Comme un air de finale avant l’heure. Toute l’Italie avait les yeux rivés ce dimanche soir sur ce rendez-vous de gala entre la Juventus et Naples qui se disputait certainement le Scudetto. Avec quatre points d’avances au coup d’envoi, les Bianconeri avaient leur destin entre les mains. Mais en cas de victoire du club napolitain, la Serie A pouvait connaître un suspens intenable jusqu’à la dernière journée. Pour ce choc au sommet, les deux tacticiens alignaient leurs onze habituels. Massimiliano Allegri optait pour un 4-3-3 avec Howedes et Asamoah sur les côtés de la défense. Matuidi était titulaire au milieu alors que Douglas Costa, Higuain et Dybala formaient la ligne d’attaque. En face, Maurizio Sarri choisissait lui aussi un 4-3-3 avec l’habituel trio Callejon-Mertens-Insigne pour tenter de mettre fin à l’invincibilité de la Vieille Dame dans son antre de l’Allianz Stadium (6 victoires en 6 matchs face à Naples).

Le match démarrait sur un rythme effréné. La Vieille Dame mettait le pied sur le cuir dès le début de la partie pendant que les Partenopei se ruaient sur le porteur du ballon tel des morts de faim. L’engagement était au rendez-vous, les duels étaient âpres, et l’arbitre de la rencontre n’hésitait pas à sortir les cartons pour calmer la tension qui régnait dans ce match de prestige. Alors les Bianconeri tentaient d’asseoir leur domination, ces derniers rencontraient un coup dur avec la sortie sur blessure de leur leader défensif, Giorgio Chiellini, remplacé au pied levé par Stephan Lichtsteiner (11e). Malgré ce coup du sort, les hommes d’Allegri réagissaient immédiatement et ne laissaient pas le doute s’installer. L’expert en coup-franc Pjanic s’essayait aux 22 mètres. Sa tentative, déviée par le mur, terminait sur le poteau gauche de Reina (17e). Naples, qui procédait principalement en contre, répondait par l’intermédiaire de Mario Rui qui délivrait un centre tir, mais Buffon vigilant, détournait au-dessus de sa transversale (21e). Bien lancé par Mario Rui, Hamsik, à l’entrée des six mètres, croisait malheureusement trop son tir du gauche (24e). Grâce à un bloc bien en place et très en mouvement, les hommes de Sarri gênaient beaucoup leur adversaire qui ne parvenait pas à trouver des espaces. On pouvait en dire de même côté Juventini, ce qui expliquait certainement le peu d’occasions franches dans ce premier acte.

Kalidou Koulibaly endosse le costume de sauveur

Le match reprenait dans une ambiance électrique, et sous une tension toujours aussi palpable au vu de l’enjeu. Massimiliano Allegri décidait de procéder à un choix fort en faisant rentrer Cuadrado en lieu et place d’un Dybala globalement transparent, et visiblement touché. Ce début de seconde période ressemblait sensiblement à la première. La Juventus monopolisait le ballon, sans pour autant se montrer dangereuse. Au contraire du Napoli. Sur une action similaire lors du premier acte, Hamsik était trouvé sur le côté gauche de la surface, mais son tir frôlait le poteau droit de Buffon (51e). Malgré cette occasion, les Napolitains éprouvaient de plus en plus de difficultés à s’approcher des cages de Buffon. Bien muselé par la défense Bianconeri, Mertens laissait sa place à Milik qui allait tenter d’apporter des options différentes à l’attaque napolitaine. A l’heure de jeu, aucune des deux équipes ne parvenait à prendre le dessus. Pire, les occasions étaient loin d’être légion. Preuve en est, le nombre d’arrêts des gardiens dans ce match pouvait facilement se compter sur le doigt d’une main, à eux deux...

La domination dans ce second acte était clairement en faveur des Partenopei (72%), mais cette domination était très stérile. Si le jeu de ces derniers était plutôt bien huilé, c’était beaucoup plus compliqué à l’approche des 30 derniers mètres. Sur un long ballon d’Insigne, Callejon reprenait de volée sur la droite de la surface. Une tentative bien détournée par Buffon, mais de toute façon, signalé hors-jeu... à tort d’après le révélateur. Pour la première fois depuis 2011, on se dirigeait vers un match nul entre les deux formations en Championnat, sur les terres piémontaises. Pjanic tentait de débloquer le match sur coup de pied arrêté, mais personne n’était à la retombée (83e). Rentré en cours de jeu, Zielinski s’essayait de loin, mais Buffon veillait au grain (84e). Alors qu’on pensait que les deux équipes allaient se quitter sur un nul, Kalidou Koulibaly délivrait le peuple napolitain d’une tête rageuse dans le temps additionnel (0-1, 90e). Grâce à cette victoire sur le fil, Naples revient à un petit point de leur adversaire du soir. La course au Scudetto est plus que jamais relancée !