Premier League

L’Angleterre retourne sa veste avec Roberto De Zerbi

Critiqué par une grosse partie des supporters de Tottenham et par de nombreux médias anglais à son arrivée chez les Spurs, notamment pour sa prise de position en faveur de Mason Greenwood, Roberto De Zerbi est en train de retourner l’opinion publique.

Par Dahbia Hattabi
8 min.
Roberto De Zerbi @Maxppp

On peut reprocher bien des choses à Roberto De Zerbi. Certainement pas d’avoir du courage. Le 1er avril dernier, le technicien italien n’a pas blagué lorsqu’il a accepté de prendre les commandes de Tottenham, qui avait déjà épuisé deux entraîneurs avec Thomas Frank et Igor Tudor. Scotché en bas du classement et incapable d’enchaîner les bons résultats, le club anglais a tout fait pour le recruter, persuadé qu’il serait l’homme de la situation pour sauver les Spurs d’une catastrophe industrielle. Libre depuis son départ de l’OM, RDZ a décliné l’invitation dans un premier temps avant finalement d’accepter ce challenge de taille. Certainement l’un des plus grands de sa carrière de coach jusqu’à présent. A son arrivée, l’écurie britannique était 16e de Premier League. Aujourd’hui, elle est 17e. Mais l’état d’esprit a changé et la confiance a regagné les rangs des Spurs. Pourtant, c’était très loin d’être gagné au départ pour De Zerbi. Si son expérience et sa philosophie de jeu ont été loués par certains, l’Italien de 46 ans a pris une vague de critiques en pleine face de la part de supporters et d’associations qui lui ont reproché d’avoir soutenu Mason Greenwood, dont on ne veut plus entendre parler au pays depuis son affaire de violences conjugales.

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En plus de cela, le technicien transalpin a aussi suscité des interrogations au sein des médias et chez les consultants. Certains estimaient qu’il n’était pas le coach qui pourrait sauver la peau de Tottenham. C’était le cas de Danny Murphy, ancien de la maison. «Vous savez, si vous recrutez quelqu’un qui joue de manière pragmatique, les chances de succès sont minces. Je pense qu’ils l’apprécient (De Zerbi) pour le long terme et qu’ils comptent sur lui pour les maintenir en Premier League, coûte que coûte. Mais si vous me demandiez, pour les sept prochains matches, si je préférerais avoir Dyche plutôt que De Zerbi, je dirais oui.» Tim Sherwood était aussi sceptique. «J’adore sa personnalité et la façon dont ses équipes jouent. Mais elles peuvent être vulnérables et se faire écraser lors de certains matches. On ne peut pas se permettre de se faire écraser d’ici la fin de la saison.» Plus d’un mois après son arrivée, le ton est bien différent. Après une défaite face à Sunderland, son équipe a enchaîné un nul contre Brighton puis 2 victoires contre Wolverhampton et Aston Villa. Les résultats suivent donc pour RDZ, qui pose aussi sa patte sur un effectif qui retrouve petit à petit des couleurs. Pourtant, là encore, rien n’a été épargné à l’ancien coach de l’OM qui a perdu plusieurs joueurs sur blessure, dont Xavi Simons.

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Le pari RDZ est en train de payer petit à petit

Malgré cela, il a su s’adapter et même se réinventer. Il récolte des éloges de la presse britannique, à l’image de l’Evening Standard. «Roberto De Zerbi a orchestré un redressement impressionnant à Tottenham après leur sortie de la zone de relégation grâce à une victoire 2-1 à l’extérieur contre Aston Villa le week-end dernier. Un mois seulement après avoir succédé à l’entraîneur intérimaire Igor Tudor, De Zerbi a déjà récolté sept points lors de ses quatre premiers matches, plaçant ainsi les Spurs en pole position dans la course au maintien en Premier League. De Zerbi a hérité d’une équipe qui n’avait plus gagné en championnat depuis décembre et qui semblait se diriger vers une relégation en deuxième division pour la première fois depuis 1977. A présent, à trois journées de la fin, ils ont un point d’avance sur West Ham, 18e au classement, et savent que leur destin est entre leurs mains. Depuis son arrivée dans le nord de Londres, De Zerbi a fait face à de nombreuses blessures, perdant notamment Mohammed Kudus, Cristian Romero et Xavi Simons, tous trois forfaits pour le reste de la saison. L’Italien a toutefois été renforcé par le retour de Rodrigo Bentancur après une grave blessure aux ischio-jambiers. »

L’ES poursuit : «le retour en forme de Bentancur a dynamisé le milieu de terrain des Spurs, l’Uruguayen apportant énergie et dynamisme au cœur du jeu. Les Spurs ont montré un tout autre visage face à Brighton, portés par la prestation infatigable de Bentancur. Depuis le retour de l’Uruguayen dans l’équipe, les Spurs semblent bien plus équilibrés, et le joueur de 28 ans a de nouveau été un élément clé de leur victoire écrasante contre Villa en seulement 25 minutes en première mi-temps dimanche dernier. De Zerbi a opté pour une combinaison au milieu de terrain en laquelle il peut avoir confiance, avec Conor Gallagher et João Palhinha aux côtés de Bentancur. Résoudre les problèmes des Spurs au milieu de terrain a été le plus grand défi de De Zerbi, mais c’est sans doute devenu leur plus grande force. De Zerbi n’a cessé de faire l’éloge du milieu de terrain anglais, le plaçant au cœur de son plan pour maintenir les Spurs en Premier League. L’intensité de Gallagher est essentielle au style de jeu prôné par De Zerbi. Gallagher a été une figure controversée tout au long de sa carrière, mais il a trouvé sa place dans le dispositif de De Zerbi et devrait jouer un rôle crucial pour le reste de la saison. »

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Une équipe qui se métamorphose doucement

La solidité défensive est aussi l’un des points positifs.« Les Spurs avaient encaissé 20 buts lors de leurs sept derniers matches lorsque De Zerbi a pris les rênes fin mars, et n’avaient plus réalisé de clean sheet en championnat depuis le jour de l’An. L’équipe était complètement désorganisée défensivement lorsque De Zerbi a pris les rênes, et il y avait peu de signes d’amélioration puisqu’elle a encaissé trois buts lors de ses deux premiers matches. Depuis qu’ils ont concédé l’égalisation à domicile face à Brighton dans le temps additionnel, les Spurs ont affiché un tout autre visage en défense. La défense des Spurs a été l’épine dorsale de leur récent regain de forme et pourrait faire la différence face à West Ham.» Tottenham fait plus que limiter la casse sous les ordres de Roberto De Zerbi. Le Telegraph est aussi séduit par le nouveau visage des Spurs auxquels RDZ avait demandé «de presser haut et de faire preuve d’énergie et d’une grande combativité pour récupérer le ballon» lors du succès face à Villa. Une rencontre qui a permis de constater des progrès pour le Telegraph.

«Le match a démontré la rapidité des changements que l’Italien tente d’opérer face à cette crise. Les Spurs ont renoué avec la victoire en championnat pour la première fois depuis août, alors qu’ils luttent pour leur maintien en Premier League. Le milieu de terrain est plus résistant (…) Deux victoires, à commencer par celle de ce soir contre Leeds United, assureraient le maintien des Spurs et relégueraient West Ham. De Zerbi a au moins redonné espoir aux Spurs après les erreurs de l’ère Igor Tudor (…) De Zerbi a aligné une équipe qui semble bien plus solide dans cette lutte acharnée pour les points. Le meilleur joueur sous Tudor était le jeune Archie Gray, qui s’est adapté à de nouveaux postes et a su insuffler un nouvel élan à l’équipe malgré une confiance en berne. De Zerbi a préféré aligner un milieu de terrain composé de Conor Gallagher, Rodrigo Bentancur et soit Yves Bissouma, soit – contre Aston Villa – João Palhinha. L’enjeu était de composer une équipe différente, capable de tenir tête au milieu de terrain et de maintenir l’intensité nécessaire pour gagner des matches à ce stade de la saison. Concernant des joueurs comme Bentancur et Palhinha, De Zerbi a expliqué que c’était une question d’"expérience".» Le travail de l’ombre de l’Italien, qui est à la fois manager, entraîneur et psychologue est salué.

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Un entraîneur tout terrain

«Au centre d’entraînement des Spurs, De Zerbi a clairement affiché ses convictions. Selon des sources internes, il s’est montré extrêmement positif et élogieux envers les joueurs et le staff. Aucun changement majeur n’a été entrepris, si ce n’est pour redonner le moral à l’équipe après une saison catastrophique marquée par trois entraîneurs successifs – un véritable désastre pour l’effectif, ses adjoints et les services médicaux et de préparation physique. De Zerbi est arrivé avec seulement deux adjoints – contre beaucoup plus habituellement – et s’est attelé à redynamiser un club en pleine crise. Les joueurs l’apprécient et ont répondu présent. Le chemin est encore long et une relégation historique d’un club du Big Six est toujours possible le 24 mai, mais c’est au moins un début dans le travail colossal de redressement des Spurs de 2026. En privé, De Zerbi s’est particulièrement attaché à redonner confiance au gardien Antonin Kinsky, dont la titularisation, les erreurs qui ont suivi et le remplacement en première mi-temps contre l’Atlético Madrid ont été parmi les pires moments de l’ère Tudor. Avec la blessure de Vicario Guglielmo, il ne fait aucun doute que De Zerbi a besoin de Kinsky.»

Le pari RDZ porte tout doucement ses fruits. Mais il y a encore du travail comme l’assure le coach. «Nous allons affronter l’une des meilleures équipes du moment, car lors de leurs cinq ou six derniers matches, nos adversaires ont battu Manchester United. Ils ont fait match nul à Bournemouth en jouant bien. Ils ont gagné deux fois à domicile, contre Wolverhampton et Burnley. Pour cela, nous avons un grand respect. Nous ne pouvons pas penser autrement. Nous devons conserver cet état d’esprit. Nous devons rester humbles. Rien ne change. Nous devons préparer un match important. Et jouer de la même manière. Nous n’avons pas très bien joué contre les Wolves, mais pendant les 30 premières minutes, nous avons fait un match correct. Contre Brighton à domicile, nous avons très bien joué pendant les 90 minutes et les prolongations. Nous devons rester concentrés sur ce type de performance, cette attitude, cet état d’esprit, et continuer à montrer la qualité de nos joueurs.» Réponse ce soir à 21 heures face à Leeds.

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