«Il faut craindre Arsenal» : le PSG ne veut pas crier victoire trop vite en Ligue des Champions
À dix jours de la finale de Ligue des Champions contre Arsenal, les joueurs du PSG ont affiché sérénité, expérience et prudence lors du media day organisé hier au Campus PSG. Respect total pour le champion d’Angleterre, confiance dans la force collective parisienne et excitation parfaitement maîtrisée, Paris entre doucement dans le tunnel du rendez-vous le plus important de sa saison.
Sous un ciel lourd et dans une ambiance déjà très européenne, le Campus PSG a vécu hier un media day qui ressemblait moins à une opération de communication qu’à une immersion dans les derniers jours avant une finale de Ligue des Champions. Dix jours avant le rendez-vous face à Arsenal, les joueurs parisiens se sont succédé en zone mixte avec un discours commun qui revenait sans cesse entre prudence, confiance et refus total de considérer Paris comme favori évident. Les sourires étaient là, les échanges détendus aussi, mais derrière les blagues et les réponses parfois légères, tous rappelaient la même chose. Arsenal n’est pas arrivé en finale par hasard. Dans les couloirs du Campus PSG, personne ne veut entendre parler d’un PSG déjà vainqueur ou d’un scénario écrit d’avance malgré le statut européen pris par le club ces deux dernières saisons. De Warren Zaïre-Emery à João Neves, de Lucas Hernandez à Désiré Doué, les joueurs parisiens ont tous insisté sur la nécessité de rester concentrés jusqu’au bout. Plusieurs ont évoqué la force collective des Gunners, champions de Premier League, pendant que d’autres racontaient surtout l’atmosphère actuelle du vestiaire parisien.
Un groupe serein, très uni, qui semble vivre cette deuxième finale consécutive avec davantage de calme et d’expérience que l’année dernière. Entre gestion physique, longues séances de travail tactique et moments de respiration en famille, le PSG prépare cette finale dans une forme de bulle maîtrisée. Une bulle où l’excitation est réelle mais où personne ne veut se laisser emporter trop vite par le parfum d’un possible sacre européen. SI les joueurs respectent les Gunners, c’est aussi parce que Luis Enrique avait annoncé la couleur plus tôt en conférence de presse. «On a l’expérience passée contre Arsenal. On connaît leurs qualités. C’est la meilleure équipe du monde sans ballon. Et avec le ballon, ils sont capables de marquer beaucoup. C’est une combinaison merveilleuse. On peut voir une superbe finale. Si vous voyez les statistiques d’Arsenal, vous verrez qu’Arteta est un leader, c’est lui qui a apporté une mentalité de gagnant. Depuis 4-5 saisons, ils s’améliorent chaque année. Ils savent jouer avec le ballon et sans ballon, c’est la meilleure équipe d’Europe. Ils ont gagné la Premier League, ce qui est unique. L’année dernière, nous avons eu le mérite de les battre. Arteta est un très grand entraîneur. Il était au meilleur endroit pour apprendre avec Guardiola. Arteta comme joueur je ne l’ai connu qu’un an à Barcelone».
Des Gunners respectés mais prévenus
Dans les couloirs du Campus PSG, les images des célébrations d’Arsenal après le titre de champion d’Angleterre ont forcément accompagné une partie des échanges en zone mixte. Sacrés en Premier League après le faux pas de Manchester City, les Gunners arrivent lancés vers cette finale de Ligue des Champions et les joueurs parisiens ne cherchent absolument pas à minimiser ce que représente cette équipe londonienne. Très calme face aux médias, João Neves a reconnu avoir vu les nombreuses vidéos qui circulaient depuis la veille tout en rappelant que le PSG avait, lui aussi, terminé champion en France. Le milieu portugais s’attend désormais à une finale disputée avec énormément d’intensité des deux côtés. «J’ai vu beaucoup de vidéos. Ils ont gagné la Premier League. On était champions aussi en France. On est très contents. Je les félicite et maintenant, c’est un match en plus et on va jouer. Ils vont jouer avec plus d’intensité. Nous aussi, on est prêts pour ça.» Plus discret sur le sujet, Désiré Doué a lui reconnu ne pas avoir suivi les images de fête du vestiaire londonien. «Non, j’ai pas vu du tout.»
Même son de cloche du côté de Lucas Hernandez et Nuno Mendes, tous les deux très prudents lorsqu’il a été question du champion d’Angleterre. Le défenseur français a salué un titre « mérité » avant de rappeler qu’Arsenal allait arriver extrêmement motivé pour cette finale européenne. Mais dans le vestiaire parisien, le discours reste le même depuis plusieurs jours. Pas de panique, pas d’excitation excessive, seulement une préparation maîtrisée et une obsession collective tournée vers la victoire finale. «Ils sont champions d’Angleterre, c’est jamais facile. Maintenant, ils sont en finale de Ligue des Champions aussi. Ils vont être très motivés aussi. Et c’est à nous d’affronter ce match de la meilleure des façons. Comme je l’ai dit avant, il faut l’affronter pour le gagner.» Lucas Hernandez a aussi assuré que cette deuxième finale consécutive n’avait rien changé dans la gestion émotionnelle du groupe parisien. «On vit ça de la même manière que l’année dernière. On est conscient qu’on peut continuer à créer l’histoire de ce club, mais on est tranquilles. On garde la même routine. On s’entraîne, on rentre à la maison, on reste avec la famille. On essaye aussi de nous évader un peu de tout ce qui nous entoure, de tout ce que les gens peuvent dire. C’est à nous de rester tranquilles, faire ce qu’on a à faire à l’entraînement et après nous reposer, c’est le plus important.» Dans ce PSG-là, personne ne veut sous-estimer Arsenal. Et surtout pas Warren Zaïre-Emery ou Nuno Mendes, deux joueurs revenus plusieurs fois sur la force collective des Gunners.
Interrogé sur un danger particulier côté londonien, le milieu parisien a refusé de cibler un nom précis, préférant insister sur le niveau global affiché cette saison par l’équipe de Mikel Arteta. «À ce niveau-là, il faut craindre tout le monde. C’est une équipe très forte. On l’a vu, ils sont champions de Premier League. Il va falloir être concentrés et minimiser toutes les petites erreurs. C’est ce qui va faire la différence.» Nuno Mendes, lui, a expliqué ne pas encore avoir regardé les célébrations anglaises mais a immédiatement recentré le sujet sur la finale à venir et sur la nécessité d’être au maximum pendant 90 minutes. «Je crois qu’ils ont gagné hier parce que City n’a pas gagné. Donc félicitations à eux, mais après, on a un grand match à jouer le trente. Je me concentre sur le PSG. Il faudra faire attention. Ils sont une grande équipe. Si on n’est pas au maximum, on peut se faire éliminer dans le dernier match de la Ligue des Champions. Donc on essaie d’être concentrés. Ils ont plusieurs joueurs qui vont à la Coupe du monde aussi. Ce sont des grands joueurs. On essaie d’être bien du début à la fin.» Personne ne fanfaronne au PSG. Malgré le titre de champion de France et une deuxième finale de Ligue des Champions consécutive, les joueurs parisiens refusent de se voir déjà au sommet face à Arsenal. Dans les zones mixtes du media day organisé hier au Campus PSG, un mot est revenu sans cesse entre prudence, méfiance et concentration maximale. Les Gunners sont champions d’Angleterre, arrivent lancés et Paris sait qu’un détail peut encore tout faire basculer.
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