RMC Sport.

« La personne qui le mérite le plus, c’est le coach. Ce n’est pas facile tous les jours mais on travaille dur et on a montré encore que l’équipe est forte, dans la douleur, dos au mur. On a su montrer notre personnalité et notre caractère, à l’image de notre entraîneur. Il a dit à la mi-temps : "on réserve les billets (pour rentrer à la maison)" car "la première mi-temps a été nulle" », a confié le portier champion du Monde 2018. L’émotion du manager au coup de sifflet final, agenouillé sur la pelouse en larmes, en disait long. « Dire que le plan était mort au bout de 3 minutes ! (...) Merci à tout le monde, merci au foot », a-t-il lancé. Le miracle continue.