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Zoom sur... Pascal Berenguer : le poumon corse de l’ASNL

10/05/2008 - 11 h 09 - Aristide Mamilo

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Le poumon n’est pas l’organe le plus visible du corps humain et pourtant, il fait partie de ceux sans lesquels le cycle vital ne serait pas possible.

L’échange, la régulation et la filtration caractérisent son fonctionnement, comme d’ailleurs celui du milieu de terrain défensif Pascal Berenguer (26 ans). Au sein de l’animation de jeu mise en place par Pablo Corréa à Nancy, il permet la ventilation du jeu.

Travailleur de l’ombre, le natif de Marseille n’est pas le joueur qui recueille le plus les lauriers du succès de l’équipe lorraine cette saison. Et pourtant, son rôle et son emprise dans le jeu de Nancy expliquent cette confiance manifeste de son équipe à quelques heures de la rencontre capitale contre le leader lyonnais, et qui pourrait concourir à écrire l’une des pus belles pages de l’histoire de l’ASNL depuis Platini (en lutte pour une qualification en C1).

A la recherche de reconnaissance après des débuts professionnels difficiles, Berenguer est en passe de réussir son pari, un pied de nez à son club formateur le SC Bastia qui avait cru bon de déceler ce potentiel naissant, sans pour autant faire preuve de mansuétude pour favoriser son éclosion.

Des débuts professionnels difficiles

Alors que certains gamins font déjà partie des classes biberons de clubs professionnels, Pascal Berenguer va rouler sa bosse dans le monde amateur à Corte. Il signe sa première licence dans le club local, puis rejoint le rangs de l’Etoile Filante Bastiaise. Membre de l’équipe régionale, il tape dans l’œil des recruteurs du Sporting Club de Bastia, qui l’intègre dans leur centre de formation en catégorie moins de 17 ans.

Malgré l’absence de socialisation aux rudiments de la formation dont ont bénéficié les autres jeunes, certains dès l’âge de 8 ans, par sa hargne, sa soif d’apprendre, et sa détermination, il réussit à combler le retard au point d’intégrer les équipes de France de sa catégorie.

Malgré un titre de champion d’Europe en 2000, et une place de quart de finaliste du championnat du monde des 20 ans en 2001 avec l’équipe de France, le club corse ne lui accorde pas sa confiance. Avec un seul match à son actif en D1 entre 1999 et 2001, il sollicite un prêt accordé pour Istres en D2.

De Istres à Nancy : la révélation et la confirmation

Au sein du club des Bouches-du-Rhône, il va trouver du temps de jeu et en même temps l’occasion de prouver que sa valeur n’était pas usurpée. Increvable dans son rôle de récupérateur, doté d’une frappe de balle surpuissante qui n’est pas sans rappeler Franz Sauzée, il va enchaîner les matches et les performances de haute volée. 27 rencontres et 2 buts lors de la saison 2001-2002, 34 matches et 3 buts la suivante, Berenguer devient l’une des valeurs sûres du championnat de L2.

Des états de service qui ont attiré l’attention des recruteurs notamment ceux du club de Série A italienne Lecce, mais aussi Nancy.

En 2003, le joueur va opter pour le projet ambitieux du club lorrain dont l’ objectif est de retrouver l’élite à moyen terme. Ce sera chose fait deux ans plus-tard, avec à la clé un titre de Champion de L2.

Son impact physique, son activité, son sens du placement sans oublier sa frappe de balle dévastatrice, font aujourd’hui l’unanimité en L1, une élite dans laquelle il donne la mesure de ses qualités. Si le talent est le chemin le plus court menant à la réussite, Berenguer démontre que la valeur travail est un palliatif permettant également d’accéder au gratin.

La saison dernière, le milieu de terrain a découvert le haut niveau européen avec la Coupe de l’UEFA, l’année prochaine il y a des chances que la fastueuse Ligue des Champions soit au menu. En tout cas, le Corse aura donné les moyens au club lorrain d’y accéder en participant à 33 rencontres en championnat et en inscrivant 4 buts. Cette trajectoire de carrière qui n’était pas envisagée par ses formateurs, lui fait mesurer l’ampleur du chemin parcouru « Moi, je ne faisais peut-être pas partie des plus doués. Mais je me suis toujours accroché. Alors aujourd’hui, le fait de jouer les premières places avec Nancy, je peux vous dire que je savoure à chaque match ». Et dire que le meilleur est à venir...