À n’en pas douter, John Utaka était l’un des grands talents du championnat de France de Ligue 1. Arrivé au Racing Club de Lens à l’été 2002 sans vraiment être connu, celui qui évoluait jusque-là au Qatar s’est rapidement fait un nom dans l’Hexagone. Doté d’une vitesse folle et d’une technique certaine, l’attaquant a progressivement su dompter les défenses tricolores. Auteur de 24 buts en l’espace de trois ans du côté de Félix-Bollaert (soit une moyenne de 8 buts par saison), le natif de Enugu va alors prendre la direction du Stade Rennais. Avec à la clé un grand succès, le joueur trouvant le chemin des filets à 22 reprises en deux ans.

Des statistiques plus qu’intéressantes, qui vont faire du Super Eagle l’un des attaquants les plus en vue dans l’Hexagone. Et il n’en fallait pas plus pour que la Premier League l’appelle de ses vœux. Et c’est donc finalement fort logiquement que le buteur finit par prendre la direction de Portsmouth à l’été 2007. Oui mais voilà, si sa première saison fut juste correcte avec un bilan de 5 buts en 29 matches, force est de constater que l’attaquant est aujourd’hui en panne d’inspiration. Les statistiques sont ainsi on ne peut plus claires : le joueur n’a marqué que deux buts lors des deux dernières années, et n’a fait trembler les filets qu’une fois en cet exercice, soit en l’espace de 17 matches de Championship (équivalent de la Ligue 2).

Malgré tout, celui qui évolue aujourd’hui sur les côtés et non plus dans l’axe préfère dédramatiser la situation. Loin de se prendre la tête, l’attaquant affirmait récemment être ravi par son début de saison, lui qui est redevenu un titulaire indiscutable : « Honnêtement, je suis ravi de jouer. Et quand je suis heureux, je peux être à mon meilleur niveau. Mais c’est un effort collectif. Tout le monde fait des bonnes choses et moi aussi. Je suis content de mes performances. Steve (Cotterill, l’entraîneur Ndllr) m’a aidé, c’est un bon manager. Pour un coach, il faut comprendre ses joueurs et c’est son cas. On est motivés à l’idée de jouer pour lui. C’est un très bon manager et je suis heureux de travailler avec lui ».

Reste que, même si son positionnement ne lui impose pas d’avoir un rendement faramineux en termes de buts, toujours est-il que ses récentes statistiques laissent perplexes. Trois buts en deux ans et demi, cela fait tout de même tâche pour un ailier. Arrivant en fin de contrat, le Super Eagle va-t-il profiter de cette aubaine pour tenter de monnayer ses services ailleurs sans indemnité de transfert ? Lui qui brillait dans l’Hexagone il y a encore quelques années de cela pourrait ainsi éventuellement revenir dans un championnat de France qui lui a tant réussi (son nom a circulé du côté de Sochaux, Nancy ou Lorient ces derniers mois). Du haut de ses 28 ans, l’international nigérian pourrait en effet apporter une bonne dose d’expérience à certaines formations semblant manquer de tauliers. Avis aux intéressés...