« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé », disait Larmartine. Cette citation du poète français aurait pu s’appliquer à Leonardo Bonucci cette saison en l’absence de son compère de toujours, Giorgio Chiellini. Mais le défenseur n’est pas du genre à baisser les bras facilement et à fuir ses responsabilités. Avec la grave blessure et l’opération du genou de Chiellini, Maurizio Sarri n’a pas hésité une seconde à confier le brassard de capitaine à Bonucci. « L’absence de Giorgio Chiellini est lourde pour nous, à la fois sur le terrain et en dehors. Leo porte ce poids sur ses épaules et le fait en tant que vrai capitaine », indiquait récemment le coach des Bianconeri. Une responsabilité plutôt cocasse alors qu’il était aussi capitaine lors de son intermède à l’AC Milan durant la saison 2017/18. Parti chez les Rossoneri pour les aider à retrouver leur lustre d’antan, l’international italien (91 sélections, 7 buts) s’est vite aperçu qu’il s’était embarqué dans une galère, perdant ses repères et n’étant plus que l’ombre de lui-même.

Un an plus tard, il mettait ses différends de côté avec Massimiliano Allegri et revenait chez la Vieille Dame par la petite porte. Après un exercice 2018/19 ponctué par un septième titre en Serie A mais une piteuse élimination en Ligue des Champions face à l’Ajax, où il avait perdu pied face à la jeunesse ajacide au retour (1-1, 1-2), le défenseur central a retrouvé du poil de la bête cette année. En effet, avec l’arrivée de Maurizio Sarri sur le banc, Bonucci retrouve toutes ses qualités qui en ont fait l’un des meilleurs défenseurs de la décennie. C’est d’ailleurs le joueur le plus utilisé par l’ancien coach de Chelsea avec 720 minutes jouées en sept rencontres cette saison. C’est simple, il n’a jamais été remplacé et a joué l’intégralité des matches de son équipe toutes compétitions confondues. Il devance ainsi des joueurs comme Blaise Matuidi (640 minutes), Miralem Pjanić (620) ou encore Sami Khedira (536 minutes).

L’Inter et Antonio Conte, de vieilles connaissances pour Bonucci

Une sorte de seconde jeunesse galvanisée par l’arrivée de Matthijs de Ligt (20 ans), recruté cet été pour 75 M€ en provenance de l’Ajax. Le joueur de 32 ans dirige la défense de la Juve avec autorité et aide également le jeune Néerlandais à s’adapter au football italien. Indispensable aux yeux de son entraîneur dans cette Gobba new-look, l’expérimenté droitier apporte toute sa classe balle au pied et sa qualité de relance (chère aux yeux de Sarri). Des qualités qui en font l’un des meilleurs passeurs du championnat puisqu’il perd très peu de ballon avec 87,2 % de passes réussies par match. Si son cas personnel ne souffre d’aucun débat, la Juve a encaissé 5 buts depuis le début de la saison, 3 dans le jeu et 2 sur coups de pied arrêtés. C’est plus que les années précédentes mais c’est aussi logique avec l’absence de Chiellini et l’acclimatation de De Ligt et Danilo, notamment. Mais face à l’Inter, qui a déjà inscrit 13 réalisations cette année, la défense piémontaise sera mise à l’épreuve.

Cela ne fait pas peur au capitaine de la Vieille Dame qui attend cette rencontre de pied ferme, lui qui va retrouver son club formateur. « Nous irons à Milan et nous ferons une belle performance. Nous verrons une excellente Juventus. Dans ces défis, il est toujours difficile de donner un favori, juge Bonucci au micro de Sky Sport Italia. Ils ont très bien commencé le championnat, comme il était facile de le prévoir avec l’arrivée de Conte. C’est une grande équipe. » Cette rencontre sera aussi l’occasion pour Bonucci de revoir Antonio Conte, l’entraîneur qui l’avait fait passer un cap en 2011 : « ce que Conte nous a montré à la Juventus et en équipe nationale, c’est cette faim, ce désir de ne jamais abandonner, une mentalité qui nous permet d’aller au-delà de nos limites pour atteindre l’objectif. Il a instillé ces choses dès le premier jour, je pense que Conte était parfait pour cette Juve. » Il ne reste plus qu’à boucler la boucle ce soir (20h45) à Giuseppe-Meazza, là où tout a commencé pour le natif de Viterbe...