Entretien avec... Aurélien Chedjou : « La Juventus, c’est l’équipe de mon enfance »
26/11/2011 - 16 h 29 Foot français » Ligue 1
Aurélien Chedjou se confie pour FM©MaxpppPilier de l'arrière garde de Lille, Aurélien Chedjou est l'une des pièces maîtresses du groupe nordiste. Valeur sûre de la Ligue 1 en défense centrale, le joueur de 26 ans plait d'ailleurs à la Juventus. Pour Foot Mercato, le Lion indomptable revient sur son parcours, sa saison et sur la piste turinoise.
Foot Mercato : Tout d’abord Aurélien, comment allez-vous ?
Aurélien Chedjou : Bien, ça va bien merci.
FM : Lille s’est totalement relancé en Ligue des Champions en l’emportant au CSKA Moscou. Comment avez-vous vécu ce match ?
AC : C’est vrai qu’il fallait vraiment gagner. Maintenant, ça ne servira à rien si on ne gagne pas le dernier match à domicile. On n’est pas encore qualifié, il ne faut donc pas s’enflammer. On l’a préparé comme un match de championnat, avec du sérieux comme on le fait d’habitude. Mais c’est vrai qu’il fallait gagner à tout prix. On s’est dit entre nous qu’on devait montrer un autre visage. Il fallait qu’on aille chercher quelque chose, avec nos tripes, ou en tout cas qu’on sorte du match sans regret.
FM : Avec 2 points en 4 matches, l’affaire était mal embarquée. Là, vous avez désormais votre destin en main pour la qualification en huitièmes de finale...
AC : Oui, ça fait plaisir. On se disait entre nous qu’on avait la capacité de passer dans ce groupe. On faisait à chaque fois de bonnes prestations, mais il n’y avait pas ce petit coup de pouce du destin. Ça a tourné en notre faveur et on a gagné à Moscou. Il faut qu’on continue.
FM : Le manque d’expérience est-il la principale raison des difficultés rencontrées par le LOSC pour s’imposer dans ces matches de Ligue des Champions ?
AC : Ça n’explique peut-être pas tout, mais ça a une grande part de responsabilités. Il ne faut pas oublier que la majorité des joueurs découvrent la Ligue des Champions. Mais il ne faut pas non plus chercher ça comme excuse, même si ça nous a joué des mauvais tours. Quand vous voyez les deux matches qu’on a fait contre l’Inter, sans leur manquer de respect, ce n’est pas le grand Inter.
FM : Il ne reste donc plus qu’un match à domicile contre Trabzonspor. Vous devez être remonté à bloc pour arracher cette qualification...
AC : Oui, bien sûr ! On veut gagner ce match, et continuer à rêver dans cette compétition. Maintenant, on n’y arrivera que si on met les mêmes ingrédients que contre le CSKA.
FM : Le soutien du public sera-t-il déterminant ?
AC : Oui, les supporters sont super importants dans le foot ! Mais si on ne fait pas l’essentiel sur le terrain, ça ne servira à rien. On n’a jamais vu un public mettre un but (rires) ! On joue à domicile, le soutien du public sera important. Mais tout passe d’abord par nous, c’est à nous de faire une bonne prestation.
FM : Quel pourcentage de chances de qualification vous donneriez-vous ?
AC : Moi, je dis que c’est du 50-50. Il ne faut pas manquer de respect aux Turcs, qui ont pris 4 points à l’Inter Milan, il ne faut pas l’oublier. C’est du 50-50, pour le moment c’est eux qui sont qualifiés et nous qui sommes éliminés.
FM : Une non-qualification pour les huitièmes serait-elle une immense désillusion ?
AC : Bien sûr. Ce serait une déception, même le CSKA serait déçu s’il n’était pas qualifié. Le groupe est serré. Au tirage au sort, on voyait qu’on n’était pas dans un groupe avec de gros noms, hormis l’Inter Milan qui était favori. On savait que ça se jouerait entre nous trois. On va tout donner pour les 90 dernières minutes. Mais en tout cas, je ne veux penser qu’à une éventuelle qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions.
FM : Revenons-en au championnat. On sait que hormis l’OL, aucune équipe n’a su conserver son titre ces dernières années en Ligue 1. Est-ce vraiment compliqué d’avoir l’étiquette du champion, du favori ?
AC : On savait bien qu’on allait être attendu à gauche à droite du fait de notre titre de champion. C’est difficile dans la mesure où on vous attend plus. La saison dernière, on avançait plus masqué. On disait qu’on ne jouait pas le titre, mais on gagnait nos matches et les gens ne nous prenaient pas trop au sérieux. Là, on ne peut pas dire qu’on ne veut pas conserver notre titre. Et même si on le disait, les gens savent qu’on est le champion et ils veulent battre le champion. Nos joueurs déterminants sont donc un peu plus surveillés.
FM : Aviez-vous eu peur de la tournure des événements après les départs de Rami, Cabaye et Gervinho ?
AC : Non, le LOSC se portait bien avant qu’on arrive, personne n’est irremplaçable. C’est sûr que ceux qui sont partis ont laissé un grand vide, mais il ne faut pas manquer de respect à ceux qui sont là, car ils ont aussi leurs qualités. Ça change un peu le style de jeu du LOSC, mais la vie de Lille continue. Après les départs que vous avez cité et après nous il y aura une vie au LOSC.
FM : Parmi les nouveaux, on parle beaucoup de Joe Cole. Un joueur que l’on sent déjà comme un poisson dans l’eau dans le Nord...
AC : Depuis qu’il est arrivé, tout se passe bien avec nous. Il vit pour le foot, il sent le foot. Il nous fait profiter de son expérience. Il a vu un bon groupe, très uni, il se fond bien dans le collectif.
FM : Malgré son statut de star, il dégage une simplicité étonnante. Avez-vous été surpris ?
AC : Je ne le connaissais pas, donc du coup oui je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi simple. Tant mieux pour nous au final.
FM : Vous avez 26 ans, au terme de cet exercice vous aurez disputé environ 150 matches de Ligue 1. Est-ce que l’idée d’aller à l’étranger se fait plus présente dans votre esprit ?
AC : C’est vrai qu’il y a des approches, la saison se passe bien. Mais bon, je ne veux pas trop m’évader dans ce genre de pensées. On a beaucoup de choses à jouer, on a la Coupe de France, la Coupe de la Ligue, le championnat et la Ligue des Champions. Je ne veux donc pas trop m’évader. De toute manière, si je suis bon sur le terrain, ça viendra.
FM : On sait tout de même que la Juventus Turin n’est pas insensible à vos charmes. Quel regard portez-vous sur ce club ?
AC : Mes plus proches savent que j’ai grandi avec cette équipe. Je l’ai toujours supportée, je me rappelle des finales perdues contre Dortmund ou le Real Madrid si j’ai bonne mémoire, les demi-finales contre Nantes ou Monaco. Je pourrais vous citer des tas de joueurs de cette vieille Juve. Je ne dirais pas que c’est mon club de cœur, car ça reste le LOSC. Mais la Juventus, c’est l’équipe de mon enfance, et ça fait plaisir d’être cité chez un tel grand nom. Mais je ne me prends pas la tête. J’essaye d’être bon sur le terrain et s’ils viennent, tant mieux pour moi. Pour qu’ils viennent, il faut de toute manière que je sois bon. Je ne suis pas en train de me dire que je veux aller à tout prix à la Juve. S’ils ont besoin de moi, ils viendront voir les dirigeants de Lille. Je joue mon football et si je suis bon, on verra. En tout cas, s’ils viennent, je ne change pas de numéro. Vous pouvez me passer un coup de fil et on en reparlera (rires). Pour l’instant, j’ai la tête au LOSC. J’ai une saison qui se passe bien, j’espère que ça continuera.
FM : Dans votre parcours, vous avez fait une saison à Villarreal. Auriez-vous l’envie de revenir un jour en Liga par la grande porte, histoire de prendre votre revanche ?
AC : Non, aucune revanche à prendre. S’ils ne m’ont pas gardé, c’est peut-être qu’à l’époque je n’avais pas de qualités, je ne sais pas. Et en même temps, s’ils m’avaient conservé, je ne serais peut-être pas champion de France. Il ne faut pas le voir négativement. Moi, je suis en pleine bourre, j’espère que ça va continuer comme ça. La Liga, c’est un championnat que j’aime, mais je dois avouer que ce n’est plus maintenant le championnat que j’aimais tant avant. Pour moi, c’est désormais un championnat qui se joue à deux. Il y a le Real Madrid et le Barça, et après il y a un championnat entre les autres. En Angleterre, c’est beaucoup plus ouvert. En tout cas, pas de revanche. J’ai galéré, certes, mais si je n’avais pas galéré je n’en serais peut-être pas là.
FM : Enfin, un mot sur Eden Hazard, que l’on sait courtisé par de nombreux clubs. Que feriez-vous à sa place ?
AC : Je continuerais à jouer le championnat, et j’attendrais la période propice pour parler d’éventuels intérêts de clubs. Je me concentrerais avant tout sur le championnat, et le moment venu j’en parlerais.
Retrouvez toute l’actualité d’Aurélien Chedjou sur son site internet officiel : aurelienchedjou.com
Khaled Karouri Suivre @khaledmercato
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