Foot Mercato : Tout d’abord Florentin, comment allez-vous ?

Florentin Pogba : Ça va bien, merci.

FM : Pour ceux qui ne vous connaitraient peut-être pas encore parfaitement, pourriez-vous nous raconter votre parcours ?

FP : J’ai commencé à Roissy en Brie, en benjamins. J’ai continué jusqu’en moins de 13, avant de partir à Alfortville. J’ai fait deux années en moins de 15, puis j’ai fait six mois à Roissy en Brie. Après, je suis parti en Espagne, au Celta Vigo, où j’ai fait les deux dernières années en moins de 18, avant de venir au CSSA où je suis depuis 2009.

FM : Quelles sont vos principales caractéristiques sur le terrain, vos principales qualités ?

FP : Je suis un défenseur central solide, dans le duel, avec un bon jeu de tête, et un bon pied gauche pour les relances.

FM : Avez-vous des modèles, des joueurs qui vous plaisent tout particulièrement ?

FP : Comme modèle, à mon poste, j’ai Thiago Silva et Carles Puyol. Et comme latéral gauche, j’aime bien Jordi Alba et Marcelo.

FM : Vous avez donc été très jeune au Celta Vigo. Que retenez-vous de cette expérience ?

FP : Je retiens déjà qu’en Espagne, tout est basé sur la technique, dans la justesse des passes, les mouvements. Dans les deux années passées là-bas, tout était basé sur la technique, et sur le travail concernant la possession de balle, avoir le ballon.

FM : Comment avez-vous atterri là-bas ?

FP : Un agent a fait part de notre (avec son frère Mathias) envie de devenir professionnels au directeur sportif du Celta Vigo, qui était français. On a trouvé un test d’une semaine là-bas. On est donc parti, et au bout du deuxième jour, ils nous ont dit qu’ils nous gardaient, et on a donc continué là-bas pendant deux ans.

FM : Partir très tôt à l’étranger a-t-il été un choix simple pour vous ?

FP : On était déterminés, on savait ce qu’on voulait. On s’est dit que s’il fallait le faire, on le ferait. On savait très bien quelles seraient les conséquences, en laissant notre mère, en partant sans rien. On partait nous et notre force, nous et notre destin. Et tout s’est bien passé, on a fait deux bonnes années, avec des titres. On est repartis de là-bas avec un contrat professionnel, ce n’est donc que du bonheur.

FM : Vous avez donc ensuite signé à Sedan. Quel bilan faites-vous de votre parcours dans les Ardennes ?

FP : J’ai commencé avec la réserve, une année. Après, j’ai été lancé en Ligue 2, j’ai fait mon tout premier match en Coupe de France. Après, l’année suivante, j’ai commencé à être titulaire avec l’entraîneur Laurent Guyot, au poste de latéral gauche. Et au mois de janvier, suite au départ de Wesley Lautoa à Lorient, j’ai basculé dans l’axe, qui est mon poste préféré. Et depuis là, je continue comme défenseur central.

FM : Cette polyvalence constitue-t-elle un grand atout selon vous ?

FP : Oui, je dirais que c’est un atout. On ne sait jamais ce qui peut arriver dans une équipe, s’il y a un blessé dans l’axe comme à gauche. Ça laisse donc toujours des possibilités de jouer et de trouver une place dans le onze titulaire.

FM : Cette saison est plus laborieuse pour le club. Comment vivez-vous cette période délicate ?

FP : C’est difficile, comme on le voit tous. Après avoir recruté beaucoup de nouveaux joueurs peu expérimentés entre guillemets, je peux comprendre que ce soit difficile au début. Maintenant, on tente de reconstruire une équipe, d’avoir des bases, de se connaître un peu plus. Je pense que ça ira au fil de la saison. Si le début de saison a été difficile, on continue à bosser, on ne lâche rien. Tout ne peut pas arriver d’un coup, ça paiera.

FM : Quelles sont vos ambitions pour cette saison, que ce soit à titre personnel ou collectif ?

FP : Personnellement, c’est de faire une année pleine, avec de belles performances. Et collectivement, c’est dans un premier temps de sortir de la zone rouge. Et après, au fil du temps, se maintenir en Ligue 2 plus tranquillement.

FM : Cet été, lors du dernier jour du mercato estival, vous avez signé à Saint-Etienne, avant d’être prêté dans la foulée à Sedan pour poursuivre votre progression au CSSA. Est-ce une immense satisfaction d’avoir pu signer chez les Verts ?

FP : Ah oui ! C’est une très grande satisfaction. Comme je le dis, ça se mérite, j’ai dû faire ce qu’il fallait. Mais ce n’est pas pour autant que je vais m’arrêter là-dessus, je continue à bosser, je me concentre sur ce passage à faire encore au CSSA pour partir l’esprit libre à l’ASSE.

FM : Suivez-vous de plus près les résultats de l’ASSE ?

FP : Oui. Avant, je regardais déjà la Ligue 1, pas forcément les matches de Saint-Etienne, mais tout le championnat. Maintenant que j’ai signé, je m’intéresse plus, je regarde tous leurs matches quand je peux, pour suivre les joueurs, mes futurs coéquipiers.

FM : Avez-vous été surpris de voir Saint-Etienne formuler une offre pour vous ?

FP : J’ai eu des échos comme quoi ils me suivaient depuis quelques mois. Après, venir au mercato estival, je n’y pensais pas. Ça a été une petite surprise, malgré que je savais qu’ils me suivaient. Ils ne sont pas venus par hasard, j’ai dû faire ce qu’il fallait comme je l’ai dit. À moi de prouver encore et encore qu’ils ne m’ont pas recruté pour rien.

FM : D’autant que l’ASSE mise sur les jeunes, notamment en défense, avec Ghoulam et Zouma notamment. Est-ce un grand motif d’espoir pour vous ?

FP : J’ai parlé un peu avec le coach, il m’a dit qu’il n’hésitait pas à faire jouer les jeunes, tant qu’ils faisaient le métier. Il n’y a pas de souci sur ça, ça m’a encouragé à signer, d’autant qu’en regardant les matches j’ai vraiment vu qu’il n’y avait pas de problème avec ça. Maintenant, à moi de faire le boulot.

FM : Et puis cette signature est une excellente nouvelle pour toute la famille Pogba, qui se fait un nom dans le monde professionnel...

FP : Oui, c’est une très bonne nouvelle. Quand mes parents l’ont appris, c’était plus qu’un rêve. Maintenant, on est trois professionnels. Mon petit frère, Paul, qui est à la Juventus Turin. Moi, qui ai signé à Saint-Etienne. Et mon frère jumeau Mathias qui est en League One à Crewe Alexandra. On est donc trois, à nous de chercher le plus loin possible et d’avoir de grandes ambitions.

FM : Votre frère Paul disait que, s’il remportait un Ballon d’Or, votre père lui dirait d’en avoir cinq. Est-ce une vraie marque de fabrique de votre famille de toujours viser plus haut ?

FP : Oui, c’est depuis tout petit, ça vient de notre père. Il nous a toujours répété qu’il fallait être le meilleur, quoi que tu fasses, quoi que tu dises, quoi que tu penses. Tu dois toujours penser que tu peux aller le plus haut possible, que tu peux viser plus loin. Après, avoir cinq Ballons d’Or, ce sera très compliqué (rires). Mais tant qu’on fait le boulot ! Seul le travail paie, donc pourquoi pas.

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