Foot Mercato : quel bilan faites-vous après ce début de Championnat ?

Pierre Ferracci : le bilan est difficile à faire. On a beaucoup d’absents. Il y a des joueurs qui ne sont pas encore qualifiés et d’autres en phase de régularisation administrative. Il y a aussi encore des joueurs que nous n’avons pas recrutés, c’est un peu difficile de faire le bilan. On a eu un match un peu compliqué à Lorient (3-0) avec des erreurs inhabituelles de certains joueurs-cadres et puis on a fait un match nul contre Sochaux (1-1) (depuis l’interview, le PFC a perdu sur la pelouse de Rodez, 2-1). On y verra plus clair d’ici quatre, cinq matchs. Je n’ai pas de soucis particuliers, je pense que l’équipe sera meilleure que l’an dernier, quand les recrutements seront achevés. Ça ne garantit rien, il y a une dizaine d’équipes qui visent la montée en Ligue 1, elles se sont renforcées aussi. Avoir une équipe améliorée à la fin du mercato ne garantit pas que l’on sera quatrième. Si on a l’objectif d’être, pour la troisième fois consécutive, dans la première partie du tableau, cela me conviendrait. Le chemin est encore long avant d’atteindre la Ligue 1. C’est un objectif sur trois, quatre ans. Ce n’est pas un objectif immédiat. On essaye de faire progresser le club.

FM : cela passe aussi par un recrutement ambitieux. Vous avez pris Florian Martin, Felipe Saad et des joueurs qui venaient de l’étranger (Ali Abdi, Marko Maletic, Strahinja Tanasijević). Avez-vous peur que ces recrues mettent du temps à s’adapter à la Ligue 2 ?

PF : non, pas trop. Par exemple, Tanasijević s’entraine avec nous depuis plusieurs semaines déjà. Il est bien adapté. Mécha Baždarević et son staff a l’habitude de faire en sorte que la mayonnaise prenne rapidement avec des joueurs venus de différents horizons. On a fait des choix réfléchis, mais c’est vrai que cela peut prendre un peu de temps. L’équipe avait beaucoup changé l’an dernier, mais dès le mois de septembre, elle s’était mise en place. On ne peut pas tirer des plans sur la comète après deux matchs. Que ce soit en haut du tableau ou en bas, la vérité se fera après trente-huit journées. On est confiants, on a un staff expérimenté. La meilleure façon de pérenniser le club, c’était d’ailleurs de prolonger le staff. Ce n’était pas facile, Mécha avait des propositions un peu partout. On va essayer, dans les années à venir, d’avoir plus de stabilité et d’avoir moins de changements.

FM : avec le nouveau centre d’entraînement à Orly, est-ce plus facile d’attirer des joueurs au club ?

PF : c’est incontestable ! Tous les nouveaux joueurs qui sont arrivés ont été séduits par les installations. Pour certains d’entre eux, cela a contribué à les faire venir. C’est un élément d’attractivité supplémentaire. J’ai assisté à l’entraînement aujourd’hui, cela favorise l’ambiance. Il y a des conditions de travail très satisfaisantes. C’est la première saison qu’on va passer intégralement à Orly.

« On a integré la vente de Silas Wamangituka à notre budget »

FM la vente de Silas Wamangituka (19 ans, 11 buts la saison passée), qui est un peu la tête d’affiche, peut-elle vous permettre de réaliser quelques coups ? :

PF : on a intégré ça à notre budget. Il va même partir un peu plus haut que ce que l’on avait prévu. Pour la première fois depuis cinq ans, nous n’avons pas d’encadrement de la masse salariale, ce qui veut dire que nos finances sont saines et qu’on peut voyager. Ce qui ne veut pas dire qu’on va faire des folies, simplement que l’on a les moyens de faire une belle équipe et d’être compétitifs. Il y a une course à l’armement assez phénoménale en ce moment. On a les moyens de faire une belle équipe, après ce n’est pas parce qu’on va avoir une équipe de qualité qu’on va forcément terminer quatrième. Nous avons les moyens de faire une saison relativement tranquille. Je pense qu’on aura une saison pour faire grandir encore le club et à le rapprocher petit à petit de la Ligue 1.

« La Ligue 1 ça ne se programme pas, ça se travaille et ça se construit. »

FM : est-ce que vous pensez qu’il y a toujours un frein au niveau du recrutement pour des joueurs qui jouent au niveau au-dessus, en Ligue 1 ? Est-ce encore persistant ?

PF : non, je crois que l’image est en train de changer. Ces deux saisons après la saison dernière, et aussi celle d’avant qui avait été aussi excellente avec Fabien Mercadal, ont permis de crédibiliser le projet du club. Personne ne peut garantir à quel moment on arrivera en Ligue 1, mais je crois que tout le monde a conscience aujourd’hui qu’on va arriver en Ligue 1. J’ai l’habitude de dire : « la Ligue 1 ça ne se programme pas, ça se travaille et ça se construit. » Ça vient quand on a bien travaillé et aussi avec le petit facteur chance qu’on aurait pu avoir l’an dernier (élimination en prolongation des play-offs face à Lens, 1-1, 4-5 tab). Ça va être très compliqué de sortir des play-offs et de monter en Ligue 1. Je crois qu’à terme, il faut viser les deux premières places. Les play-offs sont quand même une machine à protéger la Ligue 1. Quand vous faites deux matchs avant d’affronter le dix-huitième de Ligue 1 en aller-retour, vous avez un petit handicap. Deux matchs après les trente-huit précédents, ça fait beaucoup. Tout le monde est un peu fatigué. Lens l’a payé d’ailleurs. En plus les pauvres, ils se sont payé une prolongation contre nous et contre Troyes et ils ont perdu en route leur gardien titulaire, ils sont donc arrivés un peu amoindris contre Dijon. Les moyens financiers ne font pas tout, sortir de la Ligue 2 ça restera extrêmement difficile. Surtout que celui qui descendra de Ligue 1 aura une manne financière, avec l’augmentation des droits-télés, qui lui permettra de rebondir très vite. C’est un enjeu difficile, mais que l’on va traiter sérieusement, je crois que dans les trois-quatre ans on sera en Ligue 1. Orly est une étape essentielle pour le club que ce soit pour l’équipe première de Ligue 2, l’équipe première des Féminines et aussi pour le centre de formation qui va commencer à donner ses premiers résultats dans les années à venir. Après, il y aura la question du stade à traiter. La question de Charléty sera essentielle. Je ne nous vois pas monter en Ligue 1 si on n’a pas travaillé un peu ce sujet. On est bien à Charléty, mais en Ligue 1 c’est un stade qui ne suffit pas. Il faudra le rénover et l’améliorer de manière sensible.

FM : en parlant du centre de formation, est-ce déjà important pour vous le recrutement des jeunes ?

PF :  le recrutement des jeunes est un sujet que l’on traite depuis des années. Avec la mise en place du centre de formation à Orly, on s’est donné des moyens nouveaux et on va recruter de plus en plus de jeunes de qualité dans la région parisienne. C’est un élément qui va devenir essentiel dans la dynamique du club dans les années à venir. On a déjà une bonne qualité de recrutement et cela va s’améliorer dans les années qui viennent.

FM : Axel Bamba, qui est en enfant du club, a marqué pour son deuxième match, cela doit vous faire plaisir ?

PF : bien sûr ! Axel est un enfant du club, il est là depuis l’âge de 10 ans. Il a fait toutes ses classes chez nous, il a patienté parce que ça n’a pas toujours été facile pour lui. Il avait l’an dernier, la meilleure défense de Ligue 2 devant lui. Là, ça fait plaisir pour son deuxième match il marque un joli but et fait un match de qualité. J’espère que demain il y aura beaucoup d’Axel Bamba, c’est ce qu’on espère pour le club et pour les jeunes joueurs qui font confiance au club.

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