Monaco est encore en vie dans cette Ligue des Champions. Après le nul entre Besiktas et Porto un peu plus tôt dans la soirée, l’ASM avait encore une toute petite chance de se qualifier pour les 8es de finale. Pour cela la victoire face au RB Leipzig était impérative à Louis II pour y croire ou au moins avancer vers une place en Ligue Europa. Dos au mur, Leonardo Jardim, toujours privé de Lemar et Sidibé, alignait un 4-2-3-1 avec Raggi en latéral droit, Tielemans associé à Fabinho dans l’entrejeu, Lopes et Baldé sur les côtés, et Falcao en pointe. Du côté allemand, Upamecano était titulaire, tout comme Naby Keita, Forsberg et Werner. Jean-Kevin Augustin démarrait sur le banc.

Dans l’obligation de l’emporter, la soirée de l’AS Monaco virait au cauchemar en moins de 10 minutes. Sur la première incursion dans le camp asémiste, Jemerson contrait le centre de Sabitzer dans son propre but (0-1, 6e). Le défenseur central plongeait à lui tout seul son équipe. En voulant transmettre à Fabinho, Kampl interceptait sa passe et lançait Werner qui s’en allait battre Subasic (0-2, 9e). L’entame de match pouvait difficilement être pire. Sonnés, les Monégasques tentaient de se montrer mais c’était généralement trop timide. En plus, ils ne saisissaient pas leurs rares opportunités avec Baldé Keita (13e) et Falcao (15e) qui butaient tous les deux sur un Gulacsi impeccable.

Monaco n’avait pas envie

S’il y avait encore un tout petit peu d’espoir, il allait rapidement être éteint pour une nouvelle erreur. Falcao se manquait et déséquilibrait Orban dans la surface. Werner ne tremblait pas et transformait le penalty en force sous la barre (0-3, 31e). Fautif sur ce coup-là, le Colombien tentait d’insuffler un semblant de rébellion en plaçant un puissant coup de tête pour réduire le score après ce coup-franc de Rony Lopes (1-3, 43e). Mais Monaco était coupable de trop de choses ce soir et permettait à Leipzig de se remettre en selle rapidement. A l’entrée de la surface, Naby Keita prenait facilement le meilleur sur Glik et redonnait un plus large écart à son équipe (1-4, 45e). Un incorrigible Monaco repartait au vestiaire sous les sifflets.

Les Champions de France n’avaient sans doute pas envie de jouer ce soir, ou peut-être qu’ils n’y croyaient déjà plus. Malgré l’ampleur du score, ils ne se sont pas vraiment lancés à l’assaut de la cage du RB. Il n’y avait guère que cette frappe non cadrée de Keita à signaler (53e). Même les changements n’apportaient pas grand-chose. Diakhaby n’a pas eu beaucoup l’occasion de se mettre en évidence et Ghezzal a manqué tout ce qu’il a tenté. Sans forcer et en contrôlant la fin de rencontre, Leipzig s’est offert la plus belle victoire de son histoire sur la scène européenne. Le club allemand, 3e du groupe à égalité de points avec Porto, jouera sa qualification face à Besiktas dans deux semaines alors que Monaco est éliminé de toutes compétitions européennes. Cette soirée risque de laisser des traces sur le Rocher.

Le live de la rencontre à revivre ici.

L’homme du match : Kampl (7,5) : très concerné, dans un rôle de meneur de jeu en phases offensives. Il a énormément fait souffrir la défense asémiste avec ses passes en profondeur. Sur la première, il offre un caviar gagnant à Werner (10e). Bis repetita à la 39e minute mais Werner ne cadrait pas cette fois-là. Plusieurs passes casseuses de ligne en seconde période (75e, 79e) mais les attaquants ne cadraient pas.

Monaco :

- Subasic (4,5) : malheureusement pour lui, il encaisse deux buts lors des dix premières minutes sur lesquels il est abandonné (6e, 9e). Le portier croate a beau envoyer quelques coups de gueule à sa défense, il n’y avait rien à faire. Il est à nouveau battu sur le penalty de Werner (31e) puis sur la frappe sèche de Keita (45e). Il n’a pas eu grand-chose à faire en seconde période à part sur ce centre-tir de Bruma où il n’est pas impérial (80e).

- Raggi (5) : l’expérience de l’Italien n’a pas suffi ce soir. Le vétéran de 33 ans n’a pas été ridicule face à un sacré client qu’est Forsberg, en réussissant à limiter l’influence du Suédois mais il a tout de même montré quelques signes de faiblesse. Il a été pris de vitesse à quelques reprises mais a aussi fait preuve de maitrise. Il n’a pas su apporter le surnombre nécessaire dans le couloir pour faire des différences devant.

- Glik (4) : solide dans les airs et dans les duels en début de rencontre, il a fini par sombrer sous les coups de boutoir allemands. Trop loin pour revenir sur Werner (9e), il est pris au physique et à la vitesse par Naby Keita sur le 4e but (45e). Le Polonais tentait pourtant de monter le chemin à suivre à ses coéquipiers. Difficile cependant de pointer du doigt sa prestation car lui a été au niveau ce soir à la différence de pas mal de ses coéquipiers.

- Jemerson (2) : un début de rencontre absolument catastrophique qui a fait couler l’ensemble de son équipe. Un but contre son camp (6e) et une passe ratée pour Fabinho qui a amené le break (9e). Il ne pouvait pas faire pire mais n’a jamais réussi à s’en remettre, manquant d’assurance dans ses interventions, à l’image de ce duel perdu avec Poulsen (29e). Fébrile et principal responsable de cette déroute. Averti (46e).

- Jorge (2,5) : le Brésilien avait une bonne occasion de montrer ses progrès malheureusement ça n’a pas été le cas. Dépassé en vitesse par Sabitzer sur le premier but (6e), il aura été victime des Allemands qui sont souvent passés par son côté. Poulsen également l’a fait souffrir sur quelques percées. Même avec le ballon dans les pieds, il n’a pas été précis dans ses transmissions et s’est fait bouger. Un très mauvais match pour lui aussi. Averti (84e) pour une grosse faute.

- Fabinho (2) : quel match horrible pour lui aussi. Dominé dans les duels, devancé dans toutes ses interventions, ce qui lui a valu un avertissement (48e), c’est à se demander s’il était vraiment sur la pelouse ce soir. Il n’a jamais su hausser son niveau de jeu et s’est fait manger tout le match. Sans parler de sa frappe en tribune (26e), que d’imprécisions dans ses passes. Le Brésilien est passé totalement à côté.

- Tielemans (4) : lui semblait un peu plus en jambes et plus motivé que d’autres. Par intermittence, il a offert des passes précises données dans les intervalles seulement son jeu long n’a pas été assez précis pour faire la différence. Le Belge a affiché pas mal de mobilité dans l’entrejeu sans que cela ne lui permette de prendre le dessus. Il a perdu pas mal de duels mais n’a pas mâché ses efforts avec une belle activité.

- Lopes (3,5) : match très décevant pour lui aussi car il n’a quasiment pas pesé sur la rencontre à part sur de rares accélérations (56e). Une remise intelligente pour Falcao (15e) et un coup-franc décisif pour son capitaine (43e) puis c’est tout. Dans le couloir gauche, comme à droite, il a eu beaucoup de mal à faire des différences balle au pied ou dans ses appels. Il s’est bien battu, c’est déjà ça. Remplacé par Ghezzal (65e) qui a manqué de justesse technique.

- Moutinho (3,5) : un vrai calvaire. C’est bien simple, il a raté tout ce qu’il a tenté. Englué dans l’embouteillage du milieu de terrain, il n’a pas su se défaire du marquage et n’a pas pesé sur le match. Inexistant, il a aussi manqué de précision dans ses passes que ce soit dans le jeu long ou le jeu cours. L’ancien joueur de Porto a même raté des gestes simples (27e, 51e). Averti pour un tacle en retard sur Forsberg (37e). Remplacé par Carrillo (83e).

- Baldé (5) : assez remuant durant cette rencontre, il a tenté d’allumer l’étincelle mais il était trop seul pour déstabiliser cette solide équipe allemande. Il n’a pas toujours fait les bons choix on plus avec cette occasion où il préfère frapper en force plutôt que de placer sa frappe (13e). Son entente avec Falcao a fonctionné à de trop rares occasions. Remplacé par Diakhaby (59e) qui a fait le boulot défensif. L’ancien Rennais a réalisé une entrée intéressante dans son couloir avec notamment une belle percée (71e).

- Falcao (4,5) : un sentiment mitigé pour le capitaine monégasque. Il offre un bon relai pour Baldé (13e) puis se trouve en échec face à Gulacsi (15e). Il concède un penalty en commettant une faute sur Orban (30e) puis se rattrape en relançant (pendant deux minutes) son équipe d’une belle tête (43e). Il était trop seul devant pour influer sur le jeu et n’a pas eu assez de ballons à se mettre sous la dent. Devancé trop de fois par la défense centrale allemande.

RP Leipzig :

- Gulacsi (6,5) : une belle manchette sur une frappe sèche de Keita Baldé (13e), une belle sortie devant Falcao, absolument seul à la réception d’un coup franc (15e). Une belle intervention devant Raggi (59e) et un but encaissé sur lequel il aurait sans doute dû rester sur sa ligne (43e). C’est à peu près tout pour le portier hongrois, très tranquille ce soir.

- Klostermann (5,5) : lorsque le paragraphe est court concernant en attaquant, c’est mauvais signe pour lui. Lorsque l’on a peu de choses à dire sur un défenseur, c’est de bien meilleur augure. Cela signifie qu’il a joué juste et n’a commis aucune erreur. C’est le cas de Klostermann. Beaucoup de combinaisons avec Sabitzer dans le premier quart d’heure tonitruant des Allemands. Puis, un bon travail défensif. À son détriment, un manque de vitesse face à Rony Lopes en première mi-temps.

- Orban (6) : l’ancien Bordelais a dû couper quelques centres de Rony Lopes en première période, Klostermann se faisant déborder par à-coups dans son couloir droit par l’ailier portugais. Mais comment lui en vouloir tant les Monégasques étaient impuissants. C’est Orban qui provoque le penalty transformé par Werner (31e) en s’imposant dans les airs sur corner, Falcao se devant de faire faute pour éviter un tir à bout portant. Infiniment moins de travail en seconde mi-temps pour l’Argentin.

- Upamecano (7) : en retard sur le coup franc de Rony Lopes déposé sur la tête de Falcao (44e) mais il lui sera difficilement reproché cette action tant le stoppeur français a été attentif tout le reste du match. À la réception des quelques centres rouges et blancs, dans le bon tempo quand il fallait anticiper... Un vrai joyau à son poste.

- Halstenberg (6) : un physique de colosse qui l’a aidé à sécuriser son couloir gauche. Mais Raggi n’a quasiment pas apporté offensivement et Rony Lopes n’a pas été aussi virevoltant qu’à l’accoûtumée. Résultat, une partie tranquille pour le défenseur allemand. Un peu plus de fil à retordre lorsqu’il avait Adama Diakhaby en face de lui. À noter qu’Halstenberg a transmis le ballon à N. Keita sur le quatrième but de son équipe (45e).

- Kampl (7,5) : voir ci-dessus.

- N. Keita (6,5) : il n’a pas hésité à venir gratter des ballons dans l’entre-jeu façon N’golo Kanté. Un but d’attaquant pour le petit milieu défensif guinéen qui se joue à l’épaule de Glik et ajuste tranquillement Subasic (4-1, 45e). Dans un rôle plus défensif en seconde mi-temps, score oblige.

- Sabitzer (non-noté) : sa première montée est la bonne. Son centre à ras de terre est contré dans son propre but par Jemerson (0-1, 6e). Il s’est essayé une fois de loin sans inquiéter Subasic (21e) et se déboite l’épaule à la demi-heure de jeu. Transféré à l’hôpital et remplacé par Demme (4), bien plus discret.

- Forsberg (6) : une première mi-temps appliquée, à l’image de son équipe, même si l’international suédois n’est pas directement impliqué sur les quatre buts. Si l’on devait se montrer tatillon, on lui reprocherait de distribuer des ballons en profondeur qu’à des coéquipiers hors-jeux. Remplacé par Laimer (78e).

- Poulsen (5,5) : impliqué dans le pressing, il a distribué quelques ballons intéressants mais peu tenté de frappe. À son crédit, un festival dans la défense monégasque, Jemerson obligé de s’employer pour reprendre le Danois au point de penalty (29e). L’attaquant n’a pas tant pesé en attaque, sans doute un peu craintif face à Glik dans les airs. Un bon match malgré tout. Victime d’un tacle lié à la frustration de Jorge. Le Monégasque sera averti (85e).

- Werner (6,5) : il n’a cessé de prendre la profondeur et ça lui a réussi. Sa première tentative est la bonne pour le buteur de la Mannschaft. Bien servi par Kampl, il part ajuster tranquillement Subasic (0-1, 10e). Son second tir, c’est son penalty victorieux qui offre le 3e but à Leipzig (3-0, 30e). Sur une énième offrande de Kampl, Werner vise la lucarne en force et ne cadre pas (39e). Remplacé après une heure de jeu par le Portugais Bruma(57e), dont la frappe croisée déviée par Subasic frôle la ligne de but (79e).