Entretien avec... Saphir Taïder : « La Fiorentina désirait m’avoir, mais je privilégie la France »
06/03/2011 - 15 h 30 Foot français » Ligue 2
Saphir Taïder garde la tête froide malgré les sollicitations©MaxpppJoyau du football français, Saphir Taïder poursuit sa progression à Grenoble. Courtisé cet hiver par la Fiorentina et l'AS Saint-Etienne, le milieu de terrain garde malgré tout la tête sur les épaules. Pour Foot Mercato, le joueur revient sur sa saison, ses contacts hivernaux et fait le point sur son avenir international.
Foot Mercato : Tout d’abord Saphir, comment allez-vous ?
Saphir Taïder : Et bien écoutez, ça va très bien merci.
FM : Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore parfaitement, pourriez-vous vous présenter brièvement ?
ST : J’ai 18 ans, et je suis milieu de terrain au GF 38. Je suis international U19 avec l’équipe de France.
FM : Quelles sont vos principales caractéristiques sur le terrain ?
ST : Je suis quelqu’un qui aime bien avoir le ballon dans les pieds et donner du mouvement au jeu.
FM : Avez-vous des modèles ?
ST : Non, je n’ai pas spécialement de modèles. Je prends exemple sur mon frère. Il n’y a pas meilleur exemple que d’avoir un frère qui est dans le métier.
FM : Dans quel(s) domaine(s) pensez-vous pouvoir progresser ?
ST : Le domaine dans lequel je dois encore beaucoup progresser, c’est au niveau de mes déplacements. Je dois faire attention à ne pas déséquilibrer le bloc de mon équipe, à ne pas trop vouloir en faire pour aider mes camarades. Dès fois, c’est à mauvais escient et je déséquilibre le bloc.
Retour sur sa saison
FM : Comment jugez-vous vos performances depuis le début de la saison ?
ST : À titre personnel, ça se passe plutôt bien. Mais bon, je ne fais pas trop attention à ça. Je préfère privilégier le groupe, privilégier le club pour obtenir le maintien cette saison.
FM : Grenoble est en effet lanterne rouge de Ligue 2. Comment vivez-vous cette situation ?
ST : C’est loin d’être facile. Si on est lanterne rouge, c’est qu’à certains moments on n’a pas fait ce qu’il fallait. Maintenant, à nous de rectifier le tir dans cette deuxième partie de saison pour atteindre le maintien en fin de saison.
FM : Le climat autour du club est-il pesant du fait de cette dernière place ?
ST : Ce n’est jamais facile à vivre. Mais nous, les joueurs, on se doit de rester concentrés sur le terrain. Après, ce qui se passe autour, on ne peut malheureusement rien y faire. Tout passe d’abord par des résultats positifs, le reste suivra.
FM : Quelles sont vos ambitions pour cette fin de saison ?
ST : À titre personnel, c’est simplement de jouer, comme tout le monde. Mais c’est surtout de pouvoir aider l’équipe à se maintenir.
FM : Vous n’avez que 18 ans. Pensez-vous que ce passage par la case Ligue 2 peut vous être bénéfique dans votre apprentissage ?
ST : Oui, c’est le meilleur moyen d’apprentissage pour un jeune de passer par la Ligue 2. Pour nous les jeunes de Grenoble, on pourra difficilement connaître pire situation dans le futur, donc à nous d’en prendre de la graine et de nous sortir de ces difficultés-là. Ça ne peut que nous forger et être bénéfique pour la suite.
FM : La jeunesse du groupe grenoblois peut-elle expliquer les difficultés rencontrées cette saison ?
ST : Non, je ne pense pas que ça soit dû à la jeunesse. Tout le monde est dans le même bateau dans le groupe. Nous, les jeunes, on apporte notre fougue, notre jeunesse, et notre envie de montrer ce qu’on sait faire. Et les plus anciens sont là pour nous encadrer.
Un mercato très agité
FM : Votre nom a circulé du côté de l’ASSE durant le mercato hivernal. Comment se sont passées les discussions ?
ST : Oui, mon nom a circulé. Il y a aussi des clubs étrangers comme la Fiorentina qui désiraient m’avoir durant le mercato. J’ai préféré privilégier la France pour continuer ma progression et mon apprentissage pour quelques années encore. Saint-Etienne s’est aussi manifesté, mais il n’y a pas encore eu d’accord entre les deux clubs. J’espère pouvoir les rejoindre en fin de saison. Mais bon, il y a ces 6 mois à venir qui sont très importants, avec l’Euro des U19 en fin d’année. J’ai besoin d’être performant pour être récompensé en fin de saison.
FM : Lorient et Sochaux vous suivent également. Donnez-vous malgré tout votre priorité à l’AS Saint-Etienne ?
ST : Je ne donne pas forcément ma priorité. Je suis là pour jouer et prendre du plaisir. Après, il y a des gens qui s’occupent de tout ça. Je n’ai pas de priorités. Ce qui me décidera, ce sera le projet sportif du club. J’attendrai les discours de chaque club pour essayer de faire un choix.
FM : Vous disiez que l’ASSE et le GF38 n’ont pas trouvé de terrain d’entente. Aviez-vous de votre côté trouvé un accord avec les Verts ?
ST : Non, il n’y avait pas d’accord entre eux et moi. Mais le projet sportif était intéressant. C’est quelque chose de positif, mais il n’y a pas eu d’accord.
FM : Vous avez en revanche refusé une offre de la Fiorentina. Pourquoi ce choix ?
ST : Je ne veux pas me brûler les ailes en allant à l’étranger. Après réflexion avec mes proches, on en a conclu qu’il y avait encore beaucoup de choses à apprendre en France. Je ne voulais pas tomber dans le panneau comme certains jeunes talentueux par le passé.
FM : Vous confirmez donc que vous donnez votre préférence à la Ligue 1...
ST : Oui. Je privilégie la France et donc la Ligue 1 pour ma progression et mon apprentissage dans ce début de carrière.
FM : Y a-t-il des clubs qui vous plairaient tout particulièrement ?
ST : Honnêtement, je n’ai pas de préférence. C’est le projet sportif qui primera, c’est ce qu’il y a de plus important dans le foot.
Un avenir international encore en suspens
FM : Vous êtes français, d’origine algérienne et tunisienne. Avez-vous déjà réfléchi quant à votre avenir international ?
ST : Non, je n’ai pas encore entamé cette réflexion. Là, je suis international français chez les jeunes. Je ne m’occupe donc pas de ça pour l’instant.
FM : En tant qu’international U19, est-il compliqué de succéder à la génération Kakuta, Griezmann ou encore Sunu, sacrée championne d’Europe l’été dernier ?
ST : Oui, on en parle dans le groupe. On se doit au minimum de faire pareil et de remporter l’Euro qu’il y a en fin d’année. À nous de tout mettre en œuvre pour l’emporter.
Khaled Karouri Suivre @khaledmercato
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