Johan Micoud, victime du syndrome des expatriés ?

Johan Micoud, victime du syndrome des expatriés ?

17/05/2008 - 17 h 30 Foot français » Ligue 1 Commentaires

©Maxppp

Attendu comme le messie pour son retour chez les Girondins de Bordeaux la saison dernière, Johan Micoud n’a pas évolué au niveau qui était le sien au Werder Brême, et qui lui avait valu l’intérêt de clubs aussi prestigieux que le Bayern Munich.

Preuve des problèmes rencontrés à cette époque, cette déclaration qui résumait l’état d’esprit du joueur « Vous savez bien ce qu’on dit de moi : je suis hautain, distant... On me colle une image qui ne me correspond pas. Il faut arrêter de parler de Micoud, de l’avant et de l’après-Micoud. À force, ça devient lourd. Les Micoud ! Micoud ! Micoud ! me gênent vis-à-vis des autres. Parlez moins de Micoud et plus des Girondins ».


Le retour en forme cette saison

L’exercice en cours marque le retour au premier plan du stratège. La récente affaire d’arbitrage dans laquelle il était au centre des débats (Micoud a simulé et obtenu un penalty qui a permis la victoire de Bordeaux face à Nancy) entachera sa saison dans la perception de ceux qui se la jouent puristes, mais pas celle de son club dont il est l’un des grands artisans de la réussite.

Grâce à sa technique et son efficacité (5 buts), on a retrouvé "le Zidane de la Weiser", comme il était surnommé à Brême, et sur lequel reposait la responsabilité du jeu de l’équipe allemande. Véritable patron de la formation bordelaise, il a servi de guide à Laurent Blanc sur le terrain, adoptant même parfois la tenue de Zorro comme le prouve le but inscrit en fin de partie contre Toulouse lors de la 34e journée du championnat. Cette réalisation reflétait le nouvel état d’esprit du meneur de jeu, qui se mettait au diapason du challenge de la Ligue des Champions qui fera partie du menu des Girondins la saison prochaine.


La désillusion

Malheureusement pour Micoud, en fin de contrat avec les Girondins au mois de juin, Laurent Blanc a décidé de ne pas le conserver. Une décision qui n’est pas calquée sur les performances du joueur, mais peut-être par un souci d’économie (l’un des salaires les plus importants de l’effectif) et le désir de faire confiance à une jeune recrue incarnant l’avenir. Aucune autre proposition n’a été faite à l’ancien joueur du Werder (même pas une éventuelle baisse de salaire : « La question ne s’est pas posée » a-t-il indiqué), sinon la sortie accompagnée d’un joli bouquet de fleurs.

Dans ces situations le paramètre sportif devrait l’emporter sur tous les autres aspects. Bordeaux aura-t-il besoin du talent et de l’expérience du milieu offensif pour la C1 ? Oui. Dans cette compétition aux étoiles, où l’expérience et la classe sont des variables fondamentales, la présence de Micoud aurait été la première assurance du club du président Triaud.

L’étonnant syndrome des expatriés

Quand on voit le traitement que Sir Alex Ferguson le manager de Manchester United réserve à Paul Scholes (33 ans) et Ryan Giggs (34 ans), et les résultats qu’il en tire, on ne peut que s’’étonner du traitement fait à nos "seniors" expatriés du football francais. Adulés dans les autres pays, la France a un vrai problème avec ses anciens qui évoluent à l’étranger qui bénéficient tojours d’un traitement toujours particulier lorsqu’ils décident de boucler la boucle dans l’Hexagone.

Après les échecs Lizarazu et Leboeuf, voici un nouvel exemple d’un retour raté. Il ne faut donc pas s’étonner de voir si peu d’internationaux tricolores revenir terminer leur carrière en France...

Aristide Mamilo

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