Dans un football italien marqué par la crise économique et les affaires tumultueuses du Calcioscomesse, le parcours de la Squadra Azzurra à l’Euro fait office de vraie bouffée d’air frais dans la botte transalpine. Malgré tout, ce rêve éveillé ne peut masquer à lui seul les déboires que traverse la Serie A, et les clubs présents de l’autre côté des Alpes doivent faire face à des réalités économiques loin d’être des plus roses. Hormis une Juventus Turin qui semble avoir encore de quoi se montrer active sur le marché des transferts, difficile d’en dire autant des autres écuries italiennes. Auteur du triplé Championnat-Coupe-Ligue des Champions en 2010, l’Inter Milan est ainsi au centre de toutes les inquiétudes.

À l’image des deux Olympiques en France, les Nerazzurri traversent une période de vache maigre financièrement parlant. Loin de pouvoir assumer son train de vie de sénateur, l’écurie lombarde va devoir apprendre à se serrer la ceinture. Alors, à quoi doit-on s’attendre en ce qui concerne le mercato interiste ? Et bien c’est une vague de départs qui se profile à l’horizon. Payant grassement des joueurs au rendement parfois discutable, la direction milanaise compte rectifier le tir. Et ils sont ainsi sept éléments à devoir changer d’air. Julio Cesar, Lucio (Turquie ?), Maicon (Real Madrid ?), Andrea Ranocchia (PSG ?), Luc Castaignos (Montpellier ? Bologne ? Premier League ?), Diego Forlan (Internacional Porto Alegre ?) et Giampaolo Pazzini se voient indiquer la direction de la sortie. Si cela devrait donc bouger dans le sens des départs, difficile d’en dire autant au rayon des arrivées.

Interrogé par Tele Radio Stereo, le directeur Marco Branca annonce une cure d’austérité : « L’Inter a des idées pleins la tête, il nous manque de quoi les mettre en place. Nous allons devoir faire des choix, qui pèseront d’un point de vue économique, mais qui pourront porter leurs fruits dans quelques années. Comparé aux plus grands clubs d’Europe comme les Espagnols, City, United, ou Chelsea, nous avons les mêmes dépenses mais la moitié de leurs ressources. Nous devons donc prendre des décisions douloureuses mais nécessaires, parce que ce n’est plus tenable. L’Inter est dans une situation où avant de dépenser 15-20 millions pour un joueur, il faut réfléchir. Je comprends que pour les supporters, il est difficile de se faire à cette nouvelle politique ».

Vous l’aurez donc compris : entre une vague de départs obligatoire et des arrivées à prix réduit, l’Inter Milan vogue en eaux troubles. Et pour ne pas se noyer, le sous-marin lombard espère mettre la main sur des recrues abordables financièrement. Au poste d’avant-centre, les Nerazzurri se penchent sur le cas de Mattia Destro. Un intérêt que la direction ne masque plus, mais pour l’heure aucune avancée significative n’a eu lieu dans ce dossier. Pour ce qui est de la défense, un latéral droit est espéré. La piste menant à Mathieu Debuchy semble se refroidir, les Nerazzurri n’ayant pas de quoi mettre un chèque avoisinant les 10 M€ sur la table. Du coup, c’est le Barcelonais Adriano qui serait actuellement suivi de près. Sur le toit de l’Europe il y a deux saisons, l’Inter doit désormais jouer les fourmis pour ne pas se retrouver sans le sou. Qui a dit que tout n’allait pas très vite dans le monde du ballon rond ?