Un parcours tout tracé

Du haut de ses 23 ans, Kepa est déjà bien connu des observateurs de la Liga, et ce avant même ses débuts avec l’équipe première de l’Athletic lors de la saison 2016/2017. Et pour cause, le gardien a défendu les cages de la Roja à pratiquement tous les étages, des U18 aux Espoirs. Il a notamment remporté l’Euro U19 2012 avec la Rojita, et il a été vice-champion avec les Espoirs en 2017. C’est lors de sa saison en prêt à Valladolid (2015/2016), en deuxième division, qu’il a vraiment fait sensation, et pour son retour à San Mamés, il s’est progressivement emparé du poste de gardien titulaire à base de grosses prestations en Liga.

Redoutable sur sa ligne

Kepa est un gardien particulièrement bon sur sa ligne. Très rapide, il se projette vite au sol, ce qui, avec ses réflexes, lui permet de sortir des parades décisives à tout moment, étant capable de couvrir toute ses cages facilement. C’est le troisième gardien qui a réalisé le plus d’arrêts sur sa ligne la saison dernière en Espagne, avec des rencontres référence, à l’image de ce match de Liga face au Real Madrid au Santiago Bernabéu (1-1) en avril dernier. Il avait notamment réalisé neuf parades lors ce match où il était attendu au tournant compte tenu de son "passé madrilène" (voir plus bas).

Quelques défauts à polir

Il n’y a aucun doute à ce sujet : Kepa est un gardien d’avenir, mais il est déjà prêt à évoluer au plus haut niveau et a clairement le niveau pour défendre les cages de Chelsea. En revanche, à l’image d’un David de Gea lorsqu’il est arrivé à Manchester United, il sera intéressant de le voir dans un nouveau championnat, où le jeu est un peu plus physique pour les gardiens, notamment sur les coups de pied arrêtés. Concrètement, Kepa n’est pas mauvais dans le jeu aérien, mais il va devoir s’améliorer dans cet aspect. C’est d’ailleurs ce qui est le plus impressionnant chez lui, c’est que malgré son niveau, il semble avoir une énorme marge de progression.

Une intelligence de joueur de champ

Comme la plupart des jeunes gardiens qui explosent en ce moment, Kepa sait participer au jeu et surtout, a une excellente lecture des rencontres. Luis Llopis, ancien entraîneur des gardiens du Real Madrid et aujourd’hui à la Real Sociedad, dressait un portrait particulièrement flatteur du Basque pour El Pais : « c’est un gardien tactique. Qu’est-ce que la tactique ? Ce qui détermine ce que je fais, pourquoi je le fais et comment je l’ai fait. Qu’est ce que la technique ? Ce qui détermine comment je le fais, comment je bloque, comment je dégage... Il a une très bonne technique parce qu’il l’a beaucoup travaillée depuis les débuts. Il bloque très bien. Il est toujours bien placé dans le dos de sa défense. Il est bon dans la circulation du ballon grâce à sa technique balle au pied. Quand son équipe attaque il sait s’arrêter pour servir de soutien, et il est prêt pour servir de couverture si le rival vole le ballon à ses coéquipiers. Il lit très bien le jeu et prédit les options de passe des attaquants adverses pour sortir et intercepter le ballon. Il ne commet pas beaucoup d’erreurs ».

Il était à deux doigts de devenir madrilène

L’hiver dernier avait été très agité pour le portier basque. Et pour cause, son départ pour le Real Madrid semblait acté, les Merengues étant à l’époque prêts à débourser les 20 millions d’euros correspondant à sa clause libératoire. Un transfert mené par Florentino Pérez, mais sur lequel n’était visiblement pas d’accord Zinedine Zidane, qui comptait aveuglément sur Keylor Navas, également soutenu par les poids lourds du vestiaire madrilène.Après plusieurs retournements de situations, Kepa est finalement resté à l’Athletic, prolongeant son contrat avec une clause libératoire revue à la hausse (80M€). On peut d’ailleurs dire que le Real Madrid - via son insistance pour Thibaut Courtois - a eu un énorme impact sur la suite de sa carrière, puisque si le Belge était resté à Chelsea, Kepa serait lui aussi probablement resté à l’Athletic.