En l’espace de quelques semaines, Allan Saint-Maximin (22 ans) s’est mis Newcastle et son public dans la poche. « Les supporters sont excités parce qu’ils voient ce dont je suis capable. Ils aiment les dribbleurs. J’entends le murmure quand j’ai le ballon. Ça me donne de la force », a-t-il raconté ce vendredi dans les colonnes du Times, espérant désormais se montrer décisif pour rendre la confiance donnée par les Magpies avec qui il a déjà disputé 9 rencontres de Premier League.

« J’espère que mon premier but viendra vite, mais je ne me mets pas de pression. Je suis ici, c’est mon rêve, je vais en profiter », a-t-il confié, comme libéré. Et pour cause, au cours de ce long entretien, l’ailier tricolore a semblé bien dans sa peau outre-Manche, au contraire de ce qui a pu lui arriver en France, où l’ancien Aiglon (9 buts en 64 matches de Ligue 1) a la sensation qu’une sale image lui colle à la peau. « Parfois en France, on pense que je ne suis pas humble. C’est vraiment mauvais en France. Ils ne savent pas qui je suis. Ils se disent : "oh, tu as cette vie et moi je ne peux pas". Ils disent que je suis différent, mais ce n’est pas ça », a-t-il lancé avant de poursuivre.

L’ASSE, un mauvais souvenir

« J’aime être élégant. Mais certains pensent être supérieurs à toi et je déteste ça. Tu peux avoir 25 M€ sur ton compte en banque, tu mourras quand même », a-t-il lâché, racontant longuement ses débuts précoces à l’AS Saint-Étienne en 2013/14. « J’étais jeune quand tout s’est accéléré pour moi. J’avais 16 ans, je venais de signer mon premier contrat et je suis arrivé dans un gros vestiaire, avec des mecs expérimentés, de 35 ans, qui auraient pu être mon père, et je me suis dit qu’il fallait faire attention, mais il y a tellement de choses que je ne connaissais pas, parce que je n’avais vécu dans un tel vestiaire », a-t-il expliqué avant d’ajouter.

« Ils ne m’ont pas accueilli dans le groupe. Certains joueurs étaient très durs avec moi. Certains allaient parler de moi au coach, pour lui dire de mauvaises choses. Tu ne peux pas être bien dans ces conditions. Quand tu sens qu’on parle mal de toi, qu’on te veut du mal, qu’on veut que tu ne joues pas... Ici à Newcastle, comme ça l’était aussi à Nice, c’est différent », a-t-il conclu. Bien dans ses baskets en Angleterre, Allan Saint-Maximin veut oublier ce passé pour mieux se concentrer sur son avenir. À lui de jouer.