Parisiens et Bordelais ont donné le coup d’envoi de la saison 2013/2014 avec cette nouvelle édition du Trophée des Champions qui s’est déroulée au Gabon, à Libreville plus précisément. Une compétition loin d’être prise à la légère, surtout par les hommes de Laurent Blanc qui ont démarré la rencontre en mettant le pied sur le ballon. Plus à l’aise techniquement, les Parisiens n’ont pas tardé à se distinguer grâce au quatuor Pastore-Lucas-Ibra-Lavezzi. Vif, très en jambes, c’est Pocho Lavezzi qui profite d’un ballon perdu par les Girondins pour allumer la première mèche (13e). Avec un bloc défensif positionné très haut, les Rouge-et-Bleu récupèrent un grand nombre de ballons, tout en profitant du déchet technique adverse. Submergés, les partenaires du local de l’étape, Poko, peinent à contenir les feux follets Lucas et Lavezzi et accumulent les fautes. Une aubaine pour le maître artificier Motta qui s’est chargé de mettre Carrasso en alerte à plusieurs reprises (11e, 20e).

Scruté pour l’un de ses derniers matches avant l’arrivée d’Edinson Cavani, Ibra a fait du Ibra, à savoir un jeu assez reculé avec de multiples combinaisons avec ses milieux offensifs. Face au but, le Suédois ne s’est, en revanche, pas trop aventuré dans la surface adverse. Sa seule tentative de la première période a d’ailleurs été un tir non cadré à vingt mètres du but. De leur côté, après vingt minutes plutôt discrètes, les Marine-et-Blanc se sont réveillés par l’intermédiaire d’Obraniak (20e) et de Poko (23e) qui ont tous les deux sorti Sirigu de sa torpeur. Mais sans grand danger pour l’Italien. Fort en intensité, le match devient alors plus équilibré, même si Lavezzi, lancé par Pastore, se retrouve une fois de plus dans la surface de Carrasso. Le Sud-Américain a encore une balle de but dans les pieds, mais cette fois-ci c’est Sertic qui sauve les siens (27e). Bordeaux encaisse les vagues d’attaques parisiennes et place des contres souvent bien menés par l’intenable Maurice-Belay. Le milieu gauche bordelais a d’ailleurs été le détonateur des siens et de la rencontre. Sur un nouveau débordement, ce dernier profite de l’apathie de Jallet pour servir Saivet qui ne se fait pas prier pour tromper Sirigu de la tête (0-1, 38e). Le stade exulte. Bien regroupés, les Girondins peuvent alors voir venir. Paris évolue en 4-4-2, mais ni Pastore, ni Lucas ne cherchent à déborder pour étirer le bloc adverse. Résultat : Ibra est cerné de défenseurs, il faut souvent attendre un éclair de Lavezzi, souvent recherché dans la profondeur, pour espérer une occasion franche et Paris semble incapable physiquement de changer de rythme.

Au retour des vestiaires, les Franciliens ont logiquement le ballon et tentent de revenir au score. Mais Bordeaux est bien en place défensivement. Et face à des Parisiens peu inspirés, Maurice-Belay, encore lui, manque de doubler la mise sur une frappe qui frôle le poteau gauche de Sirigu (56e). Bordeaux est dans une bonne phase et Poko, parti dans un rush, transperce l’arrière-garde parisienne et oblige Sirigu à sortir un nouvel arrêt décisif (59e). Au grand dam du stade de Libreville qui aurait bien aimé voir son Gabonais marquer. Au fil des minutes, la rencontre tourne à l’attaque-défense avec Paris dans le rôle de l’assaillant stérile et Bordeaux dans la peau du défendant tanguant, mais tenant bon.

Pour essayer de redynamiser ses hommes, Blanc décide alors de lancer les jeunes Coman et Ongenda dans le combat. Un choix qui a failli se traduire par l’égalisation du PSG sur une tête victorieuse d’Ibrahimovic. Malheureusement pour le Suédois, son but est invalidé par une position de hors-jeu inexistante (79e). Une frustration qui n’a pas duré bien longtemps. Servi dans l’axe par Lucas, Ibra adresse immédiatement un ballon piqué à destination d’Ongenda qui se jette pour égaliser (1-1, 81e). Blanc peut jubiler. Frais, Coman et Ongenda mettent alors le feu à des Bordelais usés physiquement. Le tournant du match. Acculés, les Girondins continuent de concéder de nombreux coups de pied arrêtés. Et s’ils s’en sont sortis durant 94 minutes, les vainqueurs de la coupe de France 2013 ont fini par céder au bout du temps additionnel. Sur un énième coup franc de Lucas, Alex s’élève plus haut que tout le monde et scelle la victoire parisienne (2-1, 95e). Bordeaux peut avoir des regrets. Le PSG s’offre ainsi le troisième Trophée des Champions de son histoire après ceux remportés en 1995 et 1998. À moins d’une semaine de la reprise du championnat, les champions de France en titre restent néanmoins perfectibles, mais ils le sont avec un trophée en plus dans leur escarcelle.

Homme du match : Alex (6,5) : sobre, il n’a pas commis de faute grossière ce soir. Bon dans ses anticipations, il a également été propre dans les airs. Titularisé en lieu et place de Sakho, le Brésilien est loin d’avoir donné tort à son entraîneur, d’autant qu’il s’est offert le luxe de donner la victoire aux siens de la tête sur coup franc au bout du temps additionnel (95e).

PSG :

- Sirigu (6) : soirée frustrante pour l’Italien. Pas vraiment inquiété sur les premières tentatives bordelaises (20e, 23e), il est lâché par ses défenseurs sur l’unique grosse occasion adverse qui amène l’ouverture du score (38e). Davantage sollicité en seconde période, il a eu des sueurs froides sur une tentative de Maurice Belay (56e) avant de sortir le grand jeu face à Poko (59e).

- Jallet (3,5) : mis à mal par les débordements de Maurice-Belay, le latéral parisien a pris le bouillon ce soir. Très peu en vue offensivement, il est coupable d’un marquage trop lâche sur l’ouverture du score de Saivet (38e).

- Silva (6) : entré en cours de jeu face au Real Madrid la semaine dernière, le capitaine du PSG reste fidèle à lui-même. Prompt dans ses interventions, il manque même d’être buteur sur coup de pied arrêté (11e, 20e, 49e). Seul hic, son apathie sur le but de Saivet (38e) où il est trop loin du Bordelais pour pallier la faute de marquage de Jallet.

- Alex (6,5) : voir ci-dessus.

- Maxwell (5) : lors des phases de contre, les Bordelais ont souvent joué dans son dos, obligeant un défenseur axial à venir lui prêter main-forte. Un constat compréhensible puisqu’il devait aider les siens à revenir au score durant une bonne partie du match. Néanmoins, pas de montées tranchantes à mettre à son actif.

- Matuidi (5,5) : comme à son habitude, il a ratissé le milieu de terrain. Homme à tout faire, il a toutefois manqué un peu de fraîcheur physique. Mais cela viendra au fil des matches.

- Motta (5,5) : toujours aussi précieux pour ses transmissions de balle, l’Italo-Brésilien s’est surtout mis en valeur sur coups de pied arrêtés. Très bon tireur, il a failli être passeur décisif à deux reprises pour Thiago Silva. Remplacé par Verratti (72e).

- Lucas (6) : positionné sur l’aile droite, le Brésilien a trop souvent repiqué dans l’axe. Un problème pour l’attaque parisienne puisque Jallet a très peu monté pour compenser en termes de débordements. Il a surtout profité des coups de pieds arrêtés pour tenter de se distinguer. Une bonne chose puisqu’il a été passeur décisif en toute fin de match sur le but de la victoire d’Alex (95e) après avoir été à l’origine du but égalisateur d’Ongenda (81e).

- Pastore (5) : à l’instar de Lucas, l’Argentin s’est très rarement mis en position de débordements. Pas une surprise vu son profil. Il a néanmoins réussi à combiner avec Ibra et à donner quelques bonnes munitions de but à son compatriote Lavezzi, dont très nette à la 27e minute. Plus discret cependant au fil des minutes. Remplacé par Ongenda (72e). Pleine de fraîcheur, la jeune pousse prometteuse du PSG a parfaitement répondu présent, car c’est lui qui, sur une passe d’Ibra, se jette pour égaliser (1-1, 82e).

- Ibrahimovic (6) : aux côtés de Lavezzi, le Suédois a une nouvelle fois joué dans une position plus reculée que l’Argentin. Résultat : en première période, il n’a quasiment rien eu à se mettre sous les dents hormis une frappe lointaine non cadrée (17e). Davantage en vue au retour des vestiaires, il est passé par toutes les émotions. Buteur malheureux pour un hors-jeu injustement sifflé (79e), il se rattrape dans la foulée en étant passeur décisif sur le but égalisateur d’Ongenda (81e).

- Lavezzi (6) : très en jambes dès les premières minutes du match, il a subi un bon nombre de fautes. Mais il en fallait plus pour le meilleur Parisien ce soir. Mis en position de tir à de nombreuses reprises, il a encore péché par manque d’efficacité (13e, 27e, 54e). Il a toutefois été le seul à proposer des solutions. Il a d’ailleurs été le Parisien le plus souvent recherché par le reste de l’équipe. Remplacé par Coman (72e).

Bordeaux :

- Carrasso (5,5) : auteur d’un début de match parfait, le gardien bordelais s’est imposé remarquablement devant Lavezzi (12e) qui filait seul au but et s’est offert une sortie très autoritaire dans les pieds d’Ibrahimovic (41e). Après une nouvelle frappe de Lavezzi bien captée (53e), Carrasso va craquer au pire des moments face au nouvel entrant Ongenda (81e). Puis au bout du bout du temps additionnel, il se fait crucifier par Alex à la réception d’un coup-franc de Lucas (95e). Frustrant.

-  Mariano (6) : intéressant offensivement grâce à plusieurs montées bien senties, le Brésilien s’est montré impeccable en défense en fermant parfaitement son couloir gauche et obligeant les Parisiens à s’entêter dans l’axe. Mariano a également bien bloqué Maxwell, inoffensif ce soir. Un bon match.

-  Sertic (6) : bien rentré dans la partie, le défenseur central a tout de suite eu du pain sur la planche devant Lavezzi et Ibrahimovic. Le Croate a bien rempli sa mission en écartant le danger à de nombreuses reprises, comme sur ce sauvetage incroyable devant le buteur argentin (26e), qui filait au but. Maitre des airs dans sa surface, il a fait la différence sur les coups de pieds arrêtés adverses.

-  Sané (5) : rapidement touché dans ce match, Sané a éprouvé toutes les peines du monde à contenir les attaquants parisiens et particulièrement Lavezzi, très actif, mais peu précis, en première période. Meilleur après la pause où il a bien fermé l’axe de la défense aux côtés de Sertic, il perd l’ultime duel de la rencontre face à Alex, qui donne la victoire aux siens juste avant la séance de tirs au but.

-  Poundjé (5) : quelques bonnes interventions à mettre à son actif, mais le latéral n’a quasiment jamais emprunté son couloir afin d’apporter des solutions. Côté défensif, il a parfois souffert face à la vitesse de pointe de Lucas et a fait preuve d’un manque de concentration sur plusieurs de ses passes. Dommage.

-  Poko (5,5) : s’il s’est montré plutôt imprécis dans ses transmissions depuis l’entrejeu, le milieu de terrain a fait preuve d’une grosse envie à l’image de ce déboulé incroyable que Sirigu parvient à sortir miraculeusement (58e). Toutefois, son impact dans le jeu de son équipe a été insuffisant ce soir. Il perd d’ailleurs un duel importantissime face à Ongenda qui peut égaliser (81e).

-  Nguemo (4) : l’ancien milieu de terrain de Nancy est passé à côté de son match ce soir. Invisible à la récupération aussi bien qu’à la construction du jeu, il a semblé perdu sur le terrain en première période. Un peu mieux en seconde mi-temps où il a récupéré quelques bons ballons dans les pieds parisiens. Averti pour une faute d’antijeu sur Lavezzi qui partait au but (45+2e).

-  Plasil (4) : beaucoup trop discret sur son côté droit, le capitaine girondin n’a que trop rarement été cherché par ses partenaires qui préféraient passer par Maurice-Belay, en feu ce soir. Excentré, il n’a pas du tout pesé sur le jeu de son équipe, alors que sa qualité de passe aurait pu faire mal aux Parisiens. Dommage. Remplacé par Jussiê (93e).

-  Obraniak (5,5) : peu en vue en début de match où il n’a pas touché beaucoup de ballon, l’ancien Lillois a cadré la première frappe du match côté Bordelais, également bien servi par Maurice-Belay. Mieux par la suite, il a gratifié ses partenaires de déviations intéressantes qui auraient pu se transformer en passe décisive sans la maladresse de ses coéquipiers (46e,74e, 58e).

-  Maurice-Belay (7) : le meilleur bordelais sur la pelouse ce soir. L’ancien ailier de Sochaux a fait beaucoup de mal à la défense parisienne et notamment à Jallet. Facile dans ses dribbles, incisif et surtout, très précis, il a fait vivre un calvaire au latéral droit parisien. A l’origine de l’ouverture du score girondine après un énième débordement, c’est lui qui délivre un super centre pour la tête de Saivet (38e). Toujours aussi redoutable après la pause, il n’a pas hésité à prendre sa chance de loin (46e, 52e) et aurait même pu inscrire un but (55e) mais sa frappe rase le montant de Sirigu. Remplacé par Sacko (93e).

-  Saivet (6,5) : peu en réussite dans ses choix en début de rencontre, c’est lui qui ouvre la marque (38e), à la réception d’un super centre de Maurice-Belay. Mis en confiance après son but, Saivet a enfin provoqué et n’a plus hésité à prendre les choses en mains. Plus disponible, il s’est même permis un subtil lob qui aurait pu tromper Sirigu, mais sa tentative passe juste au-dessus de la cage parisienne. Légèrement touché à la cheville, il est remplacé par Ben Khalfallah (93e).