Le dopage fait partie de ces questions que l’on pourrait qualifier de tabou dans le milieu du ballon rond. Il n’y a qu’à voir les dernières déclarations de Sepp Blatter à ce propos pour s’en convaincre : « Le dopage ? J’ai eu tort de dire que ça n’existait pas. Mais la plupart des cas positifs ne sont pas du dopage, c’est la drogue : la marijuana, la chnouf. Mais il n’y a pas de dopage organisé je pense ». Comme à son habitude, le président de la FIFA préfère dédramatiser le sujet, assurant qu’il n’existe aucun système organisé.

Il faut dire que les résultats des tests réalisés jusque-là lui donnent raison, puisque rares sont les joueurs à être contrôlés positifs. Mais c’est justement cela qui pose questions, surtout à l’heure actuelle, où l’affaire Puerto menace de toucher de très nombreuses disciplines, dont le ballon rond. Un ancien président de la Real Sociedad confirmait d’ailleurs en tout début de semaine que durant six ans et le mandat de son prédécesseur, le club basque avait acheté des produits dopants. Bref, rien ne semble clair dans ce dossier, et une certaine forme d’omerta règne. Mais certains commencent peu à peu à faire entendre leur voix pour dénoncer cette situation, à l’image d’Arsène Wenger.

Dans les colonnes du Guardian, le coach d’Arsenal réclame plus de contrôles : « Je ne pense pas que dans le football, nous en faisons assez. Il m’est très difficile de croire que lors d’une Coupe du monde, quand vous avez 740 joueurs, il n’y ait aucun problème. Pourtant, c’est ce qui arrive à chaque fois. J’espère que l’Angleterre est propre, mais en même temps je n’en sais rien. Les délégués de l’UEFA qui effectuent les contrôles antidopages ne font jamais de tests sanguins. Ils ne prennent que des échantillons d’urine. J’ai demandé plusieurs fois à l’UEFA que cela change. On pourrait aller un peu plus loin au niveau des contrôles. Je serais favorable à la mise en place de tests sanguins ». Reste à savoir si le technicien alsacien sera entendu.