Il était aux alentours de 15 heures mercredi quand l’information est sortie. Unai Emery mettait de côté son capitaine, Thiago Silva, pour lancer Presnel Kimpembe face au Real Madrid. Un choix extrêmement fort de la part de l’entraîneur espagnol, sûrement le plus tranché depuis qu’il est arrivé sur le banc de touche du PSG. Quelques heures plus tard, la composition officielle entérinait cette décision, et en laissait apparaître deux autres relativement inattendues. Giovani Lo Celso était préféré à Lassana Diarra au poste de sentinelle, tandis que Berchiche prenait place dans le couloir gauche plutôt que Kurzawa (ce qui semblait se dessiner au cours des derniers jours). Par ces choix, Emery voulait-il passer un message ? Quitte à mourir, autant aller au front en assumant ses idées...

Sur ces trois cas, deux se sont avérés satisfaisants. On parle là de Kimpembe et Berchiche, auteurs notamment d’une excellente première période alors que le Real Madrid venait souvent presser très haut de leur côté. Avec son engagement sans retenue, le latéral espagnol compensait son déficit technique pendant que le défenseur central français, par sa puissance physique, ne faisait pas regretter Thiago Silva. Le troisième s’est révélé bien plus problématique. Malgré un enchaînement de titularisations à ce poste en Ligue 1 depuis le mois de décembre, Giovani Lo Celso a malheureusement confirmé les craintes qu’il nourrissait quant à son manque d’expérience.

Lo Celso à la rue, Meunier dépassé

Face au Real Madrid, le milieu argentin de 21 ans a affiché trop de carences dans les duels (9 perdus sur 12 joués) et joué avec trop de légèreté sur certaines actions (talonnade en retrait dangereuse suivie d’une faute aux 20 mètres). Pire, il a concédé le penalty sur une faute bête sur Toni Kroos. Emery a donc perdu ce pari. Mais ne s’est-il pas trop acharné en laissant le jeune Argentin sur la pelouse jusqu’à la 85e minute avant de le remplacer par Draxler ? Si ses choix de départ n’ont pas été totalement mauvais, ceux en cours de matches se sont avérés finalement inadaptés.

Car, avant ce changement, Emery n’en avait effectué qu’un autre, avec l’entrée de Meunier à la place de Cavani. Sortir l’Uruguayen, fantomatique, n’était pas une mauvaise idée, mais l’entrée du Belge, pour faire monter Dani Alves d’un cran et ainsi replacer Mbappé dans l’axe, n’a pas été un franc succès. Les deux buts du Real Madrid en fin de match sont arrivés du côté droit de la défense parisienne... Asensio, lancé par Zidane, a fait beaucoup de mal à Meunier. Enfin, comment expliquer la non-participation à ce match d’Angel Di Maria, le Parisien le plus brillant en 2018, dont la titularisation pour cette rencontre était devenu un débat récurrent ces dernières semaines ?

Pour autant, Emery ne s’est pas démonté et a clairement défendu ses options. « Je crois que Giovani a fait un grand match, Kimpembe aussi. Quand Meunier est entré, nous avons mieux maîtrisé le côté droit. C’était le meilleur moment de l’équipe. C’est quelque chose que nous avions travaillé. Le résultat va nous faire voir des choses différentes... L’équipe a fait un grand match, avec un mauvais résultat, et aurait mérité plus. Pour moi, il faut être positif et optimiste pour le match à Paris. L’équipe a beaucoup d’options pour faire un match complet et surmonter ce retard ». La vision optimiste de l’entraîneur espagnol ne sera pas forcément partagée...