C’était l’heure du choc dans cette 30e journée de Ligue 1. Dix jours après sa sortie tonitruante de la Ligue des Champions à Barcelone, le PSG recevait l’OL dans une rencontre qui pourrait bien conditionner le reste de la saison pour les deux équipes. Paris était dans l’obligation de l’emporter pour tenir l’incroyable cadence de Monaco, vainqueur un peu plus tôt à Caen. Emery faisait confiance à Verratti, Rabiot et Pastore au milieu et à Draxler, Di Maria et Cavani devant. Aurier et Maxwell occupaient les côtés de la défense. Les Gones aussi devaient ramener un résultat de la capitale. Genesio opérait quelques changements par rapport à l’équipe qui s’est qualifiée à la Roma avec notamment un trio Valbuena-Fekir-Memphis en soutien de Lacazette, et une ligne Gonalons-Tolisso devant la défense.

Paris, qui n’avait toujours dominé un membre du top 5 en championnat dans son stade cette saison, entamait la rencontre de la pire des manières. Fébriles sur corners, les Parisiens se faisaient surprendre avec ce duel remporté par Rafael sur Marquinhos et Lacazette qui jaillissait au deuxième poteau pour ouvrir le score (0-1, 6e). Bis repetita trois minutes plus tard sauf que cette fois-ci, c’est Diakhaby qui envoyait sa tête vers le but. Trapp passait au travers mais Maxwell le suppléait sur sa ligne (9e). Les joueurs franciliens semblaient particulièrement nerveux en ce début de rencontre. Ils accumulaient les erreurs et n’hésitaient pas à vociférer sur l’arbitre. Cela valait d’ailleurs un avertissement à Cavani (20e).

Quand Pastore brille, Paris gagne

Le PSG se mettait alors à jouer son jeu même si pas mal d’interventions se faisaient à l’arrache. L’OL avait clairement la place de faire le break seulement Pastore entrait en scène. Après un appui sur Di Maria, il trouvait Rabiot au second poteau qui égalisait (1-1, 33e). Soulagés, les champions de France en titre poussaient avec cette frappe enroulée de Di Maria (37e). Les Gones s’offraient une grosse opportunité en contre. Après un mouvement bien mené, Lacazette alertait Depay dans la profondeur qui s’écroulait dans son duel avec Trapp (39e). L’arbitre ne bronchait pas, à juste titre. Sur l’action suivante, Pastore s’offrait sa seconde passe décisive de la soirée pour Draxler dont le plat du pied faisait mouche (2-1, 40e).

De retour des vestiaires, le PSG montait en puissance à l’image de Rabiot et Aurier qui se démultipliaient sur le terrain. Malgré leur supériorité sur le terrain, les Parisiens peinaient à se montrer dangereux aux abords de la surface lyonnaise et ils se trouvaient encore à porter de fusil de leurs adversaires. Les belles actions s’enchaînaient comme ce piqué de Pastore pour la volée manquée de Cavani (61e) seulement cela manquait un peu de rythme alors que la sortie de Lacazette sur blessure (52e) avait réduit au silence la puissance de feu des Gones. Il y avait bien cette frappe trop croisée de Di Maria (75e), celle de Matuidi en bout de course (83e) ou encore cette passe dans la surface mal assurée de Lucas pour Cavani (88e) pour animer la fin de rencontre, mais les deux équipes acceptaient ce score et se quittaient là-dessus. Avec ses trois points de retard, Paris ne lâche pas Monaco tandis que l’OL dit définitivement adieu au podium.

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L’homme du match : Pastore (8) : sur le papier, il était titulaire dans le milieu à trois mais rapidement on l’a vu se balader là où bon lui semblait. Assez combattif, alors que ce n’est pas son registre, en début de rencontre, cela lui a permis de se mettre dans le bain car après cela, l’ancien de Palerme a régné sur la rencontre. Auteur de gestes magnifiques, Javier Ier a débloqué la situation pour son équipe en offrant deux passes décisives à Rabiot (33e) et Draxler (40e). Il aurait même pu améliorer ses stats si Cavani avait cadré sa reprise (61e). Sorti sous les ovations du Parc et remplacé par Lucas (79e) qui manque une bonne passe pour un Cavani lancé (88e).

PSG :

- Trapp (5) : battu sans qu’il n’y puisse grand-chose sur le but de Lacazette (6e), il passe au travers sur la tête cadrée de Diakhaby (9e) mais voit Maxwell le sauver. Le gardien allemand a ensuite eu l’intelligence de ne pas se jeter face à Depay (39e). Derrière, il n’a pas beaucoup été mis à contribution. Il repousse ce centre dangereux de Morel (50e) avant de passer la seconde période au chômage technique. Son jeu au pied a été bon.

- Aurier (6,5) : il a vécu un début de rencontre compliqué entre des prises de balle hésitantes et des erreurs inhabituelles comme des pertes de balle (11e). L’Ivoirien a eu le mérite de ne pas lâcher et de se remettre dans le match. Il effectue par la suite un bon retour dans les pieds de Memphis (19e) et parvient à se projeter à plusieurs reprises vers l’avant (36e, 59e). S’il a parfois réalisé des gestes improbables comme ce dégagement manqué (82e), il a surtout récupéré de très nombreux ballons (20).

- Marquinhos (6) : le défenseur ne semble pas encore remis de la déroute du Camp Nou. Il réalise de bonnes choses mais effectue aussi des interventions qui ne lui ressemblent pas. Auteur d’un gros pressing sur les attaquants lyonnais à certains moments, il est souvent sorti de sa ligne pour faire le surnombre au milieu. Propre à la relance (49e), il a en revanche souffert dans le domaine aérien comme face à Rafael (6e) et Diakhaby (9e) et n’a pas toujours bien lu les trajectoires adverses.

- Thiago Silva (6,5) : il ne semble pas respirer la sérénité qui le traduit habituellement. Le capitaine parisien a affiché sa nervosité à quelques reprises notamment en début de rencontre. Même techniquement et dans les airs, on ne l’a pas senti en totale maîtrise. Il a notamment perdu quelques duels même si il a globalement été propre une fois le ballon dans ses pieds. Plus le match avançait et plus ça allait pour lui. Il coupe d’ailleurs quelques centres dangereux en fin de rencontre.

- Maxwell (6) : de retour dans le onze de départ, le vétéran s’est montré plutôt discret et pour cause, il a rarement été inquiété et ne s’est pas beaucoup distingué dans son couloir. Le Brésilien est dépassé par Lacazette sur l’ouverture du score (6e) mais il sauve son camp sur la tête de Diakhaby (9e). Offensivement, on ne l’a pas assez vu à part sur ces centres bien exécutés (30e, 74e). Il a fait le travail sans briller.

- Verratti (6,5) : omniprésent au milieu de terrain tant en phases offensives que défensives mais contrairement à d’habitude, le petit italien a affiché pas mal de déchet. Ses passes n’ont pas toujours trouvé preneur et il a aussi affiché beaucoup de nervosité. Pourtant, c’est souvent de lui que le PSG déclenchait ses actions. Sa complicité avec Rabiot et Pastore est évidente (17e, 37e, 61e). Il a beaucoup couru après ses adversaires pour combler les espaces. Remplacé par Motta (89e).

- Rabiot (7) : averti très tôt dans le match pour un pied trop haut (15e), le milieu de terrain n’a pas été handicapé outre mesure par cet avertissement. Son début de match n’est pas bon car il était trop imprécis dans ses passes. Il a fallu attendre vingt bonnes minutes de jeu pour le voir se mettre en route. Il égalise sur ce service de Pastore (33e) puis affiche son tempérament en récupérant énormément de ballons (22). Il a aussi su se projeter et apporter le surnombre devant (42e, 57e). Gros match.

- Pastore (8) : voir ci-dessus.

- Di Maria (6) : l’Argentin aura été sur courant alternatif ce soir. Dans un premier temps, il a beaucoup tenté mais il ratait à peu près tout puisque ses ballons dangereux ne trouvaient pas preneur. Avec la montée en régime de Pastore, il s’est mis au diapason. Le joueur formé à Rosario combine notamment très bien avec l’homme du match sur le premier but (33e). Il a donné plus de liant au jeu de son équipe au fur et à mesure du match. Deux fois il manque le but : la première fois, Lopes lui barre la route (37e), la seconde fois, il manque le cadre d’un rien (75e).

- Cavani (5,5) : buteur en moyenne une fois par match depuis le début de la saison, el Matador a cette fois-ci réalisé un match très étrange. Il n’a quasiment jamais eu l’opportunité de trouver l’ouverture, à part sur ce ballon difficile à reprendre de Pastore (61e), et s’est contenté d’un rôle obscur. Il a pressé la défense, s’est battu comme un chien pour faire monter son bloc sur des ballons presque injouables. Averti pour contestations (20e), l’Uruguayen a passé une soirée frustrante car même Lucas n’a pas été assez adroit pour lui permettre de marquer (88e).

- Draxler (6,5) : auteur de la première frappe du match (2e), on pensait alors que l’international allemand lançait son match mais en réalité, il a été plutôt discret. Il n’effectuait pas toujours les bons choix comme sur cette percée côté gauche où il préfère y aller seul (23e). Tout de même, sans toucher beaucoup de ballons, il a été plutôt été propre à l’image de son but qui a donné l’avantage au PSG. Remplacé par Matuidi (54e) qui a beaucoup couru. Il manque aussi sa frappe (83e).

OL :

- Lopes (6) : match frustrant pour lui puisque les rares tentatives parisiennes étaient souvent imparables ce soir. S’il ne peut effectivement tout d’abord pas grand chose sur la frappe croisée de Rabiot (33e), il s’envole magnifiquement dans le ciel de la capitale sur une frappe de Di Maria (37e). La frappe en une touche de Draxler ne laisse également aucune chance (40e). Tout heureux de voir la frappe de Di Maria frôler son poteau (75e). De bonnes sorties dans les airs et un jeu au pied propre.

- Rafael (6) : match très sérieux du latéral droit brésilien qui avait été préféré à Jallet par Genesio. Catégorique dans ses initiatives défensives. Il n’aura néanmoins pas trop apporté devant, même si c’est lui qui coupe bien au premier poteau sur un corner de Valbuena pour mettre Lacazette dans les meilleures dispositions pour ouvrir le score (6e).

- Mapou (6,5) : l’ancien Giallorosso peut rentrer chez lui et embrasser sa femme avec le sentiment du devoir bien fait. Il a gagné un nombre exubérant de duels de la tête, spécifiquement dans sa surface de réparation. Continuellement bien placé, il a coupé un nombre abondant de transmissions parisiennes.

- Diakhaby (5,5) : personne n’aurait parié sur lui en début de saison mais il s’impose désormais comme un pilier du onze lyonnais. Toujours aussi impressionnant sur les phases arrêtées offensives, situations dans lesquelles il aura réellement donné du fil à retordre à son garde du corps Thiago Silva. Il se perd un petit peu dans le couloir gauche sur le but de Rabiot (33e) et permet aux Parisiens de créer le décalage nécessaire.

- Morel (6) : monsieur propre s’est fait des implants capillaires et il ressemble de plus en plus à Jérémy Morel. L’ancien chouchou de Marcelo Bielsa a fréquemment bien senti le jeu ce qui lui a permis de récupérer pas mal de ballons et de compenser son manque de vitesse. Il a apporté son soutien à maintes reprises lors des phases d’attaque rhodanienne.

- Gonalons (6,5) : souvent mis en difficulté cette saison, le capitaine des Gones a été à la hauteur de ce grand événement ce soir. Il a couramment mis le pied sur le ballon au milieu de terrain et ses aptitudes techniques lui ont donné la possibilité d’apporter de jolies relances.

- Tolisso (4) : appelé pour la toute première fois de sa jeune carrière chez les A en Équipe de France, il a été un petit peu en dessous ce soir. On l’a connu plus inspiré dans ses transmissions, il a souvent été à contre temps dans les combinaisons avec ses coéquipiers. Dans ses duels avec les milieux adverses, il est souvent sorti perdant. L’accumulation des matchs de ses dernières semaines commence à se faire ressentir pour lui.

- Valbuena (5,5) : très intéressant en début de match où il organisait bien les offensives lyonnaises dans les temps forts de son équipe. Ses petits crochets et ses passes ont souvent été brillants. Mais il a un peu disparu par la suite. Il a vraiment excellé dans sa manière de frapper les coups de pied arrêtés, comme son corner qui amène l’ouverture du score de Lacazette (6e). Remplacé par Ghezzal (64e) qui n’a pas suffisamment réussi à redonner du peps au jeu de l’OL.

- Fekir (4) : ses deux entrées face à la Roma en Ligue Europa avaient convaincu son entraineur de le titulariser ce soir. Mais l’international français n’a pas forcément donné raison à Genesio ce soir. Il a peu pesé sur les événements et n’a pas suffisamment posé de problèmes à l’arrière garde parisienne. Il n’arrive pas à cadrer sa demi-volée alors qu’il y avait vraiment une bonne opportunité pour égaliser à (2-2 ; 50e).

- Memphis (5) : la recrue phare du dernier mercato prouve une nouvelle fois qu’il est dans une forme physique optimale, mais il reste encore un peu trop brouillon parfois. Avec un petit peu plus de vice et d’expérience il aurait pu obtenir un penalty quand il tombe en effaçant Trapp (39e). Pour le reste, le Néerlandais a été assez remuant dans son couloir gauche, même s’il aurait pu en faire plus pour poser des problèmes à Aurier. Difficile à blâmer pour son travail défensif qui a été assez remarquable. Remplacé par Cornet (77e) qui n’a rien fait pour aider son équipe à revenir au score.

- Lacazette (6) : tout avait pourtant si bien commencé pour lui lorsqu’il marque rapidement en sentant bien le coup en deuxième poteau sur corner (6e). Le premier but de sa carrière en championnat contre le PSG. Mais il a par la suite eu beaucoup de mal à se montrer dangereux. Il se blesse surement en perdant un ballon devant sa surface en première mi-temps. En serrant les dents il a réussi à finir la première mi-temps et commencer la seconde. Mais Genesio est obligé de le sortir (52e) et de le remplacer par Darder (52e). Le milieu offensif espagnol s’est bien déplacé entre les lignes parisiennes mais il n’a pas fait de grandes différences.