Outsider assumé du championnat italien, la Fiorentina s’attendait à rentrer dans le rang l’été dernier. Force est de constater que la Viola a réussi à déjouer les pronostics. Pourtant, tout semblait indiquer un exercice difficile après le départ de nombreux cadres. Ainsi, en l’espace d’un mercato, Federico Bernardeschi (Juventus), Borja Valero, Matias Vecino (Internazionale), Josip Ilicic (Atalanta), Gonzalo Rodriguez (San Lorenzo), Nikola Kalinic (Milan AC) ou encore Ciprian Tatarusanu (Nantes) ont quitté le club. Deux cadres de la formation toscane sont restés, il s’agit du capitaine Davide Astori et du Croate Milan Badelj qui aurait pu rejoindre Valence, l’Atlético Madrid ou encore l’AC Milan. Une véritable saignée due à une volonté de la famille Della Valle - qui détient le club - de vendre la Fiorentina.

Pour autant, la Viola s’est renforcée intelligemment avec la volonté de faire part belle à la jeunesse. Ainsi, Jordan Veretout (Swansea, 7M€), Vitor Hugo (Palmeiras, 8M€), Nikola Milenkovic (Partizan Belgrade, 5,1M€), Valentin Eysseric (Nice, 3,5M€) et Marco Benassi (Torino, 10M€) rejoignaient la cité des Médicis. Mais le gros coup de l’équipe de Stefano Pioli était l’arrivée de Giovanni Simeone. Arrivé contre la somme de 15 millions d’euros après une saison accomplie au Genoa (36 matches, 13 buts), le fils de l’entraîneur de l’Atlético Madrid était la figure de proue du nouveau projet des Florentins. Avec une équipe complètement renouvelée et un nouvel entraîneur, la Fiorentina s’avançait sans réelles certitudes cette saison.

Des débuts en dent de scie

Les deux premiers matches de la Viola se passent très mal avec des défaites contre l’Internazionale (3-0) et la Sampdoria (2-1). L’inquiétude monte, mais le match suivant témoigne d’une belle réaction de la part de la Fiorentina face à l’Hellas Vérone (5-0). Un festival qui laisse entrevoir de belles promesses. Pourtant, la confirmation ne viendra pas.Après un excellent mois de septembre, la Fiorentina retrouve le ventre mou suite à une irrégularité chronique. Capable de nettement dominer des concurrents directs tels le Torino (3-0) où d’accrocher d’excellentes formations comme la Lazio (1-1), Naples (0-0) où le Milan AC (1-1), la Viola peut complètement se désunir à l’image d’une lourde défaite contre l’Hellas Vérone le 28 janvier dernier. Pourtant, la Fiorentina marche sur l’eau depuis près de deux mois. Une excellente passe qui se traduit désormais par une septième place en championnat à deux points d’une place qualificative en Ligue Europa.

Toutefois son classement actuel pourrait malgré tout lui permettre de retrouver la Coupe d’Europe puisqu’en cas de victoire de la Juventus en Coupe d’Italie ou de présence de l’AC Milan dans le Top 6 de la Serie A, le septième rang serait synonyme de qualification en Ligue Europa. Pour rêver, la formation de Stefano Pioli compte avant tout sur trois de ses hommes forts. En tête d’affiche figure Federico Chiesa. Véritable produit de la formation florentine, le fils de l’ancien buteur Enrico Chiesa a pris le flambeau de son père en devenant un des attaquants les plus prometteurs d’Italie. Sélectionné avec la Squadra Azzura lors du dernier rassemblement de l’équipe nationale transalpine, il réalise une saison solide avec 6 buts et 7 passes décisives cette saison. À ses côtés, figure également Giovanni Simeone. Malgré des débuts poussifs, l’ancien attaquant de River Plate s’est aujourd’hui fondu dans le moule de la Viola. Capable de jouer dos au but, de faire des différences lors face à face, solide dans les transmissions. Il dispose d’un profil assez complet qui sublime le jeu de la Fiorentina.

Si sa réussite face aux buts (10 buts en 31 matches) peut être encore plus importante, il s’est progressivement adapté pour devenir actuellement indispensable à la pointe de la Viola. Également arrivé cet été, le Français Jordan Veretout vit lui aussi de beaux jours en Toscane. Indéboulonnable au milieu de terrain, il fait désormais figure de taulier dans l’entrejeu de la Fiorentina. Interrogé par le Corriere dello Sport, il faisait part de son adaptation express : « Avec Saint-Étienne, j’avais fait une bonne saison et j’ai découvert l’Europa League. Mais je voulais jouer à l’étranger et mes préférences allaient à l’Italie ou l’Espagne. Saint-Étienne me voulait absolument et j’avais presque dit oui. J’avais réfléchi et j’avais presque accepté, mais quand l’information est sortie dans les journaux, énormément de clubs m’ont contacté. Et quand j’ai vu que, parmi ces clubs, il y avait la Fiorentina, j’ai compris que, pour moi, c’était la meilleure solution. C’est un club qui me parle, un club historique, une grande équipe du championnat italien. »

Un groupe uni dans la douleur

Le 4 mars dernier, la Fiorentina doit jouer contre l’Udinese. Si la Viola ne s’incline pas ce jour-là, cette journée sera bien pire qu’une défaite. Dans la nuit, le défenseur et capitaine Davide Astori, est retrouvé mort dans l’hôtel où avait séjourné l’équipe au petit matin. Victime d’un arrêt cardiaque durant la nuit, il décède à l’âge de 31 ans. Un véritable drame pour la Fiorentina qui va pleurer son joueur pendant de nombreux jours.. Sportivement, la rencontre est annulée et aura lieu plusieurs semaines après. Moralement atteints, les Florentins auraient pu sombrer dans la déprime suite à la perte d’une personne appréciée par le club. Pourtant ce sera tout le contraire. Motivés par cette tragédie, les Toscans vont afficher un état d’esprit collectif irréprochable. Avec cinq victoires en cinq matches, ils se retrouvent désormais au septième rang de la Serie A.

Point d’orgue de cette excellente période, une victoire solide sur le terrain de l’AS Roma (2-0) la semaine dernière. Dominateurs tout au long de la rencontre, ils ne laisseront pas la moindre chance aux Giallorossi. Pour souligner encore plus cette performance, les Romains élimineront le FC Barcelone de la Ligue des Champions trois jours après. Suite à ce succès, Stefano Pioli se félicité de la performance de ses joueurs. Comme le rapporte Tuttosport, l’ancien technicien de l’Internazionale mettait en avant l’implication de son équipe : « C’est une victoire très importante en raison de la force de Rome. Nous avons eu une très bonne approche, nous avons souffert et nous avions aussi un peu de chance. Mais pour l’engagement et le dévouement que je pense est un résultat mérité. Nous faisons plus que l’on pensait et nous savions que pour gagner ici, nous devions faire quelque chose de plus : une dédicace à Astori. Davide est toujours avec nous, et tout ce que nous faisons lui est dédié. » Un hommage que la Fiorentina ne cessera pas de donner jusqu’à la fin de la saison. Avec pour récompense, une éventuelle qualification en Coupe d’Europe la saison prochaine. Cela débute dès dimanche avec la réception de la SPAL.