Tévez, Balotelli, Nasri : les vérités de Roberto Mancini

Tévez, Balotelli, Nasri : les vérités de Roberto Mancini

05/12/2011 - 10 h 23 Foot anglais » Premier League Commentaires

Roberto Mancini lucideRoberto Mancini lucide©Maxppp

Au cours d'un long entretien accordé à L'Équipe, l'entraîneur de Manchester City Roberto Mancini s'est penché sur la gestion de différents joueurs, de Carlos Tévez à David Silva en passant par Samir Nasri et Mario Balotelli.

Difficile d’entraîner un club doté d’un effectif aussi profond que talentueux et de moyens presque illimités sur le marché des transferts ? L’Équipe a rencontré Roberto Mancini à Manchester pour lui demander de partager son expérience avec City. « C’est beaucoup plus difficile de faire l’entraîneur aujourd’hui que d’être joueur à mon époque. Vous vous retrouvez face à vingt-quatre, vingt-cinq joueurs qui veulent tous jouer, sont tous forts et viennent de tous les coins de la terre avec des mentalités très variées », a-t-il expliqué avant d’illustrer son propos au travers de différents exemples, à commencer par le cas Carlos Tévez (27 ans).

« C’est un bon garçon, en dépit de son comportement récent (Ndlr, l’Argentin avait, rappelez-vous, refusé d’entrer en jeu contre le Bayern Munich en C1). Mais il n’a peut-être pas autour de lui les personnes pour bien le conseiller », a-t-il lancé, lui laissant ensuite la porte ouverte. « On peut toujours se tromper. (...) Je lui ai dit que, s’il s’excusait auprès de moi, du club, de l’équipe, il pourrait revenir dans le groupe. Je l’aurais pardonné. (...) Mais il a répondu qu’il n’avait à s’excuser auprès de personne », a-t-il regretté. L’Argentin n’est pas le seul joueur de caractère que l’Italien a à gérer. On pense évidemment à son compatriote Mario Balotelli (21 ans), capable du meilleur comme du pire.

« Je n’ai pas fait de miracles. Je parle souvent avec lui. Tous les matins. Sur le terrain ou dans mon bureau. Parfois, je me mets en colère, parfois je l’aide, parfois je le choie. Il a vingt et un ans comme un de mes fils. Donc je le comprends. (...) Il est en train de comprendre qu’il ne peut pas gâcher son talent. Beaucoup pensent qu’il est mal élevé, alors que c’est un garçon très bien éduqué », a-t-il confié avant d’expliquer qu’il s’agissait d’un travail de longue haleine. « Tout ce que je dis ne reste pas dans sa tête. Ça rentre dans une oreille et parfois ça sort... Mais, à force de répéter, ça finit par rester », a-t-il glissé.

Le manager transalpin s’est ensuite montré particulièrement patient et élogieux avec le Français Samir Nasri (24 ans). « C’est normal, il faut un peu de temps pour s’adapter. (...) Samir a tout de même l’avantage de connaître la Premier League. Mais il a changé de club, d’équipe, de partenaires, de méthodes d’entraînement. Peut-être que je lui demande des choses différentes de Wenger. Je suis convaincu qu’il sera décisif cette saison. Comme David Silva, c’est un joueur qui change une équipe. Nasri peut devenir encore beaucoup plus fort. Physiquement, il est très costaud. C’est un fuoriclasse », a-t-il commenté, donnant sa recette dans le relationnel avec ses éléments.

« J’essaie d’être toujours honnête et sincère avec eux, d’avoir une relation amicale. Si je peux faire quoi que ce soit pour eux, je le fais. Toujours. Je leur envoie parfois des SMS de soutien. Mais, en retour, ils doivent aussi tout me donner », a-t-il explosé. Roberto Mancini a ensuite conclu sur le triste sort des entraîneurs, qu’ils soient des stars ou des anonymes. « C’est assurément un métier très difficile. Parce qu’avant un match vous êtes un phénomène et après le match, si vous avez perdu, vous êtes un couillon », a-t-il lâché. Une bonne réponse à la question de départ...

Alexis Pereira

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