Coupe du Monde

L’Espagne s’inquiète pour la Coupe du Monde après un nouveau scandale raciste

 Un chant raciste au RCDE Stadium lors d’Espagne-Égypte jette une ombre sur l’image du football espagnol, à quelques années de la candidature pour accueillir la Coupe du Monde 2030. 

Par Valentin Feuillette
3 min.
Espagne @Maxppp

Le dernier test de la Roja avant la Coupe du Monde 2026 a rapidement été éclipsé, dans les presses nationales ce matin, par un incident raciste au RCDE Stadium de l’Espanyol. Alors que l’Espagne et l’Égypte restaient à égalité (0-0) à la mi-temps, une partie des spectateurs a scandé à plusieurs reprises « Qui ne saute pas est musulman», un chant ciblant la foi des joueurs égyptiens et, ironiquement, celle de Lamine Yamal, la star espagnole, elle-même musulmane. Le président de la Fédération espagnole, Rafael Louzán, a condamné ces comportements avec force : « nous devons condamner, comme il se doit, ces situations spécifiques qui nuisent à l’image du sport». Malgré l’intervention de la direction du stade, qui a diffusé des messages rappelant que la loi interdit tout acte raciste ou xénophobe, le chant est revenu dès le début de la seconde période, montrant la difficulté de contrôler ce type de manifestations dans les stades espagnols.

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Cet incident ne fait que prolonger une inquiétante tendance en Espagne. Depuis plusieurs saisons, les stades de Liga sont régulièrement le théâtre de chants et d’insultes racistes, envers joueurs et supporters, laissant une empreinte négative sur l’image du football espagnol. Des joueurs tels que Vinicius, Kylian Mbappé ou Ansu Fati (pour ne citer qu’eux malheureusement) ont été victimes de comportements similaires, provoquant des sanctions sporadiques mais souvent jugées insuffisantes par la presse et les observateurs internationaux. Selon Dani Garrido, directeur de Carrusel Deportivo, « ce pays, l’Espagne, va accueillir une Coupe du monde et connaît de graves problèmes dans de nombreux domaines, notamment le racisme», soulignant que l’Espagne risque de voir sa crédibilité internationale fragilisée si ces incidents se répètent avant l’organisation de la Coupe du Monde 2030, dont elle est co-hôte avec le Portugal et le Maroc.

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Une réelle inquiétude nationale

Face à la gravité de la situation, la RFEF a tenté de montrer sa fermeté. Louzán a salué le soutien global des 35 895 spectateurs présents, mais a insisté : «Ils nuisent à l’image du sport». La Fédération a rappelé que le protocole antiracisme peut être activé par l’arbitre, les joueurs ou les officiels, mais dans ce match, aucune action concrète n’a été prise sur le terrain, laissant le chant se répéter. De son côté, l’Espanyol, responsable de la sécurité du RCDE Stadium, collabore avec la police catalane des Mossos d’Esquadra pour identifier les auteurs des cris. Une tâche rendue complexe par l’ampleur et la rapidité des événements. L’incapacité à sanctionner immédiatement ces comportements met en lumière les lacunes dans la prévention des actes racistes lors des matches amicaux et officiels en Espagne. Luis de la Fuente a aussi tapé du poing sur la table après la rencontre : «C’est intolérable. Rejet total. Je pense qu’il était justifié d’avertir le public sur le tableau d’affichage. La grande majorité a hué ces individus honteux. Les violents n’ont pas leur place dans le football ; ils profitent du football, comme dans tous les autres aspects de la vie. Nous devons leur tourner le dos».

Sportivement, le match a offert un spectacle mitigé, avec une Espagne dominatrice en seconde période mais incapable de concrétiser ses occasions, laissant un (0-0) final face à une Égypte bien organisée. Cependant, l’attention médiatique se concentre désormais sur l’ombre portée par le racisme et ses conséquences pour l’image du pays. Louzán a tenté de tourner la page sur le plan sportif : « il est temps de poursuivre la préparation pour la Coupe du Monde. Nous allons tout faire pour obtenir de bons résultats et pour que l’équipe nationale continue de nous apporter de la joie ». Mais si l’Espagne souhaite ne pas provoquer l’ire de la FIFA lors des rencontres à la Coupe du Monde 2030, sans que sa réputation ne soit entachée, il faudra impérativement éradiquer ce type de chants et renforcer les mesures de contrôle et de sanction, sous peine de voir sa position internationale fragilisée.

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