Et si le football italien devenait le nouvel empire du milieu dans les années à venir ? Outre Sandro Tonali, présenté comme le futur Andrea Pirlo, les observateurs de la Serie A commencent à découvrir Nicolò Zaniolo. Comme son homologue de Brescia, le joueur de 19 ans s’est révélé cet été lors de l’Euro U19 où les jeunes Italiens ont échoué en finale face au Portugal. Un but et trois passes décisives et une place dans les 40 finalistes du Golden Boy ont été suffisants pour convaincre les dirigeants de la Roma de mettre 4,5 M€ sur la table, dans le cadre du transfert de Radja Nainggolan à l’Inter. D’abord remplaçant et pas vraiment destiné à tenir un rôle dans l’immédiat, le natif de Massa en Toscane est devenu en l’espace d’une semaine bien plus qu’une simple monnaie d’échange.

Zaniolo fait oublier Pastore et Pellegrini

Profitant pleinement de l’absence prolongée de Javier Pastore et de la blessure de Lorenzo Pellegrini, le milieu de terrain s’est déjà constitué une belle réputation chez les supporters de la Louve. Titulaire contre le Real Madrid en Ligue des Champions la semaine passée, celui qui est fan du Brésilien Kaka n’a pas tremblé face au champion d’Europe. Malgré une défaite 2-0, le joueur au profil box-to-box, assez rare en Italie, a su prendre ses responsabilités avec des prises d’initiative intéressante. Aligné en soutien de Patrik Schick, Zaniolo a fait preuve de maturité dans son jeu. Seules les crampes ont eu raison de lui. Il a cédé sa place à 20 minutes du terme.

« Nous pensions devoir attendre six mois avant de le faire jouer », reconnaissait Monchi la semaine dernière. Mais le joueur est un homme pressé. Cinq jours après la Casa Blanca, il a marqué les esprits à l’occasion de la réception de l’Inter (2-2). À nouveau dans le onze de départ, le gamin né en 1999 a réalise une prestation remarquée. Omniprésent sur le terrain, il a montré une grosse combativité et une volonté de porter le jeu vers l’avant. Auteur de deux bonnes frappes, il aurait même dû obtenir un penalty sur une faute pourtant flagrante de D’Ambrosio. De quoi marquer des points dans la tête d’Eusebio Di Francesco.

Déjà convoqué par Mancini et observé par les grands clubs d’Europe

Un entraîneur qui a exprimé tout le bien qu’il pensait du joueur alors que la Gazzetta dello Sport l’a nommé deux fois de suite meilleur joueur de son équipe. Monchi aussi peut se targuer d’avoir réussi à amener le longiligne (1m89 pour 78 kg) gaucher à la Roma. Le directeur sportif a forcément été bluffé par les performances du joueur, vainqueur du championnat U19 italien avec la Primavera nerazzurra en mai dernier. Buteur à 13 reprises en plus de 8 passes décisives en 26 rencontres, Zaniolo a réussi à rentrer définitivement dans le monde professionnel. Car avant son transfert dans la capitale italienne, il a connu quelques galères entre la Fiorentina, qui n’a pas voulu le conserver, et de rares apparitions en Serie B à Virtus Entella il y a deux ans. « Tous les champions ont un début. C’est le cas de Zaniolo ou encore de Kluivert (...). Ce sont des joueurs déjà forts et nous devons être convaincus qu’ils vont devenir des joueurs importants », assurait l’Espagnol devant les médias.

Monchi, Di Francesco et même Totti sont sous le charme du jeune homme, ce qui n’a rien d’étonnant pour des Romains. Ils ne sont pas les seuls puisque Roberto Mancini l’a déjà dans son viseur, le convoquant même dans sa liste élargie en septembre. « Je suis heureux qu’il joue avec Di Francesco. Je l’avais suivi durant l’Euro U19 cet été et il m’avait surpris. Il a tout : le physique, la technique, le jeu de tête. Et c’est un gaucher, ce qui est rare. Je vois qu’il peut évoluer aussi à différents postes et j’en suis très content. » Avant de peut-être connaître ses premières capes au printemps prochain, le joueur, sous contrat jusqu’en 2023, fait déjà parler de lui un peu partout en Europe. Des émissaires d’Arsenal étaient présents au Stadio Olimpico mais aussi de Chelsea du Bayern et de Monaco. La Roma est prévenue, elle devra rapidement batailler pour le conserver.