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Liens relatifs EquipesActuellement à la lutte pour une place en Ligue des Champions, le Toulouse Football Club avance et grandit tranquillement avec à sa tête un homme unique en son genre. Olivier Sadran, plus jeune président de Ligue1 en exercice du haut de ses 37 ans, est en passe de réussir son pari. Faire du TFC un club respectable six ans après l’avoir racheté lorsqu’il était menacé de disparaître du paysage professionnel. Celui qui reste un chef d’entreprise respecté a toujours le bon mot, et souvent celui qui surprend. Lorsqu’on lui parle résultat, il nous répond plaisir. Quand on dévie sur les transferts, il vous renvoie dans vos 22 mètres. Normal pour cet amateur de rugby qui, en exclusivité pour Footmercato, se confie en toute décontraction sur son club et sur le climat footbalistique délétère qui le débecte.
Footmercato : Olivier Sadran, quelle belle saison pour le TFC...
Olivier Sadran : Oui, c’est une grande saison, mais elle n’est pas terminée, on peut très bien terminer septième ou huitième...
Footmercato : On rentre dans la période décisive, comment voyez-vous ces derniers matchs ?
Olivier Sadran : Je ne vois rien du tout. Je ne suis pas dans cet état d’esprit de mettre la pression au staff et aux joueurs. Qu’ils fassent du mieux possible, et si ça donne quelque chose de sympathique au final, tant mieux. Sinon, on en fera pas un drame.
Footmercato : L’équipe semble un peu moins bien ces derniers temps.
Olivier Sadran : Ne comptez pas sur moi pour vous dire que tactiquement quelque chose ne va pas ou je ne sais quoi d’autre. C’est votre travail, même si on ne peut pas toujours appeler ça du travail...
Footmercato : ...
Olivier Sadran : Oui, ça me fait rire de voir la manière dont tout est monté en épingle par les journalistes. Vous gagnez deux fois 1 à 0 en jouant comme un pied et vous êtes le roi du pétrole. Par contre, trois bons matches sans victoires et là, c’est le drame. Va-t-on virer le coach ? Le recrutement était-il mauvais ? Ce n’est pas sérieux.
Footmercato : Vous ne vous habituez pas à ce système ?
Olivier Sadran : Je n’adhère pas à toutes les spéculations bidons, les rumeurs sans intérêt etc... Je n’en ai rien à faire moi. Si certains aiment se faire mousser ou désirer grâce aux médias, ce n’est vraiment pas mon truc. On en voit tellement qui s’enflamment après quelques bons résultats et d’autres se faire détruire de manière totalement arbitraire...
Footmercato : Vous en voulez aux journalistes !
Olivier Sadran : Disons que vous n’êtes pas ma tasse de thé (rires)... Si c’est pour critiquer untel gratuitement, me livrer à des pronostics inutiles, ou délirer sur les transferts, non merci j’ai autre chose à faire. Tout ça crée un climat trop sérieux autour de ce qui reste un jeu...(énervé) tout le monde attend le jugement de pseudo-spécialistes qui peuvent tuer des carrières sans avoir à rendre de comptes. Lorsque Elmander était absent contre Monaco (1-1, 28ème journée le 18-03-2007), notre jeune attaquant tchèque Pavel Fort a fait de son mieux pour le remplacer. Il ne joue pas beaucoup et n’a que vingt ans. Eh bien malgré ça, France Football le massacre. Après on s’étonne de l’individualisme des joueurs, de la versatilité des supporters... Arrêtons de nous prendre au sérieux ! Tout est accentué, dramatisé, et cela déclenche les comportements violents entre supporters qu’on voit en ce moment dans le football, comme cette haine entre parisiens et marseillais montée par les médias.
Footmercato : On vous sent remonté...
Olivier Sadran : Il y a de quoi non ? Quand vous voyez un type mourir pour rien en Italie et un pompier perdre un doigt à Nice alors qu’il passe sa vie à secourir les autres, vous vous demandez ce que vous faites là. Les supporters sont tellement désireux de voir leur équipe gagner qu’on en arrive à des excès. Pour vous dire, récemment un ami m’a demandé s’il pouvait emmener son fils au Parc des Princes en toute sécurité... Vous-vous rendez compte ? On va où là ?
Footmercato : Vous avez des solutions à ces problèmes de violence ?
Olivier Sadran : Si c’était le cas, je ne serais pas là en train de vous dire ça. Déjà ce serait bien d’agir au lieu de parler. On connaît ces personnes qui créent les problèmes dans les stades, elles ne sont pas nombreuses. Qu’on les chasse et puis voilà. Je peux vous garantir qu’à Toulouse, ça n’aurait pas duré longtemps. Mais il y a aussi des endroits où tout se passe d’une manière idéale. Pourquoi ne parle-t-on pas de ce qui se passe à Valenciennes ? Là-bas, l’ambiance m’a sidéré, un petit stade ou tout le monde chante et applaudit l’adversaire. C’est ça le football ! Pourquoi tout le monde s’en fiche quand, au Stadium, on fait des opérations porte ouverte aux femmes, et que tous les médias se focalisent sur un penalty non-accordé à l’OM ou au PSG ? Il y a des endroits où cela se passe bien et ça personne ne le montre. C’est pourtant peut-être l’exemple à donner.
Footmercato : On vous sait proche de Jean Michel Aulas. Ses méthodes très critiquées pour débaucher les meilleurs joueurs du championnat ne participent-elles pas à créer une mauvaise ambiance et des conflits ?
Olivier Sadran : Jean Michel Aulas est comme il est. Il est ambitieux et personne ne peut le critiquer pour ça. Maintenant, ces histoires avec Ribéry ou Chamakh, on pourrait éviter, mais si tous les clubs se montrent fermes dès le départ, généralement il n’y a pas de souci. Souvenez-vous, lorsque Lyon voulait Emana, on a discuté mais on est resté ferme et respectueux. On a fait valoir nos intérêts. Vous trouvez que ça s’était mal passé ?
Footmercato : On a l’impression, d’après votre discours, que vous avez vraiment l’esprit rugby ?
Olivier Sadran : Ce que j’aime bien avec ce sport, c’est que ces gaillards de 100 kilos ne bronchent pas devant un petit arbitre et que l’ambiance reste familiale malgré des enjeux importants. Chez nous, vous trouvez normal qu’on mette une pression pareille sur les arbitres ? Qu’on les laisse en paix ! Il ont des devoirs, mais aussi des droits ! Quand je vois que le match à peine terminé, l’arbitre est embarqué pour une analyse de sa performance dans une salle close...Il ne faut pas déconner. Et puis, niveau ambiance, moi je ne vois pas mes adversaires comme mes ennemis. Par exemple, avant d’affronter Monaco, j’ai invité Michel Pastor (le président monégasque) à manger, on a picolé, on a bien rigolé et on est allés voir le match ensemble et que le meilleur gagne, l’important c’est le plaisir ! Même si le plaisir est plus grand quand on gagne (rires)...