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OM : Éric Gerets l’autre sorcier Belge

11/03/2008 - 13 h 57 - Aristide Mamilo

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Qu’il semble éloigné le temps où tout épiphénomène à l’Olympique de Marseille prenait des proportions de l’ordre à bouleverser tout le fonctionnement du club, et dont les conséquences les plus spectaculaires se répercutaient sur les résultats de l’équipe.

Quatrième de Ligue 1 à trois points d’une place qualificative pour la Ligue des Champions, l’OM a repris sa marche en avant depuis la nomination d’Éric Gerets au poste d’entraîneur de l’équipe. Même si les résultats n’ont pas tout de suite été perceptibles, car on ne guérit pas un mal aussi profond que celui dont souffrait le groupe en un laps de temps, mais force est de constater qu’à partir du moment où le technicien belge a posé son pied sur la terre marseillaise, une révolution a été opérée. Lorsqu’il a pris ses fonctions le 25 septembre dernier, l’équipe pointait à la 16e place du classement de L1. Avec les mots et une méthode qui oscille entre l’autorité et l’affectif, Gerets a su redonner de la dynamique à une équipe qui était en perte de vitesse, de repères, de confiance et de conviction.

Passer d’une moyenne de 0,77 point gagné par match avec Albert Emon, à 1,88 aujourd’hui en l’espace de 5 mois, n’a rien d’un tour de magie, mais repose sur la gestion d’un homme : celle d’Éric Gerets.

Le retour de la rigueur, du travail et de la discipline

On ne peut résumer le bilan d’Albert Emon à la tête de l’Olympique de Marseille par un échec, car l’ex-entraîneur a permis au club de se qualifier pour l’édition 2007-2008 de la Ligue des Champions, et même de disputer une nouvelle finale de Coupe de France perdue face à Sochaux.

Mais, les résultats de l’équipe en début de saison et le comportement des joueurs, au premier rang desquels les cadres de l’équipe, étaient le signe que l’entraîneur marseillais avait perdu la main. L’équation qui devait être résolue par le président du club phocéen était sans inconnue, mais encore fallait-il trouver la solution.

Là où d’autres auraient opté pour un choix plus glamour, Pape Diouf a choisi un technicien qui n’était pas le plus connu sur la scène internationale, mais dont les méthodes avaient déjà porté les fruits à Lierse, Bruges, au PSV Eindhoven, et à Galatasaray.

Le retour de l’autorité, tel a été le tournant plébiscité par le staff marseillais. Malgré le contexte et la situation sportive de l’équipe, le Belge va annoncer la couleur dès le départ « Je suis exigeant en ce qui concerne la discipline, que ce soit sur ou en dehors du terrain ». Les signes de ce changement d’ère sont perceptibles sur nombre de points, de la remise en question de la supposée star de l’équipe (Djibril Cissé dont le rendement laissait à désirer à l’époque) « On m’a parlé de star, je n’ai pas de vu de star », jusqu’à la discipline lors des repas en groupe. Lorsque les joueurs marseillais sont à table avec lui, personne ne commence à manger avant qu’il ait donné le signal. Certains parleront d’abus, mais si cela apporte des résultats positifs dans la vie d’un groupe, pourquoi pas ? La preuve, aucun joueur marseillais ne s’en est offusqué.

Le stratège du coaching

Éric Gerets ne l’a jamais caché, il est un adepte du 4-4-2 et de ses terminaisons. Mais la grande lucidité dont fait preuve le technicien belge est de ne pas se focaliser sur un système de jeu, et de conserver la liberté de muter vers autre chose au gré des situations et des configurations.

C’est la raison pour laquelle à son arrivée, il a laissé une chance à Cissé de prouver sa valeur, mais face à la méforme persistante de l’international Français, il n’a pas hésité à l’écarter au profit de Mamadou Niang, repositionné au poste d’avant-centre unique.

L’international sénégalais que personne n’attendait dans le rôle de terreur de surface a prouvé le contraire en permettant à son équipe d’engranger de bons résultats. Cette animation de jeu a connu de probants succès, dont le plus spectaculaire est la victoire à Anfield Road contre Liverpool en Ligue des Champions, grâce au but de Valbuena.

La grande qualité du technicien belge est également d’aller puiser au fond des ressources de son groupe (comme jadis Raymond Goethals), pour trouver la meilleure animation de jeu possible, en gardant en ligne de mire l’équilibre de l’équipe.

Pour résoudre le problème des atermoiements défensifs de sa formation, Gerets a choisi de repositionner Lorik Cana dans l’axe de sa base arrière. Les résultats ne se sont pas fait attendre. L’équipe concède désormais moins de buts et en marque davantage, parce qu’elle est moins perméable et qu’elle bénéficie d’un premier relanceur de qualité.

Contre Saint-Étienne ce week-end, Gerets avait débuté la rencontre dans un système en 4-5-1 qui a montré ses limites face à la qualité de l’adversaire du jour. Mais, les remplacements opérés à la mi-temps ont fondamentalement changé la donne. En lançant Valbuena et Kaboré dans le bain, le technicien a muté vers une configuration en losange, qui a surpris les Stéphanois et permis à son équipe de l’emporter sur le score de deux buts à zéro.

L’autorité n’exclut pas l’affectif

Éric Gerets n’est pas un adepte du copinage avec ses joueurs, mais la communion qui entoure la célébration des buts des joueurs marseillais avec leur entraîneur, est un signe de la profonde reconnaissance qu’ils vouent à celui qui a su leur redonner confiance.

Car, il s’agit bien de cela. Taiwo, Valbuena, Cissé, Niang, Mbami, Cheyrou, Nasri, que de joueurs qui étaient dans le creux de la vague, et que le technicien belge a remis en selle. Au micro d’OMtv, il a livré son sentiment « C’est dangereux dans un sens pour un entraîneur, car il y a beaucoup d’émotion. Moi, j’aimerais qu’ils fêtent leurs buts entre eux. Mais parfois il y a des petites choses qui font que... un joueur qui ne marque jamais de la tête, et qui là vient d’inscrire son 3e but de cette manière par exemple... Il y a beaucoup de choses... En tout cas, ce qu’il se passe entre staff technique, médical et les joueurs c’est bien et j’espère que cela va continuer encore longtemps. Il y a tout d’abord mon amour pour Marseille, pour les gens, pour la ville. Je me sens extrêmement bien. Cela se voit sur mon visage. J’espère pouvoir continuer de la même façon pour contenter tout le monde. C’est toujours agréable d’être aimé un petit peu... ».

Marseille est un club où il ne se passe jamais rien comme ailleurs. Mais, si l’option Gerets devient une alternative à long terme, l’OM peut envisager l’avenir avec grand optimisme.