Cela ressemblait à une belle histoire. Avant l’arrivée de Frank McCourt et son OM Champions Project, Vincent Labrune avait tenté de redorer l’effectif marseillais en présentant à la fois, en début de saison 2015-2016, Abou Diaby et Lassana Diarra. La perspective de voir ce duo aligné dans l’entrejeu olympien fait rêver le public de l’Orange Vélodrome. Bien sûr, personne n’est dupe quant à la condition d’Abou Diaby et c’est surtout la présence de Lassana Diarra qui fait saliver. D’autant que l’ancien Madrilène va vite montrer de quoi il est capable. Pour son premier match, le 23 août face à Troyes, il décoche une frappe énorme qui fait mouche. L’OM s’impose 6-0 et Lassana Diarra livre une partition de haut niveau.

S’ensuivent alors quatre mois de très bonne facture, où il s’impose comme le patron de l’entrejeu mais aussi du vestiaire marseillais. Très écouté, il partage son expérience, et séduit aussi les journalistes par son franc-parler. Malheureusement, les résultats de l’OM, alors entraîné par Michel, ne suivent pas. Dès le mois de janvier 2016, Lassana Diarra s’interroge sur son avenir à l’OM. L’information concernant sa clause de départ (pour zéro euro), n’a pas encore filtré mais lui se demande quel chemin est en train d’emprunter le club phocéen, d’autant qu’il est surpris par le manque de sérieux de certains éléments. À ce moment-là, il est encore adoré et estimé par les supporters.

De l’amour au rejet

Au cours de la deuxième partie de saison, cela s’étiole un peu. Moins performant, victime de blessures qui le freinent, Diarra ne se presse pas pour revenir. Et puis l’intérêt du PSG apparaît, faisant craindre le pire aux supporters olympiens. Le pire va finalement arriver de Lassana Diarra lui-même, qui va officialiser l’existence d’une clause en plus de son envie de départ. Dès lors, il se coupe d’une partie du public et lance son bras de fer avec la direction du club olympien. Vincent Labrune résiste, conscient que les performances du joueur l’ont rendu bien plus bankable que prévu.

Alors qu’un départ apparaît inévitable durant le mercato estival 2016, Lassana Diarra ne trouve pas preneur, handicapé par la sanction des 10 M€ à payer au Lokomotiv Moscou. Lui cherche un club qui acceptera de régler l’amende, mais se refuse à rejoindre la Chine ou d’autres destinations exotiques. Des contacts sont noués avec des clubs anglais, mais ses exigences refroidissent les courtisans. Le voilà donc qui repart, bon gré mal gré, avec l’OM. La préparation estivale effectuée, il redémarre dans la peau d’un titulaire mais quelque chose est brisée. Lassana Diarra n’a plus la tête au jeu, pollué par ses histoires d’argent, par ses envies de départ. Peu à peu, malgré un statut de capitaine offert par ses coéquipiers, il se met en retrait.

L’arrivée du nouveau projet, porté par Frank McCourt et personnalisé par Jacques-Henri Eyraud, laisse penser à une issue positive. Rudi Garcia tente de le remettre dans le bain mais c’est déjà trop tard. L’entraîneur protège d’abord le joueur, puis en fait un remplaçant quand il est disponible, avant de finalement laisser son président mettre un terme à la mascarade, malgré les tentatives -vaines- de Bafétimbi Gomis et de Patrice Evra pour convaincre Diarra de rester. Mardi soir, elle a officiellement pris fin avec la résiliation du contrat du joueur. À 31 ans, le voilà à nouveau libre après un énième conflit avec un club. Il aurait pu être un héros du peuple phocéen, il est finalement parti par la petite porte.