Lundi dernier, le Paris Saint-Germain présentait officiellement son nouvel entraîneur Unai Emery. Quelques heures après, l’Espagnol laissait son costume au vestiaire pour être à l’endroit qu’il préfère, sur le terrain. Des premiers jours au centre d’entraînement Ooredoo au stage de préparation à Schladming en Autriche, l’ancien coach du FC Séville a vite pris ses marques au sein du club de la capitale. Son professionnalisme, son implication et sa communication sont unanimement appréciées. D’ailleurs, il ne demande qu’à ce qu’on ne lui parle qu’en français nous souffle-t-on au sein du club. A cela, il faut aussi ajouter qu’il ouvre toutes ses séances d’entrainement au public en Autriche (une le matin, une en fin d’après-midi). Des séances qui, en plus de poser les bases physiques et tactiques, permettent déjà d’avoir une idée du style et de l’état d’esprit qu’il veut transmettre à ses joueurs. Ce dont le nouvel homme fort du PSG avait déjà parlé lors de sa conférence de presse de présentation au Parc des Princes.

Un PSG agressif

« Je souhaite donner une continuité au bon travail qui a été fait jusqu’ici, et avec mes idées et ma personnalité, bâtir une équipe très agressive, avec beaucoup de personnalité, qui voudra toujours être actrice du jeu, pas seulement en cherchant à gagner, mais aussi en y mettant beaucoup d’énergie, avec un jeu auquel les fans pourront s’identifier (…) On va essayer d’apporter un petit plus, franchir un pas supplémentaire, faire en sorte que chaque joueur développe encore son potentiel. On va travailler l’agressivité, la position sur le terrain, le placement, la domination du jeu, que les joueurs aient vraiment la possibilité de développer leur jeu à travers le collectif. Il faut que l’équipe soit le socle, la base, avec de grandes individualités, mais toujours dans l’esprit d’équipe ». Voyons comment au cours des dix premières séances qu’il a dirigé, Unai Emery joint les actes aux paroles. Avec le style de jeu qu’il veut mettre en place, le coach demandera beaucoup d’efforts à ses joueurs et il les prépare en ce sens. Les séances d’une durée d’1h45 sont toujours très rythmées. Il y a très peu de temps mort. Chaque exercice, de l’échauffement aux oppositions, est fait avec beaucoup d’intensité. Ce qu’apprécient d’ailleurs les joueurs, très rigoureux et studieux. Le staff est toujours derrière à donner des conseils et à encourager les joueurs pour en tirer le meilleur.

Un travail essentiel car Unai Emery l’a dit, il veut une équipe agressive, avec beaucoup d’énergie . C’était le cas lorsqu’il officiait au FC Séville. C’est déjà le cas au PSG. Du toro aux oppositions plus longues, le nouveau staff parisien demande sans cesse aux joueurs d’être très agressifs que ce soit dans les phases offensives comme défensives. C’était par exemple le cas lors de la séance de samedi matin en Autriche. Deux équipes de 4 joueurs s’affrontaient. Les deux gardiens plus un joueur au centre du terrain (c’était un jeune du club) eux évoluaient dans les deux formations. Le but pour l’équipe qui avait la possession était de faire tourner le ballon le plus rapidement possible à une touche de balle. Emery l’a précisé, il veut bâtir une équipe qui soit « toujours actrice ». Lors de cet exercice, le staff leur demandait d’être systématiquement dans l’action, d’attaquer le ballon. Tout le monde devait être en mouvement et se rendre le plus disponible possible. Pour l’équipe en phase défensive, Emery et son adjoint Carcedo n’avaient qu’un seul mot à la bouche « pression ». Dès la perte du ballon, les défenseurs devaient être durs sur l’homme, ne devaient pas laisser à l’adversaire la possibilité de faire une passe facile et devaient anticiper le plus possible tout en veillant aussi à leur placement vis-à-vis de leurs coéquipiers. Le staff a ensuite enchaîné avec une variante de cet exercice. Le but pour les défenseurs, marquer dans l’un des buts sur les côtés du terrain une fois le ballon intercepté. Cela illustre encore la volonté d’Emery et de son staff d’avoir une équipe toujours en action et tournée vers l’offensive.

Un groupe uni

En phase offensive justement, l’entraîneur parisien demande souvent un jeu direct, à une touche de balle. Lors de la reprise lundi, les joueurs par trois devaient enchaîner les passes avant que l’un d’entre eux centre pour le joueur à l’opposée qui devait frapper au but directement. Même consigne vendredi lors d’une opposition sur un terrain réduit entre deux équipes. Samedi encore le staff a mis en place un exercice face au but où là encore la consigne était de ne jouer que vers l’avant et à une touche de balle. Par trois, les joueurs avec tous un chasuble de couleur différente devaient aller au but et celui qui centrait devait servir son coéquipier dont la couleur était annoncée. Les joueurs ont ensuite enchaîné par deux cette fois, l’un devait fixer les plots qui faisaient office d’adversaire puis servir dans la profondeur et surtout dans le bon timing (Emery a insisté là-dessus et a même montré ce qu’il voulait) son coéquipier qui devait frapper sur sa première touche de balle face au gardien sorti pour lui mettre la pression. Plusieurs objectifs avec cet exercice, travailler sur l’efficacité face au but, la qualité (précision de la passe, faire l’appel dans le bon tempo) mais aussi sur la communication. Emery tout comme ses adjoints demandent aux joueurs de beaucoup communiquer entre eux, surtout au moment où ils font des appels.

Enfin dans son discours, le Basque a évoqué la progression individuelle de chacun. A ce sujet, chaque séance est filmée, décortiquée afin d’aider à la progression de chacun, d’adapter les séances suivantes (surtout grâce aux données des GPS) et d’avancer aussi sur les axes collectifs. En parlant de collectif justement, Emery l’a dit il veut un groupe. Cela se ressent aussi dans sa façon d’organiser ses entraînements. Tout est fait pour que les joueurs soient le plus souvent amenés à travailler en groupe. Systématiquement, les joueurs étaient au moins deux par deux ou par groupe de plusieurs lors des premières séances en Autriche. Le but rapprocher son groupe dans l’effort. Mais aussi mettre en place une bonne ambiance. Le staff y contribue aussi en chambrant les joueurs et en mettant en place des exercices beaucoup plus ludiques pour rendre le travail physique moins rébarbatif. Vendredi, les joueurs ont par exemple travaillé avec un ballon de handball en main lors de petits ateliers. Samedi matin, ils ont du faire un échauffement avec des passes à la façon des rubgymen puis un travail de résistance à l’adversaire à deux à la manière des lutteurs. Les rires et les sourires étaient au rendez-vous. Unai Emery et son staff posent les jalons du style de jeu qu’ils veulent mettre en place. Si le vrai travail tactique n’a pas commencé, on décèle déjà quelques prémices du PSG version Emery. Et il faut avouer qu’il montre déjà un visage très séduisant.