Dans les tribunes du Santiago Bernabéu, dans la salle de presse de l’enceinte madrilène ou même sur les comptes-rendus publiés sur les différents médias ibériques, tout le monde semble unanime : le Real Madrid a réalisé son meilleur match de la saison. Même s’ils ont été rejoints sur la fin avec deux buts coup sur coup de Kylian Mbappé et de Pablo Sarabia, les Merengues ont délivré une rencontre de qualité au niveau du jeu déployé. Ces derniers matches déjà, les sensations laissées par l’équipe de Zinedine Zidane étaient plus que positives, à l’image de cette rencontre brillamment remportée face à la Real Sociedad le week-end dernier (3-1).

On attendait cependant confirmation face à un rival a priori plus prestigieux. Et cette fois, Zinedine Zidane est sorti de sa zone de confort et a surpris du monde, puisqu’il a opté pour un 4-4-2 losange avec Isco en pointe haute de ce diamant, derrière un Hazard très libre et un Karim Benzema qui a lui aussi beaucoup décroché. Premier choix surprenant : celui de ce système tactique finalement assez hybride, puisque les joueurs n’ont pas hésité à changer de positions de façon épisodique, à l’image des deux cités plus haut. On avait déjà un peu vu ce 4-4-2 lors de la pré-saison, avec ce duo composé du Belge et du Français devant, mais il n’avait pas été reconduit depuis. Le Marseillais était effectivement resté fidèle à son 4-3-3.

Isco, la surprise du chef

Ensuite, on a forcément été surpris lorsqu’on a vu un nom aligné sur la pelouse, à savoir celui d’Isco. La presse madrilène avait (très) vaguement évoqué la possibilité de jouer en 4-4-2, mais c’était Modric qui était pressenti pour jouer dans ce cas. Personne n’avait envisagé de voir le joueur formé à Valence démarrer une telle rencontre. Dans le creux de la vague et très peu utilisé - il n’était plus titulaire depuis ce match perdu à Mallorca le 19 octobre - l’Andalou a pourtant été convaincant. Encore loin de son meilleur niveau, physiquement du moins, on l’a senti assez à l’aise dans la moitié de terrain parisienne, laissant des traces de sa qualité technique et de son aisance balle au pied indiscutable. Il a réussi à briser des lignes et combiner à merveille avec ses partenaires, donnant l’impression qu’il était titulaire indiscutable depuis le début de saison.

« On a changé de système, avec un milieu supplémentaire. Isco a été très bon entre les lignes, avec Eden et Karim, c’est ce qu’on cherchait ça, ils ont bien fait les choses », a lancé son entraîneur après la rencontre, satisfait de son pari réussi. Avec quatre milieux, dont la sensation Fede Valverde qui n’est plus à présenter à ce stade de la saison, les Merengues ont effectivement eu bien plus de contrôle que d’habitude et ont pu avoir plus d’impact au milieu. Cela s’est vu quand l’équipe avait la maîtrise du ballon, avec une circulation plus fluide et une possession accrue, puis, par une capacité impressionnante à neutraliser les offensives parisiennes. On a ainsi vu un Idrissa Gueye très en difficulté face au pressing intense exercé par les joueurs de l’entrejeu madrilène, dont un Isco qui n’a pas été avare sur les efforts défensifs avant de sortir en deuxième période.

Hazard en a bénéficié

Ce 4-4-2 a également permis à Hazard d’agir en véritable électron libre et d’être un peu moins excentré sur ce flanc gauche, en plus d’être un peu libéré des tâches créatives, cette fois partagées avec Isco. Résultat, le Belge a réalisé celui qui est incontestablement son meilleur match sous la tunique blanche et dorée, mettant le feu à de nombreuses occasions dans les derniers mètres parisiens. Enfin fit, il en a fait voir de toutes les couleurs à l’arrière-garde parisienne avec ses dribbles et ses combinaisons dans les petits espaces. Il est malheureusement sorti en deuxième période, touché à la cheville droite, mais les supporters madrilènes ont enfin pu avoir un aperçu de ce que sait faire l’ancien de Chelsea.

Ce dernier a été aidé par un Marcelo bien en jambes. Un autre choix tranché de Zinedine Zidane, puisque Ferland Mendy était un candidat sérieux à une place dans le onze titulaire face à Paris. Le Français avait plutôt bien répondu sur la pelouse, lui qui avait démarré les deux derniers matches du 13 fois champion d’Europe, face à Eibar et la Real Sociedad. Dans l’esprit de Zidane, Marcelo reste donc le titulaire à ce poste, et son apport offensif a été précieux face aux Parisiens. Reste maintenant à savoir si le champion du monde 98 reconduira ce système à l’avenir, où s’il s’agissait là d’une mise en place éphémère pour répondre à des besoins spécifiques dans telle rencontre. Zinedine Zidane a en tout cas plus d’un tour dans son sac.