Foot Mercato : dans quel état d’esprit êtes-vous revenu de vos vacances ?

Alexis Thébaux : je suis parti avec mon épouse à l’étranger, tranquillement. Et je suis revenu avec plein de bonne volonté. C’est sûr que la reprise est un peu difficile quand on sait qu’on va jouer en Ligue 2. On a un peu de colère en soi. Mais aujourd’hui, je suis à 200% avec Brest même si forcément je suis à l’écoute si d’éventuels clubs se manifestent.

FM : racontez-nous votre saison 2012/2013, un exercice dur pour Brest ?

AT : jusqu’à fin janvier tout allait. Jusqu’au moment où Eden Ben Basat, notre buteur fétiche nous a laissés. Ça a été très compliqué par la suite. Sachant qu’il était en réussite, depuis le début de la saison il avait inscrit 9 ou 10 buts je crois. C’est lui qui nous tirait vers le haut donc quand on perd un élément pareil… Même avec lui, on savait que ça allait être compliqué jusqu’au bout, mais sans lui, la tâche devenait très, très compliquée. Après ce n’est pas très difficile, il n’y a qu’à voir nos statistiques. Avec Ben Basat on a gagné huit matches je crois. Sans lui on en a gagné un. Ça a été l’élément déclencheur, une énorme perte pour nous.

FM : le groupe savait que Ben Basat allait partir en plein milieu de saison ?

AT : non, ça a été un peu une surprise. On espérait tous qu’Eden allait rester avec nous jusqu’au bout parce qu’il était en fin de contrat. C’était une chance supplémentaire de se maintenir. C’était la décision de l’ancienne direction, de l’ancien staff. On ne peut plus rien y faire.

FM : comment avez-vous vécu les six derniers mois de la saison ?

AT : d’un point de vue personnel, ma saison a été à peu près bonne. C’est sûr que les deux derniers mois ont été très compliqués pour toute l’équipe et pour moi aussi. On ne gagnait pas un match, on perdait toujours un ou deux zéro. On prenait des vagues, on subissait beaucoup et on était en manque de confiance, de beaucoup de choses. Ça a été une année galère, mais, malgré tout, très riche en enseignements. Il faut tourner la page, passer à autre chose. Aujourd’hui, il y a des ambitions avec Alex Dupont qui est un entraîneur qui va nous apprendre beaucoup de choses. On a forcément envie de faire une grande saison, de retrouver la Ligue 1. Après, d’un point de vue personnel, je reste un grand compétiteur. J’aimerais retrouver la Ligue 1, évidemment le plus rapidement possible. Je m’investis dans le projet de Brest en attendant qu’il y ait quelque chose.

FM : vous vous sentez à faire une saison en Ligue 2 avec Brest ?

AT : aujourd’hui, vu le marché des gardiens qui est très compliqué, qui ne bouge pas… Quand on voit des gardiens comme moi ou Yohann Thuram qui restons dans nos clubs en Ligue 2 parce qu’il ne se passe rien… C’est un peu bizarre, mais c’est comme ça. Aujourd’hui, je me mets dans la tête que je reste à Brest. Ça me permet de travailler et de mettre en place des choses avec tous mes coéquipiers. Après, nous sommes encore en période de mercato et tout peut arriver du jour au lendemain et bien évidemment que j’aimerais jouer en Ligue 1 cette année. Mais si je remonte avec Brest, ça me fera revenir en Ligue 1 bien plus fort.

FM : vous disposez de quelques touches en Ligue 1 ?

AT : il y a des intérêts. J’ai trois bonnes saisons en Ligue 1 avec des performances à la clé donc forcément on me connaît. Mais le marché est tellement fermé que ce n’est pas facile. Mettre 200 000€ ou 300 000€ dans un transfert, ça reste compliqué pour un club.

FM : Brest a-t-il les moyens de remonter en Ligue 1 dès la saison prochaine ?

AT : je parle comme si j’étais certain de rester à Brest. Avec le retour d’Alex Dupont, Brest a de gros atouts à faire valoir. Il y a aussi quelques joueurs qui connaissent bien la Ligue 1 comme Bruno Grougi, Benoît Lesommier, Geoffrey Dernis, Bernard Mendy. On se doit d’être intransigeant avec tous les détails, avec tout ce qui a fait qu’on n’a pas pu se maintenir. Nous devons également encadrer les jeunes et faire valoir cette expérience de Ligue 1 que nous avons presque tous dans l’équipe. Après, si on fait tous les efforts, je pense qu’on ne sera pas loin.

FM : d’autres cadres de l’équipe sont-ils comme vous à l’écoute de toute offre ?

AT : je veux tout d’abord rectifier quelque chose. Je suis encore sous contrat pendant un an. Si je suis amené à partir, il faudra que tout le monde y trouve son compte. Aujourd’hui, je suis à 200% à Brest et c’est ce qui compte pour le moment. Après, concernant mes coéquipiers, il y en a quelques-uns qui sont un peu comme moi, mais je pense que nous sommes motivés pour atteindre cet objectif. Le plus important c’est que l’on se dise que l’on reste afin d’emmagasiner le plus de confiance.

FM : vous n’étiez pas encore à Brest quand Alex Dupont s’est fait limoger. Néanmoins que pensez-vous de son retour ?

AT : la direction a changé. Je pense que si Brest a rappelé Alex Dupont, c’est qu’il y avait des raisons. C’est un entraîneur que j’aime. Ça me rappelle mes années caennaises avec Franck Dumas qui avait une vraie relation avec ses joueurs, qui aime ses joueurs et qui leur fait confiance. Ça, c’est fort. Et puis, je l’aime bien, il a une bonne tête ! Quand il nous parle, on le prend au sérieux. Je pense qu’on a tout pour faire une grande saison.