Les conférences de presse de Franck Passi se suivent et se ressemblent. Le ton est grave. Mardi, l’entraîneur de l’Olympique de Marseille pointait du doigt les critiques médiatiques, imméritées selon lui, au sujet du jeu de son équipe. Mercredi soir, au sortir de la défaite sur la pelouse du Stade Rennais (3-2, 6e journée de Ligue 1), le coach phocéen faisait encore grise mine. Cette fois, c’est à ses joueurs, sans nommer ouvertement les intéressés, qu’il en voulait. « On a fait beaucoup trop d’erreurs pour pouvoir gagner. Le premier but, le deuxième, l’expulsion... Cela ne doit pas arriver à ce niveau. (...) Je n’étais pas dans un mode de les rassurer. À la fin du match, j’étais en colère. Je le suis toujours,même si je n’accable personne. Mais je les mets devant leurs responsabilités », a-t-il confié.

Mais si le technicien olympien ne balance pas, deux éléments sont pointés du doigt par les observateurs : Zinedine Machach, expulsé bêtement pour deux avertissements (56e, 65e), et surtout, Tomas Hubocan. Le défenseur, titulaire depuis le début de la saison en charnière centrale, a commis deux erreurs grossières au Roazhon Park. Deux boulettes - une passe en retrait mal assurée de la tête pour Yohan Pelé que Giovani Sio a intercepté pour ouvrir le score (41e) puis une énorme faute sur Ludovic Baal synonyme de penalty et d’égalisation pour Kamil Grosicki (85e s. p.) - qui coûtent un résultat à son équipe. Un coupable idéal pour la critique, qui n’épargne pas le moins du monde l’international slovaque (47 sélections) de 31 ans ce jeudi.

Le retour de Rolando, ancien paria, est même réclamé !

« Hubocan, quel cauchemar ! », lâche tout bonnement La Provence, qui lui a accordé la note de 1/10 ! Le quotidien régional n’a pas du tout apprécié la prestation du natif de Zilina. « Le Slovaque a commis une énorme boulette et provoqué un penalty. C’est trop pour un international. (...) Le Slovaque est un gladiateur. Mais cela ne suffit pas à en faire un bon footballeur, et encore moins un défenseur sur qui une équipe peut s’appuyer. S’il se jette dans la bataille comme un lion, il est surtout capable de commettre d’énormes boulettes (...). Il n’est tout simplement pas au niveau », peut-on lire. Un constat partagé par La Marseillaise, plus concise. « Un cauchemar pour lui. Auteur de deux fautes qui coûtent la victoire à son équipe », écrit le journal local, sobrement.

Arrivé libre du Dinamo Moscou après un Euro 2016 assez intéressant en France avec sa sélection, le n° 15 marseillais, pas forcément très convaincant depuis cet été, va devoir s’arracher pour se racheter aux yeux des supporters et des observateurs, qui, pour certains, réclament le retour de Rolando (31 ans), mis au placard depuis le mercato... et lui aussi bousculé par la critique la saison passée. « C’est impossible de bien figurer en Ligue 1 avec une défense d’une telle faiblesse. Alors, on est bien d’accord que Rolando, ce n’est pas Sergio Ramos ni Pepe. Mais c’est quand même mieux qu’Hubocan ou Sarr bricolé en position de latéral droit », lâche par exemple le consultant Canal + Pierre Ménès sur son blog. Passi a tenté de défendre Tomas Hubocan comme il pouvait à l’issue de la rencontre. « Lorsqu’on passe à côté d’un match, l’entraîneur est là pour essayer de recoller les morceaux et rendre le joueur de nouveau compétitif rapidement. Je ne vais pas l’accabler », a-t-il lancé. Il n’en pensait sans doute pas moins...