Un retour aux sources. Retraité des terrains depuis 2018, Thiago Motta (37 ans) avait déjà une idée bien en tête : devenir entraîneur. Un désir que le Paris Saint-Germain lui a permis d’assouvir en lui confiant les rênes de son équipe U19. Pendant un an, l’ancien milieu de terrain a ainsi pu découvrir son nouveau métier, même si l’expérience s’est terminée de manière prématurée. Pas de quoi remettre en question son envie de coacher (il a d’ailleurs répété son envie de prendre les rênes du PSG un jour) puisque le 23 octobre dernier, le Genoa a fait appel à ses services pour tenter de se sauver de la relégation. Un come-back dix ans après avoir disputé sa seule saison en Ligurie, avant de rallier la Lombardie et l’Inter Milan de José Mourinho.

« Ç’a été une surprise parce que c’est un coach jeune qui n’a entraîné que les jeunes du PSG. Mais ici, il a laissé un souvenir incroyable il y a dix ans. Il avait réalisé un grand championnat avec 6 buts marqués notamment. A cette époque, surtout à partir de 2009, c’était le milieu de terrain le plus fort d’Italie après Andrea Pirlo. Donc les tifosi du Genoa ont apprécié son retour. En termes d’expérience, il y a forcément une inconnue mais il faut rappeler qu’il a joué avec de grands champions. A l’Inter, il était avec Mourinho, Cambiasso, Eto’o, Zanetti, Milito donc il a une grande expérience et du charisme. Il a joué au PSG avec d’autres grands noms aussi. Il apporte beaucoup d’expérience aux joueurs du Genoa. Le charisme se fait sentir dans le vestiaire. Les joueurs sont très réceptifs à ses idées parce que c’est Thiago Motta. Il a gagné tant de choses en Italie, donc ça marque », nous a expliqué Gabriel Lepri, journaliste à Tele Nord.

Un pari risqué mais séduisant

Malgré sa faible expérience en tant qu’entraîneur, Motta a donc su séduire les observateurs de par son passé de joueur ayant soulevé les plus beaux trophées en club. Mais aussi grâce à sa réputation de leader de vestiaire. Alors, même si le Genoa lutte pour sa survie et doit rapidement engranger des points, le pari Motta plaît. D’autant qu’un fameux exemple en Italie joue en sa faveur. « Oui, c’est un gros risque, mais si le Genoa a pris Motta c’est parce qu’il croit en lui, en l’homme et son désir de bien faire. Il faut se rappeler qu’il y a quelques années, la Lazio avait choisi un entraîneur avec très peu d’expérience : Simone Inzaghi. Il a fait gagner plusieurs trophées à la Lazio (1 Supercoupe d’Italie en 2017 et une Coupe d’Italie en 2019). », poursuit Lepri.

En termes d’image, l’arrivée de Motta est donc une réussite, pour le moment. Et sur le terrain ? A l’heure actuelle, l’ancien a Parisien a dirigé 5 rencontres pour un bilan de 1 victoire (contre Brescia), 2 nuls (face à Naples et SPAL) et autant de revers (contre Udinese et la Juventus). La lutte pour le maintien est encore loin d’être gagnée, mais plusieurs facteurs laissent tout de même fleurir de l’optimisme dans les travées du stade Luigi-Ferraris. Adepte de la philosophie d’un ancien de la maison, Gian Piero Gasperini, Motta a une idée fixe en tête pour son équipe : le beau jeu. En clair, si la lutte pour le maintien se résume dans de nombreux pays par une nécessité de prendre des points sans forcément prêter attention à la qualité du jeu, Motta se veut fidèle à certains principes. A Gênes, le natif de São Bernardo fait donc bonne impression et son envie de faire partir le jeu dès la première passe du gardien plaît. Une influence “gasperinienne” que Motta avait également du temps de son passage à Paris.

Motta pas fan du bétonnage

Ce qui explique ainsi pourquoi les matches contre la Juventus (défaite 2-1) et Naples (1-1) ont laissé de bonnes impressions malgré des résultats mitigés. « Contre la Juve, le Genoa a perdu dans les arrêts de jeu, sur un penalty. Il méritait le nul. Contre Naples, le Genoa a failli gagner. Mais durant ces matches, ce qui a plu, c’est son système de jeu et toujours cette volonté de bien faire circuler le ballon, même contre des équipes censées être plus fortes. Car quand d’autres clubs jouent de manière très défensive, Motta, lui, joue ce genre de rencontre face aux gros avec l’envie de gagner, avec une formation offensive. Il n’a pas tenté le fameux 2-7-2 (qu’il avait tenté avec les U19 du PSG). Il joue plutôt en 4-2-3-1 », indique Lepri.

Un système dans lequel Motta s’appuie sur deux hommes en particulier. L’expérimenté macédonien Goran Pandev (36 ans) et le tout jeune milieu colombien Kevin Agudelo (21 ans). Deux joueurs qui ont vu leur temps augmenter depuis la prise de fonction de Motta. Lancer dans le grand bain les jeunes pousses, un autre trait qui caractérise le coach Motta. « Si je fais jouer les jeunes, c’est parce que je suis convaincu qu’ils peuvent faire l’affaire à ce niveau. Notre vraie victoire ne sera pas seulement de faire jouer les jeunes, mais les meilleurs jeunes », a-t-il déclaré lundi soir, après avoir été interrogé sur la présence d’Agudelo dès le coup d’envoi et l’entrée en jeu de l’attaquant batave Denilson Cleonise (17 ans) lors du match nul décroché sur la pelouse de la SPAL.

D’autres éléments, en revanche, ont déjà été mis au parfum quant à une possible fin d’aventure. C’est le cas de quatre joueurs tels que Jawad El Yamiq, Antonio Barreca (prêté par Monaco), Riccardo Saponara ou encore Antonio Sanabria. Des choix pour lesquels Motta a les coudées franches, sa cote de popularité étant au plus haut en dépit de la situation sportive compliquée. « Pour le moment, il n’a raté qu’un seul match, celui contre l’Udinese (défaite 3-1 à domicile). (…) Mais les observateurs et les tifosi seront patients avec lui. » À Motta de ne pas perdre ce crédit.