Bruno Genesio cherche la bonne formule. Depuis le début de cet exercice 2018-2019, l’entraîneur de l’Olympique Lyonnais change aussi bien de système que de joueurs. Hormis l’équipe de départ alignée lors des deux premières journées de championnat de France face à Amiens (victoire 2-0) et à Reims (défaite 1-0), il n’a jamais utilisé le même onze deux fois de suite. Et cela n’a pas forcément été payant puisque Lyon a obtenu par la suite un succès contre Strasbourg (2-0) avant de perdre contre Nice (0-1) et de concéder le nul à Caen (2-2). Mercredi soir à Manchester City, Genesio n’a pas changé ses habitudes. Mais il a fait plusieurs choix forts et très surprenants.

Le premier a été au niveau tactique puisqu’il a choisi de faire jouer son équipe dans un système inédit en 4-4-1-1. Depuis le début de saison, il alternait entre le 4-3-3 et le 4-2-3-1. Genesio a voulu tenter un coup face au champion d’Angleterre. Un pari osé mais gagnant qu’a expliqué le coach français en zone mixte à l’Etihad Stadium. « Le choix (du système) c’est en observant cette équipe. C’était, d’une part, d’amener de la profondeur en titularisant Maxwel Cornet sur le côté droit car on pensait que c’était là où il y avait des possibilités. On voulait associer deux joueurs au milieu de terrain, capables sous la pression de ressortir les ballons. Il ne fallait pas se contenter simplement de défendre. Il fallait aussi être capables de jouer quand on avait le ballon ».

Bruno Genesio a tranché dans le vif

Il poursuit : « L’idée c’était d’avoir deux lignes de 4 très compactes mais aussi d’avoir des joueurs capables de ressortir et de se projeter rapidement vers l’avant avec Nabil (Fekir) et Memphis (Depay) qui ont eux aussi beaucoup apporté dans ce match dans les deux sens, lorsqu’on avait le ballon et lorsqu’on ne l’avait pas. C’est surtout la victoire d’une équipe ce soir ». Si Genesio est resté humble, son président Jean-Michel Aulas n’a pas manqué l’occasion de saluer la victoire tactique de son entraîneur, souvent au coeur des critiques depuis sa prise de fonction. « Il a été audacieux. Vous avez vu qu’il a changé une partie de l’équipe. Il a utilisé un schéma avec 4 attaquants contre City. Peu d’équipes le font. C’est vrai qu’en Angleterre, ce n’est pas du tout la manière qui est utilisée pour jouer contre Manchester City. Ça a été une méthode gagnante. Bravo à Bruno ! »

En plus d’avoir osé un nouveau système, Genesio a aussi tranché dans le vif au moment de composer son onze de départ. Titulaires lors des 5 premiers matches de Lyon, Bertrand Traoré et Lucas Tousart ont été envoyés sur le banc. Si le premier a certainement payé son manque de réalisme, pour le second, qui n’était pas le milieu le plus en difficulté, cela a été une surprise. Ils ont été remplacés respectivement par Maxwel Cornet et Pape Cheikh Diop. Et là encore, le staff rhodanien a eu le nez creux. L’attaquant ivoirien a livré un bon match en fournissant un travail défensif important tout en se rendant disponible offensivement. Il a d’ailleurs ouvert le score en première mi-temps. Dans son secteur de jeu, Diop, très présent à la récupération, a aussi été plutôt convaincant. Le plan de l’OL a fonctionné parfaitement à Manchester. Plus que la victoire, Bruno Genesio, que certains surnomment "Pep Genesio", a donc gagné son match tactique face au grand Pep Guardiola.