« J’ai hâte de débuter cette nouvelle aventure. » A 24 ans, et après une carrière réalisée au Paris Saint-Germain, Adrien Rabiot découvre sa première expérience à l’étranger. Arrivé à la Juventus libre de tout contrat après des mois de conflit avec le club de la capitale, le milieu de terrain ne cachait pas son enthousiasme à l’idée d’évoluer aux côtés de la bande de Cristiano Ronaldo. Mais jusqu’à présent, le natif de Saint-Maurice a dû prendre son mal en patience.

Depuis le début de la saison, le Français n’a joué qu’une trentaine de minutes sous le maillot bianconero. Rien d’inquiétant puisque la Vieille Dame n’a joué que deux rencontres de Serie A. Interrogé sur ses premiers pas en Italie (face à Parme), l’intéressé soulignait surtout son plaisir de retrouver la compétition après huit mois d’arrêt forcé. Entre temps, la presse turinoise l’a placé au coeur d’un débat remettant en question le futur de Blaise Matuidi dans le Piémont, l’ancien coéquipier de Rabiot au PSG étant même annoncé exclu de la liste de la Ligue des Champions.

Une première titularisation qui se fait attendre

Au final, Matuidi a su démontrer qu’il était un titulaire indiscutable de Maurizio Sarri et fait bien partie du groupe bianconero retenu pour disputer la Coupe d’Europe. De son côté, Rabiot patiente, la faute à un entrejeu pléthorique. Dernièrement, Tuttosport affirmait que Sarri avait demandé de la patience pour son joueur. Mais aujourd’hui, certains médias italiens ont indiqué que Rabiot pourrait enfin être titulaire à l’occasion du déplacement à Florence, pour le choc face à la Viola. Info ou intox ? Maurizio Sarri n’a pas donné d’indication à ce sujet. En revanche, le technicien transalpin a tenté d’expliquer sa manière de gérer Rabiot.

« Du point de vue sportif, nous devons composer avec la difficulté d’avoir énormément de joueurs ayant très peu joué ces derniers mois. Je parle des blessures de Khedira et de Ramsey, et de l’inactivité de Rabiot. Ça les met en difficulté face aux autres joueurs ayant eu de la continuité. L’aspect positif, c’est que ce groupe travaille très bien. Rabiot n’a pas joué en 2019. C’est un garçon sensible, mais qui a de grandes qualités. Il a connu des difficultés mentales quand il était abattu (au PSG) », a-t-il déclaré en conférence de presse, avant d’évoquer la concurrence avec Matuidi, un élément dont Sarri n’a pas vraiment l’intention de se séparer. 

Matuidi a un très gros avantage sur Rabiot

« Matuidi est très important pour nous. Il a fait preuve de dynamisme et d’un maximum d’attention pour mieux s’adapter à ce qu’il se passe en attaque, aux mouvements de (Cristiano) Ronaldo. Cristiano est un joueur destiné à faire des différences, c’est le meilleur joueur du monde et il doit avoir toute la liberté nécessaire pour le faire. Cet aspect doit être géré par ceux qui sont autour de lui, comme ce que fait Matuidi. C’est d’ailleurs ce qu’il fait de mieux. » Fidèle lieutenant de CR7, Matuidi part donc avec une certaine avance sur Rabiot dans l’esprit de Sarri.

Idem chez les suiveurs de la Vieille Dame, comme nous l’explique Clara Albuquerque, correspondante permanente d’Esporte Interativo à Turin. « L’attente est très grande, surtout après ses matches de pré-saison. Le fait est que Rabiot est encore en retard par rapport aux autres joueurs sur le plan physique. Je pense que les supporters peuvent être surpris de ne pas le voir aligné d’entrée, mais pour nous les médias, il est très clair qu’il a besoin de progresser sur le plan physique. Donc c’est très difficile pour lui de postuler à une place de titulaire ». Sarri fera-t-il mentir les observateurs ? Réponse demain, sur les coups de 15h.