Entretien avec... Marama Vahirua : « J’ai eu des contacts avec Marseille et Lille »

Entretien avec... Marama Vahirua : « J’ai eu des contacts avec Marseille et Lille »

09/10/2010 - 18 h 20 Foot français » Ligue 1 Commentaires

Vahirua ne regrette pas son choixVahirua ne regrette pas son choix©Maxppp

Avec un bilan de 292 matches disputés en Ligue 1 pour un total de 67 buts, Marama Vahirua fait partie des tauliers du Paysage Footballistique Français (PFF). Aujourd'hui sous contrat avec Nancy, le roi de la pagaie est pour le moment blessé. Mais pour Foot Mercato, l'attaquant a accepté de revenir sur son début de saison, son mercato, sans oublier de faire un point sur ses anciens clubs.

Foot Mercato : Tout d’abord Marama, comment allez-vous ?

Marama Vahirua : Très bien, merci.

FM : Vous êtes arrivé à Nancy cet été. Quel bilan faîtes-vous de ces premiers mois sous vos nouvelles couleurs ?

MV : C’est vrai qu’on a connu un début de saison difficile. Évidemment, ma situation personnelle va avec celle du collectif. On aurait pu espérer un début de saison meilleur que celui qu’on a fait.

FM : Nancy a perdu tous ses matches à domicile. Comment expliquez-vous les difficultés rencontrées à Marcel-Picot ?

MV : On ne peut pas l’expliquer. Si on avait la solution, on n’en serait sans doute pas là aujourd’hui. C’est vrai que ça commence à être pénible. Si ce n’est pas nous qui nous mettons en danger, c’est un coup du sort qui joue en notre défaveur. Il y a toujours quelque chose qui se passe. Soit on n’est pas bons, et ça nous est déjà arrivé cette saison, soit on n’a pas de réussite et ça ne nous aide pas non plus dans cette situation.

FM : Vous avez perdu le week-end dernier contre Lyon, malgré un match plein. Une défaite qui doit laisser quelques regrets...

MV : Oui, c’est sûr qu’on est hyper déçus d’avoir perdu une nouvelle fois chez nous, surtout après notre prestation. On est bien déçus. Autant les autres matches on méritait de les perdre, autant contre Lyon on est sorti du match avec un sentiment amer. Mais c’est partagé, parce qu’on a fait notre meilleur match à Picot mais il y a à la fois le résultat négatif. Je pense qu’on va retenir la défaite et rien d’autre.

FM : La pelouse synthétique installée cet été fait énormément jaser. Qu’en pensez-vous ?

MV : C’est sûr que ce n’est pas évident de jouer sur une pelouse synthétique. C’est clair qu’actuellement, ça ne nous aide pas énormément. On préfère tous jouer sur une pelouse normale, sur une vraie pelouse. Mais il est vrai que quand il va pleuvoir pendant tous les jours de la semaine, on sera content de jouer sur un synthétique où là le terrain permettra encore de jouer au foot.

FM : Concrètement, quels changements nécessitent ce type de pelouse pour un joueur ?

MV : Ça change tout. Les appuis changent, la façon de jouer change parce que le ballon ne glisse pas pareil que sur une pelouse normale. Il est beaucoup plus vivant, il va beaucoup plus vite. Il faut donc s’adapter et aller beaucoup plus vite aussi. Quand on fait un appui, ce n’est pas le même. Avec une pelouse normale, il y a toujours une petite motte de terre qui vient quand on fait un appui donc on est plus ou moins amorti. Alors que sur un synthétique, il n’y a pas ça. Les appuis changent et, les articulations s’en ressentent aussi automatiquement. On expose beaucoup plus nos articulations donc à la fin du match on ressent beaucoup plus l’effet du synthétique.

FM : À titre personnel, vous n’êtes donc pas très favorable au synthétique...

MV : Pour moi qui suis un ancien, c’est sûr que je préfère jouer sur une pelouse normale. Mais comme je l’ai dit aussi, je sais très bien qu’au mois de novembre, les conditions vont commencer à être difficiles. Aujourd’hui, c’est vrai que je préfère jouer sur une vraie pelouse. Mais quand il va bien pleuvoir, neiger ou même geler, on sera bien content de l’avoir cette pelouse.

FM : Malgré ce début d’exercice peu évident, quels sont vos objectifs pour le reste de la saison ?

MV : Vu notre début de saison, l’objectif c’est sûr que c’est les 42 points avant tout. La politique du club est assez saine, mais on ne va pas avoir les yeux plus gros que le ventre comme on dit. On vise les 42 points, et ensuite on verra. De toute façon, comme je le dis toujours, prenons d’abord les 42 points et ce qu’on aura en plus, ça ne sera que du bonus surtout pour un club comme le nôtre. On ne peut pas dire qu’on va jouer les 6-7 premières places.

FM : Et quels sont vos objectifs personnels ?

MV : Mon objectif, c’est de bien réussir avec mon nouveau club. C’est sûr que j’ai envie de bien faire. Automatiquement, ça amène beaucoup plus d’efforts. J’ai donc envie de faire une très bonne saison. Pourquoi pas faire plus ou moins une saison similaire à celle de l’année dernière, même si c’est vrai que j’avais commencé fort.

FM : On ne vous a pas encore vu pagayer sur le synthétique, ça doit vous démanger...

MV : (rires) Oui ! C’est sûr que j’ai envie de marquer devant mon public, mon nouveau public, et montrer que le club a eu raison de me prendre. C’est quelque chose que j’attends et j’ai hâte de mettre mon premier coup de pagaie à Picot.

Retour sur son mercato

FM : Vous qui étiez en fin de contrat avec Lorient, pourquoi avoir choisi Nancy ?

MV : J’étais en fin de contrat. Donc automatiquement, les offres étaient plus intéressantes ailleurs. Moi, ma première idée était de prolonger. Mais ça a pris un peu trop de temps à mon goût. Ils sont venus me voir un peu trop tard parce que j’avais déjà quelques contacts avancés. Les négociations avec Lorient n’ayant ensuite pas abouti, j’ai préféré signer à Nancy. On s’est tout de suite mis d’accord. Il n’y a pas eu de soucis, que ce soit sur le plan sportif ou financier. J’ai donc préféré assurer le coup que d’attendre parce que ce n’était pas évident.

FM : Avez-vous été contacté par d’autres clubs ?

MV : Oui, bien sûr. J’ai eu plusieurs contacts, avec Marseille ou Lille. Mais le contact réel avec une offre, c’est avec Nancy que je l’ai eu. Pour les autres contacts, ils préféraient attendre le mois de mars ou le mois d’avril pour prendre une décision. Mais moi, j’avais envie de me décider tout de suite. J’ai eu une offre de Nancy, donc je n’ai pas voulu attendre et perdre Nancy. Le discours du président et du coach m’a plu. Aujourd’hui, je ne regrette rien parce qu’ils ont toujours le même discours. Je suis très content, j’ai bien fait de choisir assez rapidement.

FM : Vous ne nourrissez donc aucun regret à l’idée de ne pas avoir attendu Marseille ou Lille ?

MV : Non, je suis content d’être dans un club comme Nancy. C’est un club qui me va très bien, avec une très bonne ambiance et avec les structures qu’il faut. C’est un club qui ne demande qu’à progresser et j’aime bien être dans des clubs comme ça avec une ambiance familiale mais où il faut bosser, on ne rigole pas. Ça me convient tout à fait.

FM : Vous n’avez toujours pas connu l’étranger. Est-ce une possibilité pour votre fin de carrière ?

MV : Oui, pourquoi pas. Mais je suis beaucoup plus tenté à l’idée d’aller aux États-Unis. C’est vraiment un pays qui m’attire énormément. J’irais bien faire un petit tour là-bas aux États-Unis. Mais aussi au Qatar, pourquoi pas. Pratiquement tout le monde finit sa carrière là-bas aujourd’hui donc pourquoi pas.

Son regard sur ses anciens clubs

FM : Vous qui avez joué à Lorient, quel regard portez-vous sur les Merlus ?

MV : C’est sûr que j’ai toujours une attache avec ce club. On a vécu de très bons moments, surtout l’année dernière où il y a vraiment eu une cohésion entre nous, le public, le staff et tout le monde. Ça a vraiment été notre plus belle saison. Le regard que j’ai aujourd’hui est assez lointain mais en même temps je les suis toujours. Eux aussi ont eu un début de saison assez difficile mais je ne m’inquiète pas. Connaissant le coach et les joueurs qu’ils ont, ils ont une très belle équipe et ça va prendre.

FM : Kevin Gameiro a été appelé chez les Bleus par Laurent Blanc. Vous qui avez longtemps évolué à ses côtés, comment jugez-vous son ascension ?

MV : C’est assez normal ce qui lui arrive aujourd’hui. Depuis qu’il est à Lorient, il ne fait que prouver les attentes que le club a fondé en lui. Chaque saison, il montre à tout le monde que les dirigeants lorientais ont raison. On dit à chaque fois « Oui mais il faut prouver ». Et bien je pense que là il a assez prouvé. Laurent Blanc l’a compris.

FM : Vous vous êtes fait un nom sous le maillot de Nantes. Que vous inspire ce club qui végète aujourd’hui en Ligue 2 ?

MV : Comme je l’avais dit à l’époque, faire l’ascenseur entre la Ligue 1 et la Ligue 2 comme ils l’ont fait, ça peut être très dangereux. Ça pouvait être le danger pour un club comme Nantes. Ça pouvait devenir un club de Ligue 2. Et c’est exactement ce qui leur arrive. Ce n’est pas évident. Le championnat de Ligue 2 est hyper difficile. Quand on descend en Ligue 2, ça n’est pas forcément facile de remonter. On peut le voir avec Guingamp. Ils ont du mal à remonter depuis l’époque Drogba. Pour Nantes, c’est un peu la même chose. J’espère en tout cas qu’ils vont remonter le plus tôt possible. Je suis toujours attaché à ce club.

Khaled Karouri

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