Antoine Kombouaré expose son plan de bataille pour relancer le FC Nantes

Mercredi, le FC Nantes a annoncé l'arrivée d'Antoine Kombouaré pour remplacer Raymond Domenech, limogé après seulement sept rencontres. Le nouvel entraîneur des Canaris a été présenté ce jeudi et a exposé ses idées pour relancer une équipe dans le dur.

Antoine Koumbouaré sur le banc de La Beaujoire
Antoine Koumbouaré sur le banc de La Beaujoire ©Maxppp
La suite après cette publicité

Et de dix-huit ! Hier, le FC Nantes a annoncé la fin de sa collaboration avec Raymond Domenech, nommé le 26 décembre dernier pour prendre la succession de Christian Gourcuff et remettre les Canaris sur de bons rails. Mais l'ancien sélectionneur de l'équipe de France n'a pas fait du tout l'affaire. Avec lui, les pensionnaires de la Beaujoire n'ont pas progressé dans le jeu, ont plongé encore plus au classement, puisqu'ils sont actuellement en 18ème position, et n'ont pas gagné une seule rencontre (4 nuls et 3 défaites). Pour toutes ces raisons, Nantes a décidé de se séparer hier de Raymond Domenech, le 18ème coach de l'ère Kita donc, tout en annonçant l'arrivée d'Antoine Kombouaré (57 ans), libre depuis son départ de Toulouse il y a un peu plus d'un an.

Kombouaré justifie son choix

Ce jeudi, le Kanak a été présenté aux médias et a expliqué son choix. «Il y a déjà eu deux approches, aujourd'hui, c'est la troisième fois et j'ai décidé de venir ici. Je ne vais pas cacher que j'ai une grande affection pour ce club. Ce sont des raisons affectives qui font que je suis là. Je connais très bien la région, j'ai une maison ici et j'étais là le week-end dernier. (...) J'ai un attachement fort pour ce club. Après avoir dit non deux fois, j'ai décidé de venir. J'ai envie d'aider et de sauver ce club. Je ne connais pas l'issue de ce travail, mais j'ai envie et je suis très heureux». Il poursuit : «à un moment donné, je me suis posé et je me suis dit que c'était la troisième fois que le club venait donc pourquoi pas. Je suis très heureux d'être là, je sais que la mission est dure et compliquée, que le club est en grandes difficultés, sinon je ne serais pas là. J'ai mesuré toutes les difficultés que j'allais rencontrer. Mais j'ai une mission à relever, c'est maintenir le club».

Il a ensuite ajouté : «je ne vais pas dire que j'ai rêvé d'entraîner Nantes. Il y a eu l'opportunité de venir et je suis très heureux d'être là. Des fois, vous avez des rêves qui ne se réalisent pas. C'est mieux de ne pas en avoir. J'ai une mission difficile mais je suis prêt à relever le défi. C'est la raison de ma venue. (...) Je n'ai jamais rêvé d'entraîner le Real Madrid non plus. Je ne rêvais pas d'entraîner le PSG et je l'ai fait. Il ne faut pas sortir la phrase de son contexte». En parlant de contexte justement, celui régnant autour du club et du clan Kita est particulièrement tendu. Mais le Kanak s'en moque comme il l'a expliqué devant les journalistes.

Rectifier le tir

«La pression, je l'ai toujours eue dans ma carrière de coach. Elle est importante et j'aime ça. Je connais le contexte, je sais avec qui je travaille. J'ai entendu et j'ai lu. J'ai pris la décision de venir. Je suis un grand garçon et je sais ce que je fais. (...) Ce qui s'est passé avec les autres entraîneurs, c'est le cadet de mes soucis. J'ai confiance en mon travail et en mon staff. Je sais que ça va être dur. C'est comme un match, quand je le commence, j'ai envie de le gagner. Ce que je vais m'atteler à faire avec Nantes». Et si jamais il n'y parvient pas, Kombouaré quittera le navire.

«J'ai été contacté mardi matin et j'ai attendu jusqu'à hier soir pour donner mon accord. J'ai une mission, si ça ne marche pas, je m'en irais en fin de saison si on ne se maintient pas. Si on y parvient, j'ai deux ans de contrat derrière. C'est mon choix, je ne vais pas rester si je ne suis pas capable d'atteindre les objectifs». Les premiers, remettre son équipe dans le droit chemin et assurer le maintien en L1. «Je n'ai pas vu tous les matches de championnat. À partir d'aujourd'hui, je vais m'atteler à découvrir l'équipe, voir tous les matches, travailler et préparer le match d'Angers qui arrive dimanche. On peut parler de largesses défensives et du fait qu'on ne marque pas de but. Vous êtes 18e, c'est qu'il y a des lacunes. Il faut vite rectifier le tir.»

Des joueurs, un club et des supporters dans le dur

Il poursuit : «les joueurs sont au plus mal sportivement et mentalement. Il faut être capable de les aider et de leur permettre de retrouver du plaisir à jouer au ballon. On repart sur un même pied d'égalité pour tous les joueurs. Il n'y aura pas de traitement de faveur. Ils sont une trentaine dans le vestiaire et je vais faire leur connaissance. (...) Est-ce le défi le plus dur de ma carrière ? Non, heureusement que non. Ce n'est que du foot, il faut que les joueurs viennent à l'entraînement en étant contents. Les joueurs savent quand ils sont mauvais. S'ils sont là, c'est aussi un peu de leur faute aussi. S'il y a déjà eu trois entraîneurs, si je ne compte pas Patrick Collot (intérim), c'est que les joueurs doivent être un peu responsables aujourd'hui. Il faut un nouveau départ avec un nouveau staff. Tout ça passera par un nouveau discours et une nouvelle méthode de travail. Je ne sais pas si je vais réussir mais je vais tout faire pour».

Une situation qu'il a connu un temps avec son dernier club, le TFC. «Je ne suis resté que deux mois. On a vu Toulouse descendre. Si vous avez bien regardé, je suis parti en décembre après dix matches. Il y a eu ensuite 19 matches joués avec mon successeur. On ne m'a pas laissé le temps de finir la saison et mon travail. Après ça, j'ai eu le temps pour me ressourcer, reprendre de l'énergie. J'ai envie de relever ce défi. C'est une revanche personnelle aussi. J'ai envie d'écrire une nouvelle page avec mon club de cœur». Un club qu'il veut aider à reconquérir le cœur de ses supporters. «Je comprends leur désamour et leur déception. Moi, je ne suis pas un novice dans le foot. J'ai déjà vu ça ailleurs et je peux comprendre. Mais ils doivent aussi savoir que les joueurs ont besoin de leur soutien, le club également. Si on veut rester en L1, il faut être un maximum derrière l'équipe. Ceux qui peuvent nous soutenir, on sera heureux de les avoir». Lancés dans une mission périlleuse, Kombouaré et Nantes ont du pain sur la planche pour redorer le blason d'une écurie qui enchaîne les déceptions.

Plus d'infos

Commentaires