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Un Real Madrid au bord de l’implosion ?

25/03/2008 - 12 h 05 - Matthieu Margueritte

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Jusqu’ici, tout va bien. Le plus dur c’est pas la chute, mais l’atterrissage. Voilà à quoi pourrait se résumer la situation actuelle du Real Madrid. Pour le moment, la Casa Blanca n’est pas en feu. Pas encore tout du moins. Premiers de Liga avec quatre points d’avance sur l’ennemi juré barcelonais, les Merengues possèdent encore une petite marge de sécurité, mais les dirigeants madrilènes ne sont pas dupes. La première moitié de saison de rêve des partenaires de Raúl n’a plus rien à voir avec ce que connaissent actuellement les hommes de Bernd Schuster.

Avant la trêve hivernale, les champions d’Espagne en titre écrasaient tout sur leur passage, toute compétition confondue (Liga, Ligue des Champions, Coupe du Roi). Résultat, sur leurs 25 matchs disputés jusqu’à fin décembre, les Merengues en ont remporté 16 pour 5 nuls et seulement 4 défaites. Possédant, près de huit points d’avance sur le Barça, tout le monde s’attend alors à voir l’ancienne équipe de Zinedine Zidane défiler sur la plaza de Cibeles en mai prochain avec un public chantant le fameux « Hala Madrid ! » pour célébrer un deuxième titre consécutif, le trente-et-unième du club. Du côté de Santiago Bernabeu, les socios se mettent même à croire en un historique triplé Liga-LDC-Coupe du Roi.

Des objectifs qui tombent

Le rêve va cependant perdre de sa magie. Dès la première quinzaine de l’année 2008, Majorque vient anéantir les espoirs de triplé en venant infliger à l’équipe préférée du Roi sa première défaite à domicile de la saison en quarts de finale de Coupe du Roi. Incident ou baisse de forme, à Madrid on préfère privilégier la première hypothèse. À tort. En un peu plus d’un mois et demi, la bande de Schuster concède plus de défaites que durant les cinq derniers mois de 2007 (7 en 12 rencontres) et va connaître une nouvelle cruelle désillusion. La réussite n’est plus au rendez-vous et c’est le début d’une lente chute qui voit tous les objectifs du club s’évaporer tour à tour.

En effet, après la coupe nationale, c’est la porte de la Ligue des Champions qui se referme d’un seul coup sur les coéquipiers de Casillas avec la déroute face à la Roma de Giuly et Mexès. Pour la quatrième fois consécutive, le Real n’accède pas aux quarts de finale et devra patienter encore un an pour espérer accrocher sa dixième LDC. Cette double défaite face aux Romains jouera d’ailleurs un rôle important dans la tête des Madrilènes qui n’ont plus que le championnat pour sauver leur saison. En effet, si un deuxième sacre national consécutif rendrait la monnaie de sa pièce au rival catalan (vainqueur en 2005 et 2006), la coupe aux grandes oreilles était bel et bien le but principal des dirigeants qui n’ont plus connu cette ivresse depuis 2002 et la reprise de volée magique de Zizou qui avait permis au Real de remporter sa neuvième étoile.

Une équipe sans réaction

Mais le problème pour Madrid c’est que les pépins physiques viennent s’ajouter au plus mauvais moment de la saison. Après la bérézina en LDC, les Madrilènes croyaient avoir repris du poil de la bête en gagnant face à l’Espanyol, mais ils sont vite retombés dans leurs travers en s’inclinant deux fois consécutivement face au Deportivo et à Valence le week-end dernier. De plus, la blessure de longue durée du meilleur buteur de l’équipe, Ruud Van Nistelrooy, a mis en évidence les carences du Real à pouvoir remplacer son attaquant vedette par des joueurs compétitifs. Higuaín et Saviola n’ayant pas vraiment le rendement escompté avec respectivement trois et deux buts inscrits.

Pour le président Ramón Calderón, cette situation ne peut plus continuer ainsi. En effet, si la crise naissante du Real avait été masquée un temps par les contre-performances de son dauphin blaugrana qui n’a pas su profiter de la baisse de forme pour se rapprocher, la situation a radicalement changé aujourd’hui. Avec quatre points d’avance, les Merengues ont vu leur avance de huit points fondre comme neige au soleil et n’ont désormais plus aucun droit à l’erreur. « Ou cette situation change ou nous coulons », a alors lâché Calderón qui a réuni en urgence tous les décideurs du club pour analyser cette absence de réaction de l’équipe.

Nul doute qu’une troisième défaite de rang face à Séville conjuguée à une victoire du Barça, qui ramènerait les Catalans à un petit point, pourrait avoir des conséquences plus que néfastes pour un club dont le comble serait de rendre copie... blanche en fin de saison. Là oui, l’atterrissage serait plus que difficile.